PEMPHIGUS SUCCESSIF
Symptomatologie. — Cette affection est constituée par « des éi'uptions successives de bulles discrètes, peu nombreuses, irrégulières de forme, transparentes, citrines, plus souvent un peu rougeâtres, parfois hémorrhagiques... Cette tendance aux légères hémorrhagies au niveau des bulles semble être un des caractères de l'affection.
Les bulles se produisent sans la moindre douleur. Après avoir persisté pendant un certain temps, elles disparaissent en laissant aux places qu'elles ont occupées une surface rouge, parsemée de petits points blanchâtres multiples, de la grosseur d'une tête d'épingle, et ressemblant au premier abord à de toutes petites pustules ou à des perles. Quand on déchire l'épiderme qui les recouvre, on voit que ces points sont constitués par une matière blanchâtre, solide, épidermique et sébacée. »
Le tégument est sec, d'aspect xérodermique, rouge et lisse ou cicatriciel dans les régions atteintes.
Celles-ci, « presque toujours les mêmes chez le même sujet, sont les mains, la face, les bras et les avant-bras, les jambes, mais le reste du corps peut être envahi ».
La maladie débute dès la naissance et semble avoir une durée indéfinie.
Traitement des pemphigus. — A l'exception du pemphigus aigu dans lequel L. Brocq recommande les toniques et surtout la quinine, l'ergotine, la caféine, le fer à doses massives et localement les bains prolongés ou les poudres sèches suivant les cas, et du pemphigus épidémique des nouveau-nés dont les lésions doivent être isolées pour éviter l'inoculation et pansées antiseptiquement, toutes les autres formes de pemphigus réclament le même traitement.
Le malade devra d'abord être soumis aux règles d'une
PERLÈCHE.
hygiène appropriée qui comportera en particulier l'éloignement de l'air humide et salin.
Au point de vue interne, on a donné et vanté l'arsenic (J. HuTCHiNSON et DuNCAN Bulkley), les acides (Piayer), les limonades sulfurique et nitrique (Bamberger), le sulfate de strychnine (Lailler), mais aucun de ces médicaments ne semble avoir une action spécifique. On se contentera, dans la plupart des cas, d'obéir aux indications fournies par l'état général du malade.
Localement, on emploiera, suivant les circonstances, les poudres astringentes : quinquina, sous-carbonate de fer, le Uniment oléo-calcaire, la vaseline boriquée, les bains continus.
E. Beswer et A. Doyon conseillent, contre le prurit, les lotions avec la décoction de feuilles de coca, 4 grammes par litre d'eau, et, lorsqu'il y a des poussées congestives intenses, l'enveloppement dans des compresses de tint imbibées de la solution suivante :
Salicylate de soude - 2 grammes.
Bicarbonate de soude 1 —
Eau . . 100 —
(H. Hallopeao.)
PERLECHE
Synonymie. — Bridou.
J. Lejiaistre a décrit sous ce nom en 1886 une affection spéciale des commissures labiales chez les enfants, tou-
PHTHIRIASE.
jours bilatérale, limitée ordinairement au pourtour des commissures parfois fissurées.
L'épiderme des lèvres est blanchâtre, macéré, desquamant; le derme rouge.
La perlèche n'occasionne qu'un peu de gêne ou de cuisson, quelquefois une douleur assez vive ou un léger écoulement du sang au niveau des fissures.
C'est une affection à marche rapide, récidivante, contagieuse et due au streptococcus plicatilis, hôte des eaux stagnantes, des puits et des fontaines.
Elle pourrait être confondue avec V eczéma séborrhéique de la portion rouge de la partie cutanée des lèvres dont elle se distingue par son caractère de contagiosité; avec V herpès labialis qui s'endifférenciepar ses vésicules et avec les plaques muqueuses accompagnant toujours d'autres accidents secondaires syphilitiques.
Traitement. — Le traitement d'après J. Lemaistre doit consister dans l'attouchement des commissures malades à l'aide de sulfate de cuivre ou d'alun.
PHTHIRIASE
Synonymie. — Maladie pédiculaire. — Pediculosis. — Phthiriasis. — Morbus phthirius ou pedicularis. — Pedicularia.
Définition. — Tels sont les noms donnés à l'affection cutanée produite par les poux, insectes de la famille des pédiculidés, qui sont de trois espèces : les poux de tète, les poux de corps, les poux du pubis.