‹ Précis iconographique des maladies de la peauChapitre 96 sur 120 · PÉDICULOSE DE LA TÊTE · texte numérisé non relu

PÉDICULOSE DE LA TÊTE

Parasite. — Le pou de tête [pedicuiiis capitis) est grisâtre, long de un à deux millimètres, large de un demi à un millimètre ; il habite la chevelure dans laquelle il dépose ses œufs (lentes) collés aux cheveux sous la forme de petits grains grisâtres, visibles à l'œil nu.

Les femelles, plus nombreuses que les mâles, pondent en quelques jours un très grand nombre d'œufs éclos très rapidement d'oii la multiplication considérable des parasites.

Symptomatologie. — Le pou manifeste d'abord sa présence par des démangeaisons plus ou moins violentes, se produisant surtout au niveau de la nuque et provoquant des grattages et des excoriations de la peau bientôt suivies d'éruptions [eczéma j)édici(laive) papuleuse, vésiculeuse, pustuleuse, d'oii formation de croûtes sèches, jaunâtres ou grisâtres, adhérentes aux cheveux [impétigo granulntd). (Voir la planche XXXVL)

La dermite occasionnée envahit la nuque jusqu'aux épaules et peut, chez certains sujets (enfants lymphatiques, femmes à chevelure longue et mal soignée), provoquer des adénites, lymphangites, et, dans le cuir chevelu, des abcès, des éruptions diverses : placards rouges, granuleux, humides [teigne granulée)] éruptions eczémateuses, impétigineuses, ecthymateuses, plus ou moins suintantes, qui agglutinent les cheveux en une masse [trichoma ou plique) d'où s'échappe une odeur fétide.

Chez les jeunes enfants, la phthiriasc du cuir chevelu peut être la cause de troubles généraux variés : agitation, insomnie, amaigrissement, troubles digestifs et nerveux.

Pl. XXXVI. - Impétigo granulata.

PÉDICULOSE DU CORPS.

Diagnostic. — Le diagnostic de cette forme de pédiculose est facile par l'examen des cheveux entre lesquels on voit courir les parasites et sur lesquels se détachent les lentes siégeant le long du cheveu, d'autant plus près de l'extrémité libre que l'affection est plus ancienne.

PÉDICULOSE DU CORPS (Voir la planche XXXVII)

Parasite. — Le pou de corps (pcdiculus humanus, pediculus corporis, pediculus vestimenti), de couleur blanc sale, plus long et plus gros que le pou de tête, long de deux à trois millimètres, large d'un millimètre environ, habite les parties du vêtement le plus en contact immédiat avec la peau, comme le col et la ceinture.

C'est à lui qu'est dû le prurigo pédiculaire caractérisé, au point de succion, par une papule urticarienne accompagnée de violentes démangeaisons d'ovi un grattage énergique qui écorche le sommet de la papule et produit des excoriations épidermiques linéaires plus ou moins étendues.

Symptomatologie. — L'aspect est alors typique : aux régions d'élection, on voit de petites papules urticariennes, des papules de prurigo [prurigo prdiculaire) à sommet noirâtre et des excoriations linéaires caractéristiques qui, une fois guéries, restent pigmentées pendant quelque temps.

Souvent se produisent des lésions de complication provoquées parles inoculations de microbes pyogènes vulgaires auxquels le grattage offre de faciles portes d'entrée et consistant en furoncles, abcès dermiques, lymphangites, etc. ; toutes ces lésions reposent, quand la phthiriase est ancienne,

PÉDICULOSE DU PUBIS.

sur une peau épaissie, pigmentée en brun plus ou moins clair et en noir dans certains cas de phthiriase invétérée mélanodennie parasitairé) .

Dans ces cas, on peut constater des troubles de la santé générale : insomnie, amaigrissement, diarrhée, faiblesse, etc., etc.

Pronostic. — Le pronostic est bénin, mais les récidives sont fréquentes.

Diagnostic. — Il est rare de découvrir le parasite luimême sur le tégument, car il habite les plis du vêtement; le diagnostic s'impose par le siège des lésions qui prédominent à la nuque et aux épaules d'une part, aux reins et à la taille d'autre part (double ceinture de Hebra). (Voir la planche XXXVII.)

La ffale se différencie de la pédiculose du corps en ce que dans la première de ces deux affections les lésions de prurigo siègent à l'abdomen, à la partie antérieure des aisselles, dans les espaces interdigitaux, aux poignets, sur le gland.

PÉDICULOSE DU PUBIS

Parasite. — Le pou du pubis, vulgairement morpion {pediculus pubis, phthirius inguinalis), de couleur gris clair, long de deux millimètres et large d'un millimètre et demi, est remarquable par ses six pattes fortes et solides qui lui permettent de se cramponner fermement à la peau.

giège. — Il peut envahir toutes les parties pileuses du

PÉDICULOSE DU PUBIS.

oorps, pubis, abdomen, aisselles, sourcils, cils, barbe, esceptionnellement le cuir chevelu (cas de Trouessart) ; on le rencontre surtout à la région génitale et aux aisselles sur les poils desquels il dépose ses œufs sous forme de lentes.

Symptomatologie. — Les cuissons ou démangeaisons auxquelles il donne lieu sont variables dans leur intensité : tantôt complètement nulles, tantôt intolérables.

Dans ce dernier cas, la présence du parasite se manifeste par des lésions de grattage, de l'érythème, du prurigo, parfois des éruptions eczémateuses.

Dans les deux cas, on trouve assez fréquemment sur l'abdomen et le haut des cuisses des taches discoïdes, grandes en moyenne comme une lentille, dites taches ombrées, tacites bleues ou ardoisées, taches phthiriaqiies, macules cyaniques, pathognomoniques de la présence du parasite.

Celui-ci est peu visible à l'œil nu ; pour le découvrir, il faut souvent recourir à la loupe, l'attention étant presque toujours attirée sur les régions qu'il occupe parles lésions qui font prévoir sa présence.

Étiologie. — Il est généralement acquis dans les rapports sexuels, mais peut se transmettre aussi par contact immédiat : cabinets d'aisances, voitures, vêtements, etc.

Traitement. — Dans les trois genres de phthiriase, le traitement a pour but : 1° la destruction du parasite et de ses œufs; 2° la guérison des lésions de complication : eczéma, prurigo, etc. (voir ces mots).

Le pou de tête est plus facilement détruit chez l'homme et chez les enfants que chez la femme en raison de la che-

PÉDICULOSE.

velureplus ou moins longue que porte celle-ci et qu'il est absolument barbare de couper comme on le fait encore trop souvent aujourd'hui, sauf dans certains cas de plique.

Chez les premiers, pour faciliter le traitement, on devra commencer par couper les cheveux au ras; chez tous, la tête sera savonnée tous les jours et lotionnée matin et soir avec une solution de sublimé à 1/500. Descroizilles préconise les lotions faites avec la préparation suivante :

Teinture de pyrèthre 30 grammes.

Teinture de romarin ) ^„

Teinture de quinquina. . . . j ^

Alcool 40 —

Outre ces lotions, on pourra faire une fois ou deux une application d'onguent napolitain, ou, s'il n'est pas toléré, de glycéré cadique.

Pour détruire les œufs, le meilleur moyen consiste à lotionner les cheveux avec une solution de sublimé dans du vinaigre chaud à 1/300 et à les démêler avec un peigne fm, en métal, trempé dans le même liquide.

Pour les poux de corps, le traitement le plus simple réside dans les soins de propreté et quelques bains sulfureux; s'il ne suffit pas, il faut ajouter à l'emploi des bains, des lotions avec une solution de sublimé au 1/1000 ou une solution phéniquée au 1/100 et des fumigations cinabrées (?).

Dans tous les cas, le changement de linge et la désinfection complète des vêtements sont absolument indispensables.

Contre les morpions, il faut employer l'onguent gris en frictions pendant deux ou trois jours. Si ce moyen est trouvé trop sale ou trop irritant, on peut y substituer des lotions au sublimé à 1/500, des bains de sublimé à

PIÉDRA.

10 grammes pour 200 litres d'eau, des applications de pétrole, etc.

PIÉDRA (OsoRio DE Bogota)

Synonymie. — Chignon-fungus (I'Hermann Beigel. — Maladie de Bcigel. — Trichomycose noueuse ou nodulairc de Juhel-Renov.

C'est une affection rencontrée surtout en Colombie sur les cheveux des femmes, très rarement dans la barbe des hommes.

Elle est caractérisée par de petites nodosités de couleur moins foncée que celle du cheveu, disposées irrégulièrement le long de la tige du poil dont la racine est intacte mais qui devient lanugineux et frisé ; son enchevêtrement avec les cheveux voisins donne lieu à la plique colombienne.

Les granulations de la piédra sont constituées par un parasite spécial à mycélium.

C'est une affection sans gravité que sa localisation sufiit pour distinguer du lépothrix de Wilson et que son parasite empêche de confondre avec la trichorrhexis nodosa, le monilethrix.

La piédra, probablement contagieuse, se guérit, d'après Juhel-Renoy et Lion, au moyen de lotions avec l'eau très chaude ou la liqueur de Van Swieten.

PITYRIASIS ROSÉ DE GIBERT

PITYRIASIS CIRCINÉ ET MARGINÉ

C'est une affection d'aspect semblable à celui du jnhjriasis rosé àe, Gibert, dontE. Yidal la distingue par la présence d'un parasite spécial, le microsporon anomœon ou dispar, par l'asymétrie de l'éruption comparée à la symétrie de celle du pityriasis rosé de Gibert, par la marche régulière ici et irrégulière là.

Traitement. — Le traitement consiste en bains sulfureux et pommades au goudron ou en bains alcalins et pommade au calomel ou au turbith à 1/30.

PITYRIASIS ROSÉ DE GIBERT

(Voir la planche XXXVIII.)

Synonymie. — Pityriasis mbra aigu maculata et circinata. — Pityriasis pseudo-exanthématique et Arhritide pscudo-exanthématiquc squameuse de Bazin. — Eczéma érythémateux orbiculaire et circiné de Wil- SON. — Herpès tonsurant maouleux et squameux de Hebra. et Kaposi. — Pityriasis circiné do Morand. — Pityriasis disséminé et circiné de Hardy. — Erythème papuleux dcsquamatif d'E. Vidal. — Pseudo-exanthème érythémato-desquamatif d'E. Besnier. — ^Roséole squameuse de

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