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ROLE SOCIAL DE LA PUBLICITÉ

la publicité, mais à l’enriroit des produits annoncés. Et ceci de façon fort simple, en les classant en trois catégories. Celle ayant toute liberté pour sa publicité, celle où la publicité serait soumise à contrôle, celle ayant interdiction absolue d’en user sous quelque forme que ce soit. Ainsi la situation serait nette et l’Etat, grand Maître de la Censure et de l’Interdiction, prendrait à sa charge les responsabilités morales qu’il vaut mieux ne point laisser à la publicité.

Car une publicité absolument libre ne peut être qu’amorale. Les faits sont là et la belle devise américaine : « Trulh in advertising » dont on nous a rebattu les oreilles n’est qu’une hypocrite étiquette cherchant à couvrir une marchandise souvent mensongère.

L’Annonceur paye pour vendre et non pour jouer au moraliste. Si sa « camelote » est excellente et supérieure à tous égards, il le dira sans violer la vérité toute nue. Mais si son produit est inférieur en quelques points à celui de ses concurrents, nous pourrons toujours lui faire la morale, il ne payera pas des prix considérables pour proclamer à tous les échos de la Presse et de la Radio qu’il nous offre un produit inférieur. Exigeriez-vous, par hasard, que votre fournisseur soit si bête?

Non, la publicité ne saurait être l’expression de la pure vérité. Elle est, le plus souvent, un puissant élément d’information extrêmement utile. Elle est parfois l’école du Mensonge. Et il y p des mensonges -si bien présentés luir elle qui finissent par être bienfaisants.

Les vieux médecins, jadis, en qui les malades avaient la plus entière confiance, preserivalent encore, dans les cas désespérés, une potion d’ « Acqua fontana .'> ou des pilules de « mica panis ». Et par l’auto-suggestion qui accompagnait ces prescriptions, ils arrivaient à « faire du bien » à leurs clients. De même la publicité, par sa suggestion, arrive à faire obtenir d’heureux résultats à des drogues souvent fort anodines.

Il y a des mensonges bienfaisants et la Publicité les exploite à miracle.

Mais ayons le courage de ne point faire d’elle cette fausse prude, cette hypocrite menteuse qui, outre-Atlanlique s’insurge contre le Mensonge, en le pratiquant.

APPENDICE

Aucun Annonceur n’a jamais fait vœu de « Vérité ». Il faut qu’on le sache et qu’on ne craigne point de le dire. Souvent il est habile pour lui de ne point mentir et dès lors il a raison de se draper dans une publicité véridique. Mais lorsque le mensonge lui devient indispensable, rien, jusqu’ici ne lui a interdit de l’utiliser adroitement.

Ce que nous redoutons, dans un avenir prochain, c’est que l’on légifère ou décrète pour ôter -à la Publicité la collaboration du Mensonge et que, dans sa propagande, l’Etat législateur donne l’exemple des affirmations ou des arguments les plus sujets à caution.

Concluons que le Rôle social de la Publicité, déjà considérable s’amplifie prodigieusement chaque jour. Que son rôle économique est désormais indispensable en demeurant salutaire. Que son rôle politique peut fort bien dans l’avenir changer la face du monde à chaque génération. Qu’étant amorale par essence, il est préférable de ne point lui confier/in rôle moral à jouer.

i Louis SERRE.

TABLE DES MATIÈRES

AVERTISSEMENT-PRÉFACE (le la 4' édition

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