CHAPITRE II
LA LITHOGRAPHIE
La lithographie. — La lithographie comprend un ensemble de procédés d’impression par surfaces lisses.
En principe et étymologiquement, la lithographie est un procédé d’impression qui se pratique à l’aiide d’une pierre. La pierre lourde, encombrante, fragile, et de dimensions fatalement limitées, ne permettant c[ue des machines tirant à plat. Elle le cède de plus *n plus au zinc, et à l’aluminium surtout, qui peuvent être employés sur des machines rotatives à grand tirage et que l’on peut classer sous le vocable -général de roto-litho. Dans ce cas, la plaque de métal est cintrée.
Le processus lithographique. — Tout d’abord, la pierre ou la plaque- de métal -subit une préparation purement mécanique de la surface. Sur cette surface, tout le motif (illustration, texte, etc.) est reproduit à l’envers à l’aide de substances grasses. La 'surface de la pierre est ensuite mouillée par des dispositifs spéciaux. L’eau ne prend pas sur les parties grasses. Immédiatement après, un rouleau encreur imprègne la pierre d’encre, à l’excluision des parties mouillées; seul le sujet est donc encré. Enfin, la feuille à imprimer entre en contact avec la pierre et l’impression positive est obtenue.
Ce travail de principe est assuré par des machines de tous genres.
Report. — Le report est une opération fréquemment pratiquée d’abord pour le texte, qui est souvent composé en caractères typographiques, puis avec les petits sujets dont on peut disposer un
LA LITPHOGRAPHIE
grand nombre sur une pierre unique, en vue d’un tirage multiple fait en une seule fois, d’où sérieuse économie. Pour ce faire, un négatif du sujet est tiré sur papier Chine et reporté autant de fois que nécessaire sur la pierre.
La rotocalco i. — Une lutte incessante met aux prises la typographie et la lithographie. Jusqu’à ces dernières années, la typographie avait monopolisé l’impression, sur du papier très lisse, des clichés simili noir ou plusieurs couleurs, dont nous parlerons plus loin. Aujourd’hui, la lithographie, en remplaçant la pierre et le métal par du caoutchouc, permet l’impression des simili sur presque tous les papiers. Le sujet en simili est décalqué sur le caoutchouc et le re.ste de l’impression est assuré comme dans la lithographie. Ce procédé a fait ses preuves.
Le dessin lithographique en noir. — Presque toujours dessinée, la composition lithographique demande quelques explications. Le travail se fait soit au, pinceau pour les traits robustes et les grandes surfaces, soit à la plume pour les traits légers, soit au crayon pour les nuances atténuées, soit à la brosse pour le pointillé. Ce dernier travail est exécuté au moyen d’une brosse encrée assez rugueuse, que l’on frotte sur un treillis métallique pour Obtenir de petites éclaboussures d’encre.
Les à-plats. — Ce terme désigne les grandes surfaces d’encre par opposition aux traits et aux teintes fondues.
Les dégradés. — Ceux-ci sont généralement rendus par un frottis plus ou moins accentué, du crayon gras sur la pierre, la trace laissée sur les grains de la pierre étant proportionnée, soit à la pression, soit à la répétition des coups de crayon.
Le dessin lithographique en plusieurs couleurs. — Chaque couleur exige une pierre spéciale, et chaque couleur est tirée séparément, à commencer par la teinte la plus légère.
1. Nous employons ici le terme de rotocalco, de préférence à tout autre, l’opération étant définie par ce terme : une machine à impression rotative, par décalque.
,<j() LES PROCÉDÉS d’IMPRESSION
Superposition des couleurs. — La lithographie permet la superposition des couleurs, scabreuse dans les à-plats, mais réalisable à l’aiide de pointillés ou de larges frottis de crayon qui se juxtaliosent.
Gravure sur pierre. — Les petits travaux délicats de lithographie sont en général gravés en creux au préalable sur pierre dure dont on titre une épreuve sur Chine, laquelle est transférée unitairement ou en report multiple sur une pierre tendre lisse, destinée au tirage.