‹ Précis médecine infantileChapitre 107 sur 266 · GANGRÈNE PULMONAIRE · texte numérisé non relu

GANGRÈNE PULMONAIRE

Ex(3e|)tiouiielleineiit elle est primitive et frappe des enfants en pleine sauté. En pareil cas elle peut être contagieuse : Guillemot l"a vue atteindre le père et le fils.

Le [dus habituellement elle est secondaire et frappe des enfants déjà malades. 1° Elle survient au cours de processus gangreneux ou putrides à localisation éloignée : gangrène cutanée, gangrène de la vulve, carie du rocher, supj)urations chroni(iues de Foreille moyenne, etc. ; les otites comi»liquées ou non de mastoïdite, de phlébite des sinus en constituent une cause fréquente (7 fois sur 10, Guillemot), car elles sont dues à de nondireux germes anaérobies (Rist). — !2° Elle compli(|ue certaines affections des voies digeslives supérieures et des organes voisins : gangrène de la bouche, stomatites ulcéreuses, tuberculose bucco-pharyngée, paralysie du voile du palais, rétrécissement de Tœsophage, adénopathie trachéobronchique, etc., affections qui constituent des foyers putrides ou déterminent des troubles de la déglutition. — 3" Elle complique certaines affections de Vappareil respiratoire : corps étranger septique, bronchite chronique et dilatation des bronches, bronchopneumonie et pneumonie (bien qu'en pareil cas il s'agisse plus habituellement de gangrène à forme hroncho-pulmouaire), tuberculose iiulmonaire, embolie pulmonaire, plaie pénétrante de la poitrine ou même sinq)le contusion du thorax. — 4° Entin elle est facilitée par des causes multiples de débilitation souvent associées aux précédentes : maladies infectieuses aiguës (rougeole, variole, fièvre typhoïde, grippe, etc.), gastro-entérites aiguës ou chroniques, etc.

Bactériologie. Pathogénie. — Toutes les causes, qui viennent d'être passées en revue, ne sont que des facteurs occasiounels ou prédisposants de la gangrène. Sa vraie cause réside dans la pullulation d'espèces anaérobies, qui déterminent des processus de putréfaction, mais ne lui sont pas spéciales; dans la gangrène pulmonaire de l'enfant notanunent on trouve (L. Guillemot) Bacillus raniosus (8 fois sur 10), Bacillus fragilis (6 fois sur 10), Micrococcus fœtidus (3 fois sur 10), etc. A ces germes anaérobies sont associés le plus souvent des aérobies, streptocoques, 7^ro /eus vulgaris, colibacilles, etc., qui n'ont qu'un rôle accessoire. Le plus souvent la flore est complexe.

Les germes, suivant les cas, arrivent aux poumons par effraction, par les voies aériennes, parla voie sanguine. Ânatomie pathologique. — A l'autopsie, on trouve souvent

(les altérations de la plèvre : épaississoment du feuillet pleurai, symphyse pleurale, épancheuienl putride nièlé de gaz {pijopneumothorax par perforation ou par fermentation).

Quant aux lésions du poumon, elles i^onl diffuses ou localisées (Laënnec).

La forme diffuse, très rare chez l'adulte, l'est encore davantage chez reufaul.

La forme circonscrite est la plus hahituelle. Le foyer de gangrène siège plus souvent à droite (ju'à gauche (Rilliet et Barthez). Contrairement à ce qui se passe chez l'adulte, où il n y a habituellement qu'un seul foyer, il existe généralement chez l'enfant des noyaux multiples (Boudet), ce qui est dû à la fréquence du processus emholique. Les noyaux ont le volume d'une noisette, d'un œuf de poule et davantage ; ils passent successivement par les stades d'escarre gangreneuse, de sphacèle déliquescent, d'excavation par ramollissement (Laënnec). A Texamen histologique, on constate que les noyaux ont pour centre une artériole. Dans un premier stade, lartériole centrale est remplie de sang et de microbes; ses parois sont nécrosées ou détruites ; autour est un amas de bactéries, sans éléments cellulaires; plus en dehors on trouve les lésions de l'infarctus ou quelques leucocytes agglomérés. Dans un second stade, les tissus (cloisons alvéolaires et contenu des alvéoles) sont mortifiés, granuleux, mal colorables; au pourtour il existe un liseré de leucocytes, qui sépare les parties mortifiées du tissu sain. Au troisième stade, quand la caverne gangreneuse est formée, la jiaroi de celle-ci i)résente des lésions de même nature.

Parfois la gangrène circonscrite forme une placpie peu épaisse sous la plèvre (gangrène corticale).

Symptômes. — Le début est brusque ou suhaigu, au cours d'une autre affection, et manjué par des symptômes (pii nonl rien de pathognomonique.

Au bout d'un temps parfois très court, l'enfant, comme l'adulte, l)résente des symptômes généraux graves : la peau est terreuse, sèche, les lèvres sont fuligineuses, l'adynamie est accentuée, le jiouls est fréquent, petit, filiforme; il y a tendance aux lipothymies et à la syncope; il y a des voniissements, de la diarrhée fétide; la fièvre est souvent élevée (40"-41"), iirégidièrc. Par contre, les frissons, le point de côté, la toux, la dyspnée n'ont pas l'intensité qu'ils présentent habituellement chez Tadulte, et la fétidité de l'haleine niamiue dans les deux tiers des cas.

Page 1