‹ Précis médecine infantileChapitre 121 sur 266 · I. — HYPERTROPHIE ET DILATATION DU CŒUR · texte numérisé non relu

I. — HYPERTROPHIE ET DILATATION DU CŒUR

L'hypertrophie et la dilatation s'observent isolément ou simultanément; la seconde précède souvent la première. Pour api»récier ces états pathologiques à l'autojjsie, il convient de connaître le poids du cœur, le poids de chaque ventricule, l'épaisseur des parois, le volume des cavités aux différents âges : cliniquement on évaluera rétendue de la surface de matili' précordiale délimitée jiar la percussion et la forme de cette surface.

Étiologie. — Lhypertroidiie et la dilatation sonl secondaires et. pour certains auteurs, peuvent être primitives.

Secondaires, elles se développent au niveau des cavités situées en amont d'un obstacle à la circulation sanguine, La dilatation et riivpertrophie du ventricule gauche sont rares dans Tenfance comme les aiïectious qui les déterminent : néphrites subaiguës et chroniques avec hypertension artérielle, insuffisance aorlique, athérome. etc. La dilatation et Ihyitertrophie du ventricule droit sont plus fréquentes; elles s'observent dans les lésions de l'orifice mitral et de l'artère pulmonaire, dans les affections du poumon (emphysème pulmonaire, sclérose })ulmonaire avec dilatation des bronches, symphyse pleurale), dans les déformations tiioraciques du rachitisme et du mal de Pott. Les deux ventricules peuvent être modifiés dans les péricardites aiguës et dans la symphyse péricardique. Je ninsiste pas sur ces hypertrophies et dilatations secondaires, dont le mécanisme est le même que chez ladulte.

Primitive^ l'hypertrophie du cœur, qui peut être exceptionnellement congénitale, a une existence très discutable. Il s'agit de Yhupertrophie cardiaque de croissance (G. Sée), qui a joué un rôle considérable en pathologie infantile, et qui, en réalité, n'existe }»as (Potain et Vaquez). Sans doute le cœur augmente en même temps que le corps se dévelopj)e (p. 395 1, mais s'il acquiert des dimensions anormales, c'est que des fautes hygiéniques (abus des exercices, de la gymnastique) ou des causes pathologiques interviennent, réalisant autant d'ailleurs la dilatation que l'hypertrophie : parmi ces dernières il faut citer les troubles digestifs (dyspepsie et dilatation de l'estomac , colites) . la constipation (Potain) . l'obstruction du naso-pharynx et l'étroitesse consécutive du tlioi-ax (Gallois rt Fatout). etc.

Symptômes. — Les syinplùmes fonctionnels n'ont rien de caractéristique. On a attribué à rhypertroi>hie des accès de palpitations, de la céphalalgie, etc. Quant à la dilatation, dans les cas où elle est marquée, elle entraîne des phénomènes de subasystolie ou d'asystolie (p. 433 .

Les signes physiques, que révèb» l'examen du cœur, permettent seuls de reconnaître ces états pathologiques. Ce sont les mêmes que chez l'adulte.

1° Hypertkophie. — a. Ventricule gauche. — On note la voussure précordiale, l'abaissement de la pointe du cœur, qui est l)eu déviée en dehors, l'augmentation de l'énergie du choc de la

Page 1