IX. — ASYSTOLIE
Le syndrome clinique qui traduit latiaiblissement et linsuffisance cardiaque, l'asystolie, est plus rare chez Fenfant (|ue chez l'adulte : chez lui en etTet le myocarde est plus lésistant. les jiarois du ventricule droit sont plus éjjaisses, le système vasculaire est plus apte à s'adapter aux conditions spéciales dans lesfjuelles le placent les maladies retentissant sur le cœur.
Etiologie. Pathogénie. — Les causes de l'asystolie siègent au niveau du cd'ur ou eu dehors de lui.
A. Causes siégeant au niveau du cœuR. — Les affections vnlvulaires conduisent rarement à l'asystolie chez Teufant pour les raisons indiquées plus haut, à moins qu'elles ne .«soient associées à la jiéricardite ou à la myocardite (p. 4:27). Les vraies causes de Tasystolie sont en elTet la péricardite ou/uë et surtout la symphyse péricardique, qui interviennent par les lésions myocardiques concomitantes (E. Weill) et jiar Folislacle qu'elles apportent au fonctionnement régulier du cœur. La myocardite infectieuse isolée est une cause beaucoup plus rare.
B. Causes siégeant en dehors du coeur. — 1° Affections de l'appareil respiratoire. — Les maladies chroniques du poumon, emjihysème, sclérose pulmonaire, jileurésie à grand épanchement, peuvent conduire à l'asystolie l'enfant comme l'adulte. Les infections aiguës. l)ronchite cajtillaire. jmeuuionie, broncho-pneumonie, ne la provoquent pas. Quelquefois elle est due à une coqueluche grave, à nue laryngile aiguë déterminant ras|)hy\ie.
2° Lésions artérielles diffuses, néphrites. — Elles ne sout que des causes exceptionnelles d'asystolie.
3° N'interviennent de même <jue laremenl le surmenage {cœnr forcé), les affectionj> causes de réflexes, qui piovofjueul le spasme des vaisseaux pulmonaires (troubles dys[iepli(jues. coliques hépatiques, néphn''ti(|ues, etc.), les troubles de rinnervation cardiaque {\i\r\\\rM(\\v |iarnxyslique. goitre exdplil.-iliiiique. etc.).
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Ces diverses causes agissent par les mêmes mécanismes patliogéniques (|ue chez Tadulte. Il faut y joindre les conditions, (|ui jtrédisposent aux asyslolies locales, principalement à ïasijstolir hrpaliqiie, assez fréquente chez Tenfant (p. 240).
Symptômes. — Si, à tous les âges, Tasystolie présente un ensemble de symptômes communs dus à raffaiblissement du cœur et à la stase veineuse, elle a dans Tenfance un certain nombre de caractères spéciaux int(M'essants à noter.
LVnfant en état dasystolie a de la cyanose des extrémités et des lèvres, une dyspnée permanente accrue au moindre effort, qui emjièche le décubitus dorsal et que n'expliquent pas tonjonis suftisammeut les signes d'auscultation du poumon. Mais il prc'sente rarement les troubles cérélttaux, suitdélire et délii'c vrai, si fré- <ineutschez l'adulte ; de même les ledèmes des membres inférieurs, l'anasanjue, si accentués chez ce dernier, sont modérés, tardifs, et ne précèdent souvent la mort (jne de quebjues jours.
Le pouls est petit, fréquent ; mais an lieu de présenter des irré'gularités et des intermittences, ii conserve habituellement jusqu'à la mort un rythme régulier (Weill). La pression ait('MielIe est abaissée.
La matité cardiaque est augmentée dans le sens transversal et la pointe du cœui- est déviée en dehors (dilatation des cavités droites). Le bruit de galop est exceptionnel. L'embryocardie est fréijuente et est souvent le premier indice de l'alTaiblissement du ctFur (Weill). Le souffle dinsulfisance tricus})idienne est exceptionnel, de même <|ue le pouls veineux jugulaiie et le pouls hépatique, observés seulement deux fois, chez des sujets approchant de la puberté, sur 90 cardiaques (Weill).
La congestion des bases pulmonaires et l'hydrothorax sont rares, tandis que les congestions aiguës et la i)leurésie sont relativement fréquentes.
Les troubles digestifs sont habituels.
Les urines sont plus ou moins rares et foncées; ral])uniinurie est légère et fugace; lélimination des chlorures n'a pas été sjiécialement étudiée.
Les troubles hépatiques ont une grande importance. Le foie est souvent hypertrophié et induré et il y a de l'ascite. FnMjuemmeut Tasystolie se localise dans le foie; c'est chez l'enfant qu'on voit les formes les plus pures d'asystolie hépatique, pouvant alioulirà la cirrhose, surtout au cours des synijthyses péricaidi<pu^s rhuma-
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lismales ou tulterculeuses; il s'agit alors, dans certains cas. de véritables maladies du foie (p. 248).
Marche. Terminaison. Pronostic. — Lasystolie. chez reniant comme chez l'adulli'. peut avoir une évolution aiguë et se terminer eu deux ou trois mois par la mort (par exemple dans la péricardite aigu-), ou une évolution tente avec jioussées et rémissions successives. Le plus souveut elle n"apparait qu'à une période avancée des cardiopathies, mais alors elle suit une marche rajiidement progressive, sans rémissions, aboutissant à la mort en moins de deux ans.
La mort est souveut brusipu' par s} ncope ; les embolies cérébrales ou pulmonaires sont exce}itiounelles.
L'asystolie hépatique a parfois une évolution lente, comme je l'ai dit à j)ropos de la symphyse du péricarde (p. ÎÎ48).
Le pronostic de la-systolie est donc eu général jdus immédiatement grave chez l'enfant que chez l'adulte.
Diagnostic. — Le diagnostic de rasystolie s'impose généialement. 11 n'est emliarrassant (juà projios des asystolies à tyjte hépatique (p. 2i9). Chez l'enfant on ne rencontre j»as. comme chez l'adulte, de ces cardio-rénaux, chez qui il est dilïicile d'établir le rôle respectif du cœur et du rein dans la production des accidents. Le diagnostic étiologique se fait en passant en revue les princi- ]»aux facteurs susce]itibles d'avoir joué un nMe.
Anatomie pathologique. — On trouve les lésions causes de l'asvstolie et des lésinns consécutives, consistant en des stases veineuses et des congestions passives des organes, eu particulier au niveau «lu foie p. 247).
Traitement. — U doit répondre à la double indication de soutenir l'énergie cardiaque et de faciliter la circulation veineuse.
On prescrira le repos au lit, le régime lacté ou le régime déchloruré (Widal. Vaquez et Digne).
On agira sur le cœur par la révulsion, s'il y a un élément inflammatoire : teinture d'iode, sinapismes, vésicatoires volants, vessie de glace, compresses imbibées d'eau froide: — parles médicaments cardiaques : digitale à dose massive donnée en une fois ou à doses rt'fractées poursuivies pendant trois ou quatre jours, et cela 1 ou 2 fois par mois suivant les indications; caféine, quand la digitale n'agit pas, ou i>our piolonger son action.
On donnera également les diurétiques : scille. théobromine: —
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les purgatifs : sels de soude, calomel, ce dernier notamment dans Tasyslolie hépatique.
On [(ourra dans certains cas user de la gymnastifjue suédoise et du massage pour faciliter les circulations péripliériques.
Enfin les symptômes et les troubles divers auront chacun leurs indications.