XI. — URÉMIE
L'urémie, c'est-à-dire Tensemble des symptômes dus à Tinsuffisance de la dépuration rénale, relève chez Tenfant de causes moins nombreuses que chez l'adulte. Ces causes sont principalement les néphrites aiguës scarlatineuses et a frigore^ plus rarement les néiihrites subaiguës ou chroniques, la lithiase rénale (obstruction de l'uretère par un calcul), la tuberculose et le cancer du rein.
Les symptômes urémiques peuvent porter sur la plupart des organes et des ap]iai'eils, simultanément ou isolément. Du côté de Vapporeil. digpslif, la stomatite est exceptionnelle, les vomissements et la diarrhée sont plus fréquents. Du côté de V appareil respiratoire, c'est la dyspnée sine materia avec ses différentes modalités (dyspnée simple, asthme urémique, dyspnée paroxystique avec respiration de Cheyne-Stokes), ou l'œdème aigu du poumon. Du côté du système nerveux, ce sont la céphalalgie, les troubles oculaires !aml)lyoj»ie, cécité subite et transitoii-e, hémiopie, mouches volantes, myosis), les convulsions iiartielles ou généralisées, les contractures, le coma, tandis que les paralysies, l'aphasie, le délire sont i)lus rares. Du côté de la peau, ce sont des éiuptions diverses.
A côté de ses symptômes, on peut en noter d'autres qui éclairent le diagnostic. L'enfant est souvent oedématié. Le ])0uls est accéléré ou ralenti, et cette bradycardie peut annoncer un accès convulsif; la pression art(*rielle est |)arfois augmentée. Il y a gt'néralement de rhyj)othermie, plus rarement de l'élévation de la température. Les urines sont diminuées de quantité ou supprimées; elles sont plus ou moins albumineuses, pauvres en urée, en chlorures, etc.
PHLÉBITES ET TROMBOSES DES VEINES RÉNALES 473
Chez Tenfaiit, Vuréynie aigiu- ou rapide est beaucoup plus fréquente que l'urémie lente ou chronique, ee qui tient à ce <iu"à cet âge on observe surtout îles néphrites aiguës ou subaiguës, tandis que la néphrite chronique avec atrophie est exceittionnelle.
L'urémie aiguë est souvent le symptôme initial d'une néphrite aiguë méconnue. L'enfant accuse de la céphalalgie, des vomissements, des troubles visuels, en même temps que Ton note de Tanasarque, de la somnolence, des secousses couvulsives légères, des modifications des urines, tous symptômes qui peuvent être légers et passer inaperçus ou manquer. Puis apparaissent des attaques d'urémie convulsive, qui se répètent eu plus ou moins grand nombre et peuvent conduire à la mort en deux ou trois jours avec de Thyperthermie. Les autres formes d'urémie aiguë, l'urémie comateuse, l'urémie délirante sont plus rares. On peut observer encore l'urémie respiratoire, réalisée par des trouldes dyspnéiques sine maleria ou de l'œdème aigu du poumon.
La fréquence de l'urémie convulsive chez l'enfant est à mettre en relief. Il n'y a d'ailleurs là rien de spécial à l'urémie ; à cet âge, plus qu'aux autres, les convulsions sont souvent observées dans les états toxiques et infectieux.
L'urémie aiguë est toujours un phénomène grave. Cependant elle est souvent curable grâce à une thérapeutique énergique.
Le diagnostic ne conqiorli^ pas de notions spéciales à l'enfance.
Il en est de même du traitement. Celui-ci ^evâprophylactifei curatif. Prophi/lactif, il consiste à soumettre les malades, chez qui on aura à craindre l'apparition de l'urémie, soit au régime lacté, soit à un régime hypocldoruré ou hypoazoté, à les mettre à labi i du froid et à instituer le traitement de l'affection en cause. Curatif, il consiste dans la saignée générale, l'application de ventouses sèches ou scaritiées sur la région lombaire, l'emploi jtrudentdes purgatifs drastiques, des inhalations d'oxygène, la diète aqueuse, le régime lacté, hypochloruré ou hypoazoté, etc.