INFECTIONS DES GLANDES SALIVAIRES
YII. — INFECTIONS DES GLANDES SALIVAIRES, PAROTIDITES, SO U S- M AX I LLIT ES, SUBLINGUITES
Les infections des glandes salivaires (oreillons mis à part) sont rares chez Tentant anssi lùen qne chez Tadulte. Elles s'observent surtout chez le nouveau-né, dont la sécrétion salivaire est peu active (p. 10). La parotidite est la plus fréquente; la sous-maxillite et la sulilinguite sont ]>lus rares.
Étiologie. — Les infections salivaires des enfants peuvent être dues :
1" A une infection générale au cours des septicémies et pypoiiéniies, ce qui est rare.
;2° A la proitagalion d'une infection de voisinage : ostéite des os du crâne et de la face, otite moyenne pour la parotide.
B" A une infection ascendante des canaux excréteurs au cours des stomatites. Chez les nouveau-nés, elle peut se réaliser dans la stomatite érythémato-pultacée et dans le muguet, et se manifeste du 3° au 11*= jour; il s'agit généralement d'enfants prématurés et débiles. Chez les enfants i)lus âgés, elle ne s'observe guère que dans les stomatites graves de la fièvre typhoïde, de la rougeole, de la variole, de la scarlatine, etc., quand ces maladies débilitent ]irofon(b^ment l'organisme.
Bactériologie. — Les germes qui causent les infections salivaires sont le stajdiylocoque doré, le strc[)tocoque, isolés ou associés, excpplionnellement le bacille de Pfeiffer. On peut trouver encore a\ ec ces germes le Saccharomyces all»icans.
Symptômes. — Ce sont généralement les symptômes locaux (pii attirent l'attention.
pAKOTU)rrE. — Elle est généralement double. Les régions parotiihennes sont le siège fl'une tuméfaction qui déborde sur les joues et au-dessous de l'angle du maxillaire ; la peau est rouge, tendue ; (piebpiefois il y a de la fluctuation. La pression, les mouvements (b' la mâchoire sont douloureux et font crier l'enfant. La [iression jieut faire sourdre une goutte de pus par l'orifice du canal de Sténon.
Sous-maxillite. — On trouve, d'un côté ou des deux côtés, une masse ohlongue, sous-jacente et parallèle au bord inlV-rieiir du maxillaire, ferme, douloureuse, recouverte par une ])eau rouge et chaude. D'autre part cette niasse soulève le planclier de la bouche
30 MALADIIiS DE LA BOUCHE ET DES GLANDES SALIVAIRES
et refoule la langue. La pression l'ait sourdre une goutte de pus à loritice du canal de Wharton. Les mouvements de succion, de mastication sont gênés.
SiBLiNGuiTE. — La tuméfaction occujie le siège des glandes sublinguales, sous le plancher de la bouche, et s'accompagne des mêmes phénomènes que dans les autres localisations.
Symptômes généraux. — Chez les nouveau-nés la fièvre est peu élevée et manque souvent; parfois même il y a de Thypothermie. Il y a souvent de l'abattement, de la diarrhée.
Terminaisons. — La mort est la terminaison habituelle, après ou sans ouverture de la collection purulente; elle est due à l'aggravation de la cachexie antérieure ou à rinfection généralisée, et peut survenir brusquement. La guérison est rare.
Le pronostic est donc d'une gravité extrême.
Diagnostic. — Le diagnostic de la parotidite est à faire avec les oreillons, affection primitive, exceptionnelle d'ailleurs chez le nouveau-né (p. 37), avec Varihrite suppurée de V articulation temporo-maxillaire, qui coexiste généralement avec d'autres localisations articulaires, comme je Lai observé avec Vitry chez un nouveau-né atteint de polyarthrites suppurées à gonocoques au cours dune ophtalmie jiurulente.
La sous-maxillite est également à différencier des oreillons sous-maxillaires , des adénites sous-maxillaires .
Traitement. — On apphquera des compresses humides et chaudes sur les régions malades, on traitera la stomatite (|». i24j, et on fera l'incision de la collection purulente aussitôt que jtossible.
Les oreillons ourles, fièvre ourlienne, parotidite épidcmigue) constituent une maladie générale infectieuse, spécifique, épidémique. contagieuse, à localisation principale dans les glandes salivaires, surtout dans les parotides, à localisations accessoires dans une série d'autres organes.
Décrits avec précision par Hippocrate. ils ont été ensuite confondus avec les parolidites sim])les et les adénites de la région cervicale supérieure. Les éludes de Hamilfon 1761). Pratolongo (J7o:2i, Mangor (1773). Trousseau, Peter, etc., ont définitivement établi leur nature.
Étiologie. — Les oreillons s'observent dans tous les pays, clans tous les climats et en toute saison. Bien (|ue pouvant se rencontrer à tout Age et même chez le vieillard, ils sont surtout fréquents chez Tenfant, chez Fadolescent et chez Tadulte jeune. Leur maximum de fréquence est de 5 à 15 ans, et ensuite au moment du service militaire. Au-dessous de 2 ans, ils sont exceptionnels: Gautier (1883), Human, H. Wliite (1902), Fabre de Commentry (1903), etc., en ont observé des cas; il semble cependant que le nourrisson jouisse d'une certaine immunité, car il peut être allaité par une nourrice qui en est atteinte, sans les contracter lui-même.
Ils frappent les deux sexes, avec une certaine prédilection i)Our les garçons.
Ils apparaissent sous forme de petites épidémies de famille, (Pécole, de maison, englobant un certain nombre d'enfants, rarement tous. Leur diffusibilité est restreinte, et les épidémies restent cantonnées à un établissement.
La transmission d'un sujet à un autre se fait par contdgion directe; la contagion indirecte par les objets ou par des i)ersonnes non malades est exceptionnelle. Dans une salle d'hôpital, la transmission se fait de proche en pioche, de lit à lit. Le conlage paraît peu résistant.
On discute sur la durée de la période de contagiosité. Pour les uns les oreillons seraient contagieux pendant toute leui' durée, jiour d'autres seulement dans les derniers jours, pour d'autres enfin à la période de début, même 24 ou 48 heures avant l'apparition des symi)tômes (Rendu, Sevestre) ; on a cité des cas de contagion au bout de six semaines (Hernutz).
La transmission peut se faire pendant la vie intra-utérine de la mère à l'enfant, comme dans les cas de Human et de White, dans lesquels les oreillons apparurent 2 et 7 jours après la naissauce.
La période d'incubation a une durée moyenne de 3 semaines; elle peut être plus courte (8 jours) ou plus longue (26 jours).
Les oreillons ne récidivent jjas. Dans des cas rares on a observé des récidives après 1 à 10 ans; ces cas ont été recueillis surtout chez les soldats; chez les enfants ils sont encore j)lus exceptionnels (Cond)y).
Bactériologie. — Capitan et Charrin (1881). Ollivier, Boinet (1885), Bordas (1889) ont trouvé des coccus ou des bacilles soit
dans la salive, soit dans le sang des malades atteints d"oreillons. Laverauet Catrin (1893) ont isolé dans le sang, dans les sérosités paiotidiennes et testiculaires, etc., des coccus. ne prenant pas le Gram, qui se présentent généralement sous forme de diplocoques. et se cultivent sur les milieux usuels: malgré le résultat négatif des inoculations aux animaux, on considère ce germe comme Tagent pathogène des oreillons. P. Teissier et Esmein (1906) regardant le coccus isolé dans les oreillons comme une variété de tétragène.
Pathologie comparée. — Les oreillons constituent une maladie proprt^ à 1 esjièce humaine. Cependant on en a ohservé ({uelques cas chez le chien (Schiissele. Hertwig. Poore, Wittaker, Busquet et Boudeaud). et pour certains d'entre eux l'origine humaine a été démontrée, ainsi que la transmission à un autre chien : Busquet et Boudeaud (1900) ont trouvé dans la salive parotidienne un coccus analogue à celui de Laveran et (latrin.
Symptômes. — Après la période dincuhation. qui est latente, le gonflement parotidieu. symittôme caractéristique, se montre d'emhlée. ou est précédé de symptômes prodromiques.
Les prodromes existent dans plus de la moitié des cas chez Tenfant (Barthez et Sanné) : ils sont peut-être plus fréquents chez les soldats, puisque Catrin les a notés dans les deux tiers des cas environ. Souvent d'ailleurs peu marqués, ils consistent dans de la courbature, de l'anorexie, de la lièvre, de la somnolence, de la céphalée, des épistaxis, de Totalgie unilatérale ou bilatérale (Comhy); assez souvent il existe de Tangine érythémateuse ou pultacée (Catrin); quelquefois la fièvre est vive et atteint 40°. Leur durée est de 12 à 24 heures.
Les régions paroiidiennes deviennent le siège d'une douleur plus ou moins vive et de gontlement, soit en même temps, soit successivement, à un, deux ou trois jours d'intervalle. Le gontlement siège dans la région qui sépare l'apophyse mastoïde de la branche montante du maxillaire inférieur: il est constitué j)ar une tuméfaction molle, de l'empâtement sans induration; à son niveau, la peau est «'paissie, lisse, incolore, quelquefois un peu rouge. Dans les cas intenses, il y a un œdème qui peut s'étendre en bas vers le cou, quelquefois jusqu'à la clavicule, et même rejoindre celui du côté oj)posé (cou piriforme); en haut aux paupières et aux tissus de l'orbite, par compression intra-jiarotidienne de la veine faciale (Hénochj, provoquant du chémosis et de l'exoidi-
laliiiie. La douleur spontanée est généraleiiient ]>en intense; elle est augmentée par les mouvements de la mâchoire ; ceux-ci sont vendus dilliciles par la douleur et surtout par un certain degré de Irismus. La pression (^st douloureuse principalement au niveau de larticnlalion lemporo-maxiliaire, au-dessous de lapophyse niastoïde, an niveau de la glande sous-maxillaire (Rilliet).
Après les parotides, les oreillons envahissent assez souvent les glandes sous-maxillaires, qui l'orment une masse allongée, audessons du rebord maxillaire, plus rarement \q^ glandes sublinguales^ qui font saillie dans la région sus-hyoïdienne et sous le plancher de la bouche. Il est des cas on les oreillons sous-maxillaires sont primitifs, les parotides restant indemnes ou n'étant intéressées (pie secondairement (Comby, Hoppe); les oreillons sublinguaux primitifs sont beaucdup plus rares (sub-glossite de Hénoch).
Souvent les ganglions cervicaux sont tuméfiés (Cond)y).
La sécrétion salivaire tantôt reste normale, tantôt est exagérée ou diminuée; dans ce cas on note la sécheresse de la bouche. La salive parotidienne renferme de nombreux ])olynucléaires, des lvmphoc\les, des mononueléaiies, el. [tins lard, surtoiil des cellules glandulaires (Sicard et Doplei).
La muqueuse buccale, généralement normale, peut être enllammée {stomatite ourliennc) ; on note alors, assez rarement d'ailleurs (Comby), du gonllemenl el de la rougeur de la face interne des joues, surtout au niveau des dernières molaires, autour de rorifice du canal de Sténon f(iuéneau de Mussy). Quelquefois on observe un bourrelet rouge autour de rorifice du canal parotidien (Moursou i.
Assez souvent la muqueuse de rislhme du gosier, des amygdales, du pliarynx est rouge el tuméfiée; nous avons vu que Tangine pouvait exister dès la période prodromique.
L'ensemble de ces phénomènes bucco-pharyngés a ]>erniis de dire (pi'il existe au cours des oreillons un V('Mitable énantlième^ analogue à celui des fièvres éiuptives (Guénean de IVlussy).
Les symptômes généraux sont constants, mais dans la majeure partie des cas, chez les enfants au moins, ils sont très atténués. 11 y a une fièvre modérée, du malaise, de rinappé'tence, plus rarement une fièvre intense, d(; ragilation nocturne, du délire, des convulsions; en pareil cas. la fièvre peut être suivie d'hypothermie.
NoBÉcoruT. — Précis Je médecine infantile. -i
Vexamen du sang ne nionlre que rarement une leucocytose passagère; mais il va de la lym](hocytose dans la première période (Sacquépée, Kreslnikov).
Marche. Durée. Terminaison. — Le mouvement félM-ile dure ?> ou 4 jours, puis disparait, eu uuMue temj)S que le goutlenient commenee à s'atténuer. La guérison se fait en 7 ou 8 jours, sans convalescence. La résolution est conq)lète. Quelijuefois (20 fois sur 230 cas, Barthez et Sauné) il se produit une rechute au bout de iO à 21 jours.
La suppuration, observée par quelques auteurs, est exceptionnelle, surtout chez Tenfant; elle doit être la conséquence d'infections secondaires (slreplocoques dans un cas de Ferraud).
Localisations extra-salivaires et complications. — A c(Mé des localisations salivaires, il n'est pas rare d'observer d'autres manifestations locales, relevant de l'infection spécifique (métaslnses) ou d'infections secondaires.
LocAi.isATioNS GÉNITALES. - — \.\irrhile ourlienne constitue un chapitre important de Fhistoire des oreillons chez l'adulte, puisque chez les soldats elle s'obseive dans un tiers des cas. Par contre elle est rare (liez l'enfant, dont le testicule n'est pas un organe en activité, de même d'ailleurs que chez le vieillard. Ililliet, Hénoch, C.omby ne l'ont pas observée au-dessous de ■ '14 ans, et les observations peuvent se conq:)ter : Léo (1899) n'en avait réuni que 6 cas <lans la litt(>rafure; nous en avons trouvé 9 qui ont trait à des enfants de 4 ans fde Cérenville), de 9 ans (2 cas; Fabre, Acker), de 11 ans (Arnaud), de 12 ans (3 cas de Barthez et Sannéj, de 13 ans (Debize), de 14 ans (Léo). A]»rès la puberté, la fré(}uence de l'orchite augmente : Rilliet et Barthez en ont vu 7 cas chez des sujets de 15 à 17 ans, Béclère (1898) un casa 15 ans.
La rareté de l'orchite ourlienne chez l'enfant fait qu'elle ne nécessite ]ias une description détaillée. Sa symptomatologie est d'ailleiu-s la même que cliez l'adulte. Elle j)eut s'accoin|»agncr tVurélrilc (Barthez et Sanué).
Vovurile aurlieune a été vue chez une fille de 11 ans (Vogt). la mastilp chez des lllles de 5 ans (llizet), et de 15 ans (Travel). Mais ce sont là des faits exceptionnels.
Localisations glandulaires. — On a observé la thijroidite chez une lille de 12 ans (Guelliot), la tuméfaction des glandes lacrgmales, qui poiirrail même consliluer la localisation unique des oreillons, la puiicréalilr.
La j)aiicr('alil<' oiiilienne, sur la({iii'lle Simonin (1903) a attiré l»arliculièreinont lallenlion cliez Fadiilte, a été vue également chez (les enfants de >\ à 14 ans jiar Cravke Priestle}' (11)00), W. Jacol) (lUOO,, Le Gendre (11)03), ' Audié (1905). Elle s'explique par les analogies de slnieliire du [tancréas (parotide abdominale) el des glandes salivaires. Elle se earactérise par une douleur vive à ré|(igaslre. à égale distance de Fappeudiee xiphoïde et de romltilie. exaspérée [)ar la pression, s'irradianl en croix, le long du rebord costal gauelie, dans b^ dos; pai- des nausées, des vomissements, (|ueb{uerois de la dinrrli('(^ st'reuse, par la tendance à la synco])e, par de la fièvre; elle se termine par la guérison en 'i-o joiu's Simonin i.
Manii'estations uulnaihks. — h' albuminurie est rré(|uente au cours des oreillons; elle ne s'accompagne généralement pas (Tautres symptômes de néjthrite.
Quebpielois on observe une néphrite nit/ur avec albuminurie intense, liémalurie, oligurie. anasarcpie, etc. Croner < lX84j a vu cette néphrite chez un entant de 6 ans, Cli. (iilmore Kerley (1898) chez un entant de 4 ans, Voigt (1898) chez des enfants de 2 et Sans; sauf chez Tenfaut d(^ ;2 ans. (|ui est mort, la gu(''i'ison a été complète.
Manifestations Aurici'L aires et osseuse-;. — Les oreillons se compliquent parfois de manifestations articulaires i pseudo-rhumalisme inferlieux,; le diplocofpie de Laveran-Catrin a été constaté dans la séi-osité arliculaiic par (latrin. Il s'agit d arthralgies, rarement darlhrites véritables, plus souvent de localisations aux gaines tendineuses et aux bourses séreuses péri-articulaires; jamais on n"a constaté de suppuration; \\eu d articulations sont touchées. La guérison est rapide.
Manifestations diverses. — On a signalé des cas d'endo-péricardite terminés par guérison (Jaccoud, Grancher) ; des énf- Ihnnes polymorphes, noueux, orties, papuleux. etc.; des œdrmrs localisés, multiiiles, douloureux (Gu(dliot), toutes manifestations lluxionnaires passagères; Viclère et la conrjeslion du foie, la splénoméfjalie.
Quant aux in'inifestalionx respiratoires, laryngites, (i>dèm(> de (a glotte, bronchite, bionch()-|ineumonie. pleurc'sie. elles sont dues plutôt à des infections secondaires (piau \iriis ourlien: comme Fa montié Simonin, chez Fadulle il est vrai, le pneumocoque joue un grand rôle dans ces complications: pneumococcie
et infection ourlienne s'associent dune façon active : les oreillons prédisposent aux pneuniococeies et celles-ci se trouvent renforcées quand elles surviennent au cours des oreillons.
MA>nESTATio.\s NERVEisES. — Ellcs conslitucnt un chapitre intéressant, qui s'est enrichi de docuuients nouveaux grâce à la ponction lombaire et à l'étude cytologique du liquide cé})halo-rachidien.
Comme dans toutes les maladies infectieuses de Tenfance, on peut observer, rarement d'ailleurs, et chez les sujets prédisposés, du délire et des convulsions.
Il peut exister également, mais plus rarement fjue chez les adultes, des paralysies, les unes ayant le caractère des paralysies hystériques (Comby), les autres des polynévrites : tels les cas d'un enfant de 4 ans observé par .loffroy (1880), d'un enfant de 7 ans vu par Revilliod (1X97).
On a vu également des méningites, qui peuvent être dues à des infections secondaires, mais le plus souvent sont sous la dépendance du processus ourlien. Les oreillons retentissent en effet d'une façon manifeste sur les méninges, comme le montre la fréquence d(^ la lyin])hocytose du liquide cé|)lialo-rachidien retiré par ponction lombaire [II. Monod (1902)j. Tantôt il n'existe pas de signe clinique de celte réaction méningée (H. Monod); tantôt on note du délire (Monod), de la céidialée. des vertiges, des vomissements, de la bradycardie avec instabilité du }»ouls, du signe de Kernig, de la raideur de la nuque iXobécourt et Brelet).. Ces sympt(imes sont généralement fugaces, mais persistent quelquefois suflisamment pour faire penser à une méningite tubercuculeuse.
Boas, Maudonnet (1903), chez des enfants de 7 et 9 ans, ont observé la parali/sie de l'nrçommodalion, accompagnée chez le dernier de paralysie du voile du jialais. Sicard (1905) a vu un zona de la face.
Des irouhli'S auriculaires s'observent (juelquefois : surdité, otalgie, vertiges, bourdonnements, etc. La surdité peut être déllnilive. et on a publié au moins (5 observations de ce genre chez des eid'ants au-dessous de 1.3 nus. On a attribué ces troubb^s à une névrite du nerf auditif.
Pronostic. — Le pr^udstic des oreillons est l)eauc(iiqii>lus bénin chez l'enfant que chez l'adulte à cause de la rareté de l'orchite, qui aboutit fréquenunent chez ce dernier à l'atrophie testiculaire. Cependant il ne faut pas oublier la |tossibilité des complications que
nous avons étudiées; certaines (rentre elles peuvent comporter un pronostic réservé, soit immédiatement, soit pour Tavenir.
Diagnostic. — L'ensemble symptomatique, le gonflement et rem|iàt('ment des régions parotidiennes, la bilah'ralité, la résolution rapide rendent facile le plus souvent le diagnostic des oreillons. Plus délicat est celui des formes frustes ou des localisations primitives aux glandes sous-maxillaires et sublinguales. Dans tons les cas la notion d'épidéniicilé aura son importance.
Les paroiidUes inflaiinnatoires , les injlammations de>i r/landes sous-maxillairos et suhlinguaJes s'accompagnent d'une tuméfaction plus dure, plus persistante; elles sont plus rarement symétri(|nes; gén('ralement eHes sont secondaires à des maladies générales graves ou à des stomatites, et surviennent chez le nou- \eau-n('.
Les adénites des régions parotidiennes et sous-maxillaires sont quelquefois difficiles à distinguer, d'autant plus qu'elles |)euvent exister au cours des oreillons. La consistance et la forme sont dilTérenles. On trouvera de plus une porte d'entrée à l'infection : angine, stomatite, carie dentaire, etc.
Le diagnostic des manifestations extra-salivaires et des complications se jtose pour chacune d'elles. Il sera éclairé par l'existence des oreillons ou la présence de l'enfant dans un milieu épidémique. Quand les oreillons sont frustes, le diagnostic peut être délicat, qu'il s'agisse d'une orchite, de troubles paialyti([ues, etc. ; on itourra penser alors à la blennorrhagie, à la diphtérie, etc.
Enfin l'usage des préparations iodiques peut déterminer un gonflement parotidien, simulant absolument les oreillons. Les romniémoralifs évitent l'erreur.
Anatomie pathologique. — Elle est mal connue. Pour Wirchow, il s'agit d'une parotidite primitivement caualiculaire ; pour Trousseau, d'une hyperhémie. D'après Ranvier, les épithéliums sont intacts; il y a seulement (pdème du tissu cellulaire interstitiel.
Traitement. — L'enfant sera gardi' au lit.
Localement on appliquera un liniment calmant (baume tranquille, laudanum) ou une itomniade au gaïacol (Grande, Piagaz/i), le tout recouvert d'un pansement ouaté.
On instituera le régime lacté, et, si l'étal des voies digeslives le nécessite, on donnera un [)urgatif.
On veillera à l'antisepsie de la cavité' l)U(cn-pliar\ngée.
Contre la fièvre, on dounera de la ijuiiiine et au J)esoiii des bains tièiles ou froids. Ceux-ci seront indiqués également au cas d'agitation, de délire, de j)liénùuiènes ujéningés.
Chaque manifestation a dailleurs ses indications spéciales.
Prophylaxie. — Les oreillons étant contagieux, il faut isoler le malade iK-s le début et pendant une durée de 25 à 30 jours '.
Il est indiqué de désinfecter les objets ayant appartenu an malade, quoique la contagion indirecte ne soit guère à redouter.
Dans les épidémies d'écoles, de collèges, etc.. on aura recours, mais seulement au cas d'épidémie persistante, à la désinfection des locaux.
1. La déclaration des oreillons au Scrvirc des èjiidéniics n'esi pas obligatoire pour le médecin traitant.