II. — Polyadénopathie chronique
On distingue une viacropolyadénopathie et une micropohjadénopathie.
La macropolyadénopathie nest pas spéciale à lenfant. Elle s'observe dans la lymphadénie, dans la syphilis, la tuberculose, les infections cutanées (impétigo, prurigo, etc.). Elle peut s'accompagner de splénomégalie. L'examen du sang doit toujours être pratiqué pour apprécier ses rapports avec la leucémie (p. 495).
La micropolyadénopathie s'observe exclusivement chez l'enfanl. Elle a été considérée comme un symjitôme d'une tuberculose profonde par Legroux (1888), Grancher, Mirinescu (1890); Lesage et Pascal (1893) décrivent même une forme spéciale de tuberculose ganglionnaire généralisée. Plus tard Potier (1894) montre qu'elle s'observe non seulement <ians la tuberculose, mais encore dans les cachexies d'origine s}"])hilitique, gastrointestinale, broncho-pulmonaire, pyodermique.
La micropolyadénopathie se rencontre principalement au-dessous de i2 ans, plus rarement de "2 à 6 ans, exceptionnellement plus tard. Dans l'athrepsie des enfants âgés de moins de 3 mois on ne la rencontre pas.
Dans la tubeiculose, les ganglions renferment parfois des granulations ou des tubercules ; plus habituellement ils présentent des réactions histologiques banales et ne tuberculisent pas le cobaye ; il s'agit d'une véritable sclérose ganglionnaire qui constitue un processus de défense de l'organisme contre le poison tuberculeux (Potier). Dans les autres afi'ections, ils présentent des lésions d'infiammation banale.
Cliniquement on trouve au cou, aux aisselles, aux aines, de petits ganglions durs, arrondis, gros comme des pois ou des grains de plomb, roulant sous le doigt, indolores et ne s'accompagnant d'aucune réaction intlammatoire du tissu voisin. Ils se développent d'une façon lente, insidieuse.
Leur valeur diagnostique découle de ce qui vient d'être dit. Par eux-mêmes ils ne conqtortenl ni pronostic ni traitement.
CilAiMTHE II
MALADIES DU THYMUS
Le thymus est un organe qui s'accroît rapidement pendant la vie fœtale et pendant les deux premières années de la vie extrautérine, puis reste stationnaire jusqu'à la i^" année et régresse ensuite, pour n'exister plus qu'à l'état rudimentaire après 25 ans'. Son rôle physiologique est certainement considérable, mais encore insulTisammeul élucidé. Ses maladies n'existent guère que dans l'enfance et surtout dans les deux premières années. Elles sont d'ailleurs mal connues et ne méritent qu'une courte étude, si on se borne à exposer des faits bien acquis.
On peut observer V absence de thymus, exceptionnellement constatée; Vatrophie et la sclérose, qui existent chez les cachectiques et les athrepsiques ; les thymiles, la tuberculose, la syphilis, les kystes, les hémorragies, qui n'ont pas d'histoire clinique; les tumeurs (lymphomes leucémiques, lympho-sarcomes, etc.), qui constituent des variétés rares d'hypertrophie thymique.
Hypertrophie di thymus. — Bien plus importante est Yhypertrophie du thymus, qui a donné et donne encore lieu à de nombreuses discussions. Elle est difficile à apprécier cliniquement et même anatomiquement. Pendant la vie, elle donne lieu, au niveau de la fourchette sternale, à une matité en forme de cahce (Erb) ou de triangle, dont la base correspond à une ligne joignant les deux articulations sterno-claviculaires (Destreich et Blumeureich).
1. Los données précises à ce sujet manquent. Suivant les auteurs, le poids maximum est à le naissance, à 2 ou 3 ans, à la puberté, ou reste sans modifications (un peu plus de 1 grammes) de -2 à 13 ans.
512 MALADIES DU THYMUS
A raulopsie, il faut tenir compte des grandes variations de poids à létal physiologique (Hérard).
A cette hypertrophie du thymus on a rattaché certains accidents graves qui j)euvent survenir chez les enfants, le lavj/ngoapnsïne (p. :2lM) . (jui a été dé'cril pour ce motif sous le nom (Vastinno thi/mique iKopi), 1830) nu d'asllnn'' do A'opp. et la rnort subite par si/ûcope.
L'explication pathogénique de ces accidents, qui ne seraient pas liés (Tailleurs pour certains médecins (Hérard] à riiypertrophie du thymus, n'est pas encore satisfaisante. Plusieurs théories ont été proposées.
1° Le thymus hi/perfrophié agit par compression de la trachée et des bronches. — Sans doute cette compression est possible et existait dans un certain nombre d'observations ; mais elle ne peut expliquer qu'une dyspnée persistante et la mort par asphyxie, mais non la mort subite ou le laryngospasme.
2° Le thymus hypertrophié agit par compression des vaisseaux ou des nerfs. — La compression des vaisseaux (veine cave supérieure et veine sous-clavière) est possible et peut déterminer des troubles cérébraux par stase veineuse ; mais elle est excejjtionnelle, car les signes de stase sanguine manquent généralement. La compression des nerfs (pneumogastriques, phréniques, récurrents, sympathique) peut causer la mort subite par inhibition, et c'est là un processus pathogénique admissible ( Ghika, Targhetta).
3° Le thymus hypertrophié nagit pas directement., mais est un symptôme de Vétnl lymphatico-chlorotique (Palfauf, 1889) ou lymphaticiue, dans lequel les centres nerveux sont dans un état latent (rexcitation tel que des causes légères peuvent amener une paralysie du cœur (Pallauf, Pott, Escherich) ou un accès de laryngospasme.
4° Le thymus hypertrophié agit par hyper thymisation du sang (Svelila).
Il est impossible à l'heure actuelle d'apporter des conclusions fermes sur le rôle de l'hypertrophie du thymus, non plus que sur ses causes. 11 faut rappeler cependant ipiil y a probabbiment entre cette glanile et d'autres des fonctions de suppléance, car Ihypertrophie du thymus existe dans le myxo'dème, l'acromégalie, etc., et que, d'autre part, diverses infections et intoxications aiguës provoqueul dans son éj)aisseur des réactions très marqu<''es. Chez les enfants morts dérysipèle, de variole, de dijtlitérie, de scarlatine.
MALADIICS nu ÏHYMLS 513
ilo rougeole, de s\ jtliilis, etc., on note en effet «lans le tliymus un réveil <le la fonction liéniatopoïétique éteinte : apparition autour (les vaisseaux (riiéniaties nucléées, de mono- ou de polynucléaires i'osiiio|)liiles et neutifipliilcs. de quelques maslzellen, etc. (Roger r[ GIlikaj.
Au point de vue tliéra|(eutiqne. on a tenté, et iiiénK' avec succès (Ehrardt). re.\tir|iatinn du tliynius hypertroiiliii'.
NoBÉcouRT. — Précis de médecine iut'antilc. 33