I. — GOITRE
Le goilre est fréquciil chez lenfaiit dans les pays où régne celle maladie, lels que les hautes vallées des Alpes. Ailleurs il est lare.
Étiologie. — Le goilre infantile esl congénital ou acquis.
Congi'nit'il., il se rencontre chez le fœtus et le nouveau-né. Il constitue un peu plus de S p. 100 des cas de la statistique de Demnie : dans cette même statistique, sur 100 cas de goitres congéûilaux, on trouve 26 fois le goitre chez les deux parents et 43 fois chez la mère seule, ce <|ui fait (|ue l'hérédité goitreuse existe au total environ 70 fois.
Acquis, il apparaît le |dus souvent de 7 à 13 ans, puis dans la première année. Il est plus fréquent chez les filles que chez les garçons. Il est généralement endémique, rarement sporadique ou é'pidémique ; la vraie cause en esl encore inconnue : le rôle de l'eau de lioisson dans les régions montagneuses est généralement admis; riiérédilé joue probablement un rôle.
Anatomie pathologique. — X" Goitre coNGb.MT.\L. — Le corps lliyioïde chez le fœtus ou le nouveau-né peut peser 50 à 100 grammes au lieu de â ù 3 grammes; il forme à la partie antérieure du cou une masse demi-circulaire; il est total. Il s'agit le plus souvent de goilre hyperplasique simple (forme mixte) et de goilre folliculaire ou parenchymateux, plus rarement de goitre kystique.
i° Goitre acquis. — Il esl rarement total et prédomine génél'alemenl sur le lobe droit. Par ordre décroissant de fréquence, on observe le goilre parenchymateux, le goilre kystique, et plus rarement le goitre mixte, le goitre fibreux, le goitre colloïde.
Symptômes. — 1° Le goilre congénital détermine parfois la mort par asiiliyxie due à la compression du larynx et de la trachée au moment de la naissance ou dans les jours qui suivent. Quand l'enfant survit, il présente de la dysjtnée continue et }iar accès, qui |teulenlrainerla mort ; cependant souvent les sym})lômes s'amendent et le goitre alors tantôt disparaît, tantôt persiste. Il y a eniln des formes latentes.
2° Le goitre acquis cause chez l'enfant, plus souvent que chez I adulte, la conqtression des veines et de la trachée, avec dyspnée, tirage, raucité de la voix, bronchite chronique. L'asphyxie rapide n'est pas rare, surtout au cours des infections aiguës qui augmentent
le volume de la glande; elle est particulièrement fréquente au cas de goitre plongeant rëtro-sternal.
Les enfants goitreux sont souvent des crétins, mais non forcément. Ce n'est pas le goitre qui cause le crétinisme. mais TinsufO sance thyroïdienne : le goitreux se comporte alors comme un myxû'démateux (p. 5:28).
Pronostic. — Le goitre congénital est grave, quand il a un certain volume : il a un pronostic relativement favorable, quand il est peu accusé.
Le pronostic du goitre acquis dépend du volume et du siège. Les goitres snpeificiels, peu volumineux, sont souvent curables.
Traitement. — Le traitement du goitre est le même, qu'il soit congénital ou acquis. On conseillera le séjour prolongé au bord de la mer, les bains de mer chauds, les applications locales d'eau de mer, qui agissent jjrobablement par la petite quantité d'iode ainsi absorbée. Viode constitue en effet le médicament de choix, sous forme de sirop d'iodure de fer chez les petits enfants, de teinture d'iode chez les grands, de ponunade iodo-iodurée; l'iode doit être donné avec précaution, car Tenfant goitreux y est très susceptible et a facilement des accidents d'iodisme, amaigrissement, tremblement, jtalpitations, tachycardie, surexcitation, etc., qui sont identiques à ceux du thyroïdisme expérimental (Januin, Gauthier); le traitement iodé donne une amélioration notable dans 90 ]). 100 des cas. surtout dans le goitre jtarenchymateux (Rocher). Quant aux injections interstitielles de teinture d'iode ou d'iodure de potassium, elles ne sont pas sans danger.
Dans les cas où le goitre s'accompagne de symptômes dinsuflisance thyroïdieniie, Vopothérapie thi/roidienne est indiquée.
Le traitement chirurgical \w sera conseillé que si le traitement médical est sans effet, ou dans les cas de goitres kystiques et fibreux: il consistera dans le thi/roidectomie partielle^ pour éviter le myxiedème opératoire. Au cas d'asphyxie, la trachéotomie peut être nécessaire.