II. — HEMORRAGIES MENINGEES
Les hémorragies méningées sont relativement frécjuentes dans l'enfance, surtout dans les premiers jours et dans la première année; elles le sont beaucoup plus que les hémorragies cérébrales.
HEMORRAGIES xMÉNINGÉES 577
Étiologie. — Chez les nouveau-nés, la fréquence des hémorragies méningées s'e.\j)li(|ue par le rùle des causes dites obstétricales. V accouche ment anormal, surtout l'accouchement prolongé, conséquence d'un rétrécissement du hassin, d'une présentation du siège, d'une première grossesse, en est la cause habituelle ; il agit surtout par l'intermédiaire de lasptiyxie qu'il détermine. Il faut en outre faire une place aux hémorragies causées pendant la vie intra-utérine par les maladies maternelles [congestion pulmonaire, albuminurie, éclampsie, etc. (Charrin et Léri)], et après l'accouchement par les septicémies .
Chez les enfants plus ârjés, l'hémorragie méningée est j)lus rare. Elle peut être consécutive à un traumatisme crânien ou à une inflammation des os du crâne, notamment du rocher, provoquée par des quintes de coqueluche, des convulsions, des attaques cVépilepsie (réserve à faire des cas où ces symptômes sont non la cause, mais la conséquence de l'hémorragie), par des affections des méninges (méningite hémorragique fibrineuse\ de l'encéphale (encéphalite, atrophie cérébrale, tumeurs cérébrales), par la ph/ébile des sinus de la dure-mére (Tonnelé, Hutinel), par des maladies à tendance hémorragique (septicémie du nouveau-né, fièvre typho'ide, variole, scarlatine, tuberculose, hérédo-syphilis, hémophilie, purpura, etc.).
Anatomie pathologique. — L'hémorragie méningée peut être cérébrale ou cérébro-spinale, se faire dans la dure-rnère ou la piemère, être enkystée ou libre.
A. Hémorragies dure-mérfennes. Hématome de la dire-mère, Pachyméninoite hémorragique. — D'après Dœhle, Herter, etc., l'hémorragie dure-mérienne est, chez l'enfant, surtout au-dessous d'un an, plus fréquente qu'on ne l'admet communément. Quelquefois d'origine traumatique, elle est le plus souvent consécutive à une inflammation (pachijméningite externe et pachgméninqite interne). Elle est généralement localisée, siège le plus habituellement à la convexité, mais cependant chez le nouveau-né souvent à la base. L'aspect et l'évolution des lésions sont les mêmes que chez l'adulte.
B. Hémorragies pie-mériennes. — Ce sont généralement des hémorragies non enkystées, en na])pe. Le sang siège sous l'arachno'ide ou dans l'arachno'ide, plus rarement dans l'espace sous piemérien, à la convexité, fréquenuuent dans les jiarties postérieures chez le nouveau-né, ou à la base. L'iiémorragie est due à la rupture
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diin vaisseau itie-mérien. iriin sinus veineux, plus rarement d'une artèn^ «le l'encéiiliale.
Symptômes. — A. L'héinatome de la dure-mère n'a guère (Ihistoire clinique chez Tenfant.
B. Les hémorragies pie-mériennes non enkystées ont une symptomalologie plus nette, qui est variable suivant Tàge.
Quand elles surviennent pendant V accouchement^ les symptômes et révolution dépendent de Tabondance de Thémorragie. Au cas d'hémorragie abondante, Tenfant est mort-né ou nait en état de mort apparente. Il est dans le coma, en hypothermie, en état de cyanose ou d'asphyxie blanche ; les fontanelles sont bombées, le pouls et la respiration sont imperceptibles, les quatre membres sont jiaralysés; la mort survient au bout de quelques heures, malgré les tentatives faites pour ramener l'enfant à la vie. Quand l'hémorragie est peu abondante et se fait lentement, il y a de la stupeur, une respiration irrégulière et faible, du pouls lent; au bout de quelques jours apparaissent des convulsions, qui alternent avec la somnolence, des vomissements, de la contracture de la nuque et des membres ou des paralysies, de la lièvre, et ces symptômes persistent jusqu'à la mort. Il y a enfin des cas {formes latentes), où l'hémorragie passe inaperçue et où plus tard apparaissent une hémiplégie ou une paraplégie spasmodiques avec exagération des réflexes (syndrome de Little), de l'épilepsie jacksonienne, de l'idiotie.
Chez le nourrisson et chez l'enfant plus âgé, le début se fait par aj)oplexie brusque ou progressive, avec contractures et convulsions, signe de Kernig, etc. Puis, ou bien la mort survient rapidement dans le coma ou bien l'état s'améliore. Il existe peut-être des formes curables analogue à celles observées chez l'adultes.
Diagnostic. — Le diagnostic est à faire avec les tumeurs cérébi'ales, les méningites tuberculeuses et non tuberculeuses, la thrombose des sinus de la dure-mère, Yépilepsie vraie, rarement avec {"hémorragie cérébrale, à cause du ])eu de fréquence de celle-ci dans l'enfant.
11 est d'ailleurs facilité par la ponction lombaire, que l'on peut j)ratiquer à tout âge, même chez le nouveau-né. Le liquide est sanglant, ne coagule pas, et s'éclaircit par le rejtos ou par la cenlrifugation; il devient alors clair ou reste teinté en jaune. Quelquefois la coagulation peut se faire, comme nous l'avons noté avec R. Voisin et Viliy dans un cas d'hémorragie méningée par