III. - PHLÉBITE DES SINUS DE LA DURE-MÈRE
Si les phlébites des membres sont rares chez l'enfant (p. 435), les phlébites des sinus de la dure-mère sont particulièrement fréquentes. Dans la statistique de Hessler (1896), 13 p. 100 des cas ont été observés au-dessous de dix ans, et le plus souvent les enfants avaient moins de deux ans. Cette prédisposition des sinus s'explique chez l'enfant par le développement considérable de la circulation veineuse encéphalique, par le décubitus dorsal habituel, par la fréquence des infections des cavités de la face et du crâne, facteurs qui se surajoutent aux conditions habituelles, nonspéciales à cet âge, favorables à la stase veineuse à ce niveau.
Étiologie. — Les phlébites des sinus dont la thrombose n'est que la conséquence sont d'origine infectieuse. Elles peuvent être consécutives soit à une infection de voisinage, soit à une infection d'un organe éloigné ou à une infection générale.
Les infeclions de voisinage^ qui se compliquent de phlébite des sinus, sont celles des téguments de la face^ de la nuque et du crâne : érysipèle, anthrax, furoncle; — celles des os du crâne et des cavités faciales : orbite, bouche, nez, pharynx, oreille; elle est souvent une complication de l'otite moyenne suppurée avec ou sans mastoïdite.
Les infections d'oi'ganes éloignés et les infections générales déterminent la phlébite des sinus surtout chez les nourrissons; ce
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sont les infections gastro-intestinales, les infections bronchopulmonaires (celles-ci interviennent souvent par Tintermédiaire de l'otite), etc. Parmi elles, celles qui aboutissent à la déshydratation des tissus (choléra infantile) et à la cachexie prédisposent à rintlaniniation des sinus en réalisant des niodiiicalions du sang: on admettait autrefois l'existence en pareil cas de Ihromhoses marastiijiii's.
Anatomie pathologique. Bactériologie. — Le siège de la phlébite varie avec la cause. La phlébite des infections générales atteint généralement le sinus longitudinal supérieur, plus rarement les sinus latéral et caverneux ; la jihlébite otitique, le sinus pélreux supérieur et le sinus latéral, où aboutissent les veines venant de Toreille mo)'eune.
La phlébite peut revêtir soit la forme oblitérante, dans laquelle le sinus est rempli par un thrombus plus ou moins décoloré et adhérent, se propageant généralement au loin, soit la forme stippurée non oblitérante.
Comme lésions secondaires on note : l'œdème et l'hyperbémie des méninges, quelquefois l'hydrocéphalie, l'hémorragie méningée, la méningite suppurée; — l'œdème, l'hémorragie cérébrale, le ramollissement cérébral, quelquefois des abcès du cerveau.
Le caillot contient des microbes différents suivant les cas : staphylocoques, pneumocoques (Claude), surtout streptocoques (Thiercelin, Deguy, J. Halle et Ulmann, etc.).
Symptômes. — Assez souvent, surtout chez les nourrissons athrepsi(iues, la phlébite des sinus reste latente, ou se traduit par le coma et quelques convulsions. Sinon elle donne lieu à des symptômes méningés non pathognomoniques, liés à l'œdème et à l'hyperbémie des méninges et du cerveau : céphalée, vomissements, strabisme, convulsions, raideur de la nuque et des membres, contractures, signe de Kernig. A ces symptômes s'ajoutent de la fièvre, continue ou avec rémissions, et des phénomènes généraux liés à l'infection. Le début est souvent brusque, apoplectifornie. L'évolution est plus ou moins rai)ide et se termine par la mort en (pudques jours.
Suivant la localisation, la symptomatologie peut présenter certaines particularités. La phlébite dxi sinus caverneux cause de l'œdème des i)aui)ières, du cbémosis conjonclival, de l'exophlalmie, des troubles de la vue, des paralysies des nerfs moteurs de l'œil. La phlébite du sinus latéral, généralement consécutive à une