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IV. — HYSTÉRIE

L'hystérie existe chez l'enfant ; il semble d'ailleurs y être prédisposé par la grande activité de son système nerveux (Briquet), par sa suggestibilité, par l'absence de jugement et de volonté (R. Saint-Philippe). Elle présente chez lui certaines particularités, intéressantes; d'une façon générale, elle est moins complète et moins bruyante que chez l'adulte.

Étiologie. — Bien que l'hystérie ait été rencontrée chez des enfants de t ans, elle est rare avant 5 ans, et augmente ensuite de fréquence de 5 à 10 ans, surtout de 10 à 15 ans. Elle atteint aussi bien les filles que les garçons, sauf de 5 à 10 ans, où la proportion serait plus forte pour les filles (R. Saint-Philippe).

Son principal facteur est V hérédité , hérédité similaire (hystérie de la mère) ou hérédité de transformation (alTections nerveuses des ascendants, aliénation mentale, épilepsie, etc.) ; elle se retrouve dans 7:2 p. 100 des cas (Bri(juet). 11 faut encore noter l'existence chez les ascendants de l'arlhiilisme, de l'alcoolisme, de la tuberculose, du diabète, de l'alhumiiuirie, de la .syphilis, etc.

Gomme causes prédisposantes, on peut constater : une éduca-

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lion mal comprise, le surmenage intellectuel. Tahus i)ar la nourrice du café ou de Talcool, Fouanisme. Tanémie, le rachitisme.

Comme causes occasionuclli's on peut citer : les émotions morales, l'éruption dentaire, les traumatismes, les infections aiguës (lièvre typhoïde, pneumonie, scarlatine, coqueluche, etc.), le paludisme, la syphilis, le diahète, lauto-intoxicalion gaslro-inlestinale, rhelininlhiase intestinale, etc.

Symptômes. — 11. Saint-Philippe décrit à Thystérie infantile quatre variétés : larvée, naissante, dissociée^ complète. Les deux premières peuvent être réunies dans une description commune.

A. Hystérie L.\KvÉE et naissante. — Les enfants sont considérés comme des nerveux. Tout petits, ils ont de Tinsomnie, plus rarement un sommeil léthargique (Comby), crient d'une façon anormale, sursautent au moindre bruit, ont facilement du spasme de la glotte, des convulsions, parfois de la tétanie, des prurits tenaces (urticaire nerveuse d'Olhvier). Plus tard, à partir de 2 à 5 ans, ils ont le caractère hystérique (R. Saint-Philippe) : ils sont capricieux, volontaires, faiseurs d'histoires, simulateurs, prétentieux, jaloux, bizarres, ils ont facilement des palpitations, de Tarythmie, et, à l'occasion des maladies aiguës, des réactions méningées. La nuit, ils ont des cauchemars, des hallucinations de la vue et de l'ouïe {terreurs nocturnes)., des grincements de dents, des mictions involontaires. Souvent ils ont du blépharospasme intermittent, du nystagmus: ils sont ouychophages, tètent leurs doigts; ils ont du bégaiement intermittent, du hoquet, des tics (lie de Salaam [p. 640^, par exemple).

Souvent, chez ces enfants, on observe du myosis, du rétrécissement du champ visuel, de l'abolition du réflexe pharyngien.

B. Hystérie dissociée. — Elle se montre généralement au moment de la puberté, surtout chez les filles, et revêt des aspects très variés.

On peut observer une céphalalgie ojtiniâtre, des vertiges; — des troubles digestifs : anorexie, gastralgie, vomissements incoercibb^s, j)neumatose gastro-intestinale pouvant siinub-r une itéritonite aiguë (p. 27:2) ou tuberculeuse, une ajtpendicile (p. 201)): — des troubles urinaires : polyurie, ischurie, anurie, etc. ; — des troubles trophiques cutanés et vaso-motews : axjihyxie locale des extrémités, sueurs localisées, urticaire et éruptions diverses, œdème des pieds et des mains; — des troubles du langage, la surdi-mutité, \e pseudo-asthme, le bégaiement, etc.

Variesthésie est rare, Vhyperesthésie commune; il y a des arthralgies (coxalgie hystérique , pseudo-mal de Polt) , des myalgies^ etc.

Les troubles moteurs sont fréquents : contractures (torticolis spasmodique, contracture des muscles du tronc et scoliose, etc.); paralijsies (monoplégie, li(''mi[>légie, paraplégie flascjuc ou avec contractures) ; tremblemenl ; spasmes rythmés, chorée rythmée (p. 649), aslasie-abasie.

Les troubles oculaires sont rares.

Parfois l'hystérie reproduit le tahleau d'une méningite, principalement de la méningite tuherculeuse (p. 561).

C. Hystérie massive ou grande hystérie. — L'attaque d'hystérie se compose de quatre périodes : période des convulsions, i»ériode des contorsions ou des grands mouvements, période des attitudes passionnelles, période du délire. Elle se comporte d'une façon générale comme chez l'adulte; aussi ne la décrirai-je pas. Cependant, chez l'enfant, le tyi)e de la grande attaque ne se réalise pas d'emblée et ne se com|)lète qu'avec l'âge. Chez les jeunes enfants, la période convulsive est presque isolée; elle i)eut simuler i'attaciue d'épilepsie et même répile|»sie paitielle. Chez les grands enfants, la période délirant(' tend à enq)iéter sur les autres et à les effac^er (R. Saint-Philii»pe). Les attaques frustes (hysteria minor) sont communes.

Diagnostic. — Le diagnostic d'hystérie, avant l'apparition de la grande crise, n'est pas toujours facile. Il faut se rappeler les manifestations multiples de l'hystérie larvée, naissante, dissociée et savoir les distinguer des alîeclions qu'elle peuvent simuler; le diagnostic est fait à pro{)os(le chacune d'elles.

La grande hystérie est surtout à différencier de l'accès d'épilepsie. Celui-ci survient souvent la nuit ou le matin, débute par un cri et par une chute massive; il y a morsure de la langue, émission involontaire (l'urine; il n'y a |>as d'altitude jt.issionnelle; il y a perle absolue de la conscience et de la mémoire ; il y a en outre absence des stigmates hystériques. Mais il ne faut pas oublier (pi'hystérie et épilepsie peuvent se super|)Oser.

Enfui il faudra penser à une simulation possible.

Marche. Pronostic. — Abandonnée à elle-même, l'hystérie tantôt rrsli- slaliomiairc, laiilùl s'aggrave. Traitée, elle s'améliore (ît guérit, tout au moins pen(hiiil un tenq)S, car il n'est pas rare de la voir reparaître à l'âge adulte.

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Le |)ronoslic de rhyslérie infantile est donc favorable. Les cas les plus graves sont ceux où un s} mjjtôme persiste longtemps : anorexie, vomissements ', contracture, paralysie, etc. La crise hystérique peut être suivie de troubles durables, ou au contraire faire disparaître des troubles préexistants.

Traitement. — 1° Traitement prophylactique. — Les enfants prédis|)0sés à l'hystérie par leur hérédité, les petits nerveux seront soumis à une bonne hygiène, jihysiquc et morale, dont les règles se déduisent des conditions étiologiques, de la santé générale, du caractère, etc.

;2° Traitement curatif. — Les hystériques avérés seront soumis aux règles générales qui viennent d'être indiquées. ]S isolement du miheu familial est souvent nécessaire, h' hydrothérapie^ instituée prudemment, a de bons effets. De même les séjours à la montagne, dans les stations marines à climat doux et sédatif (Arcachon), les cures thermales à Bagnères-de-Bigorre, Luchon, Néris, Lamalou.

Chaque manifestation hystérique comporte certaines indications thérapeutiques. Suivant les cas, on prescrira les bromures, le chloral, le trional, la teinture de cannabis iudica, la teinture de gelsemium, les hniments calmants, les pulvérisations d'éther, rélectricité, le massage, etc.

Il faut surtout entreprendre le traitement p.syrhothcrapif/ue, la suggestion à Tétat de veille, qui est généralement suivi de succès. Quant à V hypnotisme, sa valeur théra|)ontique est discutée et il est rarement nécessaire.

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