CHORÉE
chorées symplomaliques. Elle a donné lieu aux travaux iuiportanls (le Sydeuhani, Bouteille (1809), Charcol, Roger, etc.
Étiologie. — A. Causes prédisposantes. — La chorée, rare avant cinq ans, s'observe surtout de neuf à quinze ans; chez Tadulte elle ne se rencontre guère que chez les femmes enceintes, qui généralement ont été atteintes de chorée dans Tenfance. Elle est plus fréquente chez les filles que chez les garçons.
Vhércdité y prédispose : l'hérédité similaire est assez rare et même douteuse (Raymond) ; l'hérédité de transformation est plus fréquente, et on note chez les ascendants l'hystérie, l'épilepsie, des psychoses, l'alcoolisme, l'arthritisme.
B. Causes obTERuiNANTEs. — Ce sont des impressions morales (émotions, frayeurs), l'imitation (éj»idémiesde classes), les maladies infectieuses, rhumatisme articulaire aigu, jineumonie, fièvre typhoïde, scarlatine, etc. ^Triboulet).
Le rôle du rhumatisme articulaire aif/u est discuté : pour les uns, il existe fréquemment (2 fois sur 5, G. Sée), presque toujours même (H. Roger) ; i)our les autres, il est rare et ne se rencontrerait que dans ûîl à 28 p. 100 des cas (Ch. Leroux, Duchàteau). Pour juger la question, il faut tenir compte de la fréquence des formes frustes du rhumatisme, qui ne se traduisent que par des cardiopathies, endocardites et péricardites, et celles-ci surviennent souvent au Cours de la chorée (\). 418 et p. 409).
Pathogénie. — Les divergences de vue relatives à l'étiologie de la chorée expliquent celles qui régnent à propos de la pathogénie ; trois théories méritent d'être retenues, chacune ayant probablement une part de vérité.
1° Théorie nerveuse (Charcot, Joffroy, Comby, etc.). — La chorée est une névrose, une névrose d'évolution (Joffroy), une névrose de croissance (Comby), qui survient chez des dégénérés, à l'occasion d'une maladie aiguë, d'une émotion, de troubles nutritifs (croissance, nieiislrualion), etc.
2" Théorie rhumatismale (G. Sée, H. Roger, etc.). — La chorée est une maladie rhumatismale, un rhumatisme rérél)ro-spinal.
3" Théorie im'ectieuse (Trilioiilel). — La chorée est la conséquenct' iVwnç infection non sp('cilii|ue.
Symptômes. — Le début est habituellement lent, maniué jtar des iiiodidcatinns de l'état psychique et de l'état général, et par (les lidubb's moteurs. Le jtassage à la p(''rioili' d^'lal est |irogressif. On observe alors toute une série de syinpt(Mnes.
648 NEVROSES
1" TuouBLES DK LA MOTiufÉ. — Ils soiit cavactérisés par les mouvements choréiques, qui, (rabord limités aux doigls, gagnent plus tard la tète, la face, le cou, les membres. Assez souvent ils jinVlominent d'un côté, surtout du gauche. Ces mouvements sont incessants, rapides, existent an repos et pendant l'action, ne se modiiient pas sous rintluence de la volonté et disparaissent pendant le sommeil, sauf dans les cas graves. Le visage grimace; les doigts, les mains, les avant-bras sont animés de mouvements continuels de flexion, d'extension, de pronation, de supination, combinés de façons multiples ; de même les différents segments des membres inférieurs. Les muscles du pharynx et du larynx, le diaphragme, peuvent être intéressés; il en résulte des troubles de la déglutition, de la phonation (raucité de la voix, aphonie, alalie), du rytlime respiratoire.
La force musculaire est norinalc ou jilus souvent diminuée. Il n'y a })as d'atrophie musculaire. Les 7-é/îexes rotuliens et achilléens sont normaux ou presque toujours diminués (Joffroy). Ve.ïcita/jililé électrique des nerfs et des muscles est normale.
^" TaoLBLEs DE JA SENSiiuLiTÉ. — Il v a IVéquenHuent de la céphalée, de la rachialgie, des |>oints douloureux au niveau de l'émergence des nerfs rachidiens, des douleurs dans les articulations, dans les membres, des troubles divers de la sensibilité (anesthésie, analgésie, hyperesthésie partielles ou généralisées).
3° Troubles de l'état mental. — Le plus souvent ce sont des troubles cérébraux légers : caractère instable, excitable; agitation ; dépression des facultés intellectuelles. Quelquefois ce sont de vraies psychoses choréiques : délire d'agitation; halluciiiations de la vue, plus rarement de l'ouïe, rencontrées habituellement de douze à quinze ans ; folie choréique caractérisée l»ar de l'excitation maniaque, de la mélancolie, le délire des persécutions.
4" Troubles cardiaques. — On note de Varijfhm'to, (juebpiefois de la taclnjcardie. surtout dans les chorées moyennes et fortes (cliurt'i' (hi cieur) : des souffles inorganiques, des souffles organiques, en rapport avec uni' lésion milralc. plus larcmcnl avec une lésion aortique; des signes de />r//'7//Y/(7/', celle-ci UMtins fréipicnte. Ces cardiopathies se coinporlenl comme celles (hi rliiiinalisme articulaire aigu.
5" Troubles de l'état général. — Les malades sont pàh's, anémiés; les tilles deviennent parfois ehloroti(jues au moment de la
CHOREE 649
Ituberlé. La fièvre est rare et légère; mais il y a Aqs formes graves fcbriles.
Souvent il y a de la constipation, de la colite, de l'embarras gastrique. Il y a augmentation d<* Itirée et des iihosphates à la période d'état, diminution à la ])éiiode de déclin : lalbuminurie est rare (Triboulety.
Évolution. Terminaisons. — La période d'état persiste plus ou moins longtemps, puis la maladie décroît progressivement et aboutit à la guérison. La durée varie de 6 semaines à 3 mois. Mais il y a des formes prolongées à pous.sées successives, persistant cinq à douze mois; le passage à Tétat chronique est exceptionnel.
La mort ne s'observe que dans :2 à 3 p. 100 des cas et encore est-elle exceptionnelle avant douze ans. Elle est due tantôt à une complication cardiaque (péricardite, endocardite, embolie) ou à une infecfinn surajoutée (broncho-pneumonie, infection purulente, méningite), tantôt â la cliorée elle-même, et alors survient au milieu de j)hémonènes cérébraux, dans un véritable état de mal choréique.
Au cours de la chorée pciivint a|qiarailre des phénomèins. ijiii ont peiiuis de déci'ire une chorrc prirnlgliqui'. Celle-ci (•ouq)rend dinix ordres de faits i Blocq) : 1" la chorée molle, qui dure deux semaines à li'ois mois; 2" les paralysii's des chorciques : mono- |pli''gie, hémiplégie, paraplégie.
Pronostic. — 11 est toujours grave, non pas tant à cause de la chorée elle-même qu'à cause des complications cardiaques. <jui sont fré*pientes.
Diagnostic. — Le diagnostic de la chorée vulgaire est à faire :
1° Avec Yathélos*'^ les tremblements, les tics, les fausses chorées (chorée électri<|ue de Dubini. churée de Bergeron. myoclonies).
2" Avec les autres variétés de chorées :
a. Chorée hystékiqik. — Elle est généralement rythnàque : mouvemt'uts de natation, de danse, de malléation. etc. Huelque- Inis elle est arythmique et simule com|dètement la chorée de Sydi-nham: pour Charcol, il y aurait association de chorée et dbysti-rie. En sa faveur, il y a le début brusque après une émotion, l'existence de stigmates hystériques, la possibihté d'une terminaison brusque par une crise convulsive. la guérison rapide par l'isolement et le traitement p.«;ycholluMaiiique.
6b0 NÉVROSES
h. CUORÉE CHRONIQUE PROGRESSIVE DE HuNTINGTON. — Elle CSt
exceptionnelle chez Fenfant.
c. Chorées symptomatiques : hémichorée hémiplégique, chorée congénitale avec hémiplégie ou diplégie spasinodiques, etc.
Le diagnostic des 79«rfl/j/s?>s de la chorée est à faire avec la paralysie infantile, la jiaralysie diphtérique, la paralysie hystérique.
Entin, en présence dun enfant atteint des troubles psychiques décrits plus haut, il faudra penser à la chorée.
Traitement. — Le choréique sera isolé et placé dans les meilleures conditions hygiéniques possihles. On conseillera les frictions, les bains sulfureux, le massage, la gymnastique raisonnée.
Les médicaments les plus efficaces sont Voniipyrinc et V arsenic, sous forme de liqueur de Fowler, de liqueur de Boudin, qui seront donnés à doses croissantes et d'une façon prolongée. 11 est utile pendant ce traitement d'ordonner le régime lacté.
L'agitation, le délire, etc., indiqueront Temploi de Topium, du chloral. des bains chauds: It s paralysies, l'emploi delà strychnine, des courants faradiques, du massage.
Décrite par Ingrassias (1556), la scarlatine a été surtout bien étudiée par Sydenham, Bretonneau, Trousseau, etc.
Étiologie. — Rare avant un an, elle s'observe surtout de 6 à 10 ans, aussi bien chez les garçons que chez les tilles. Certaines races (race anglo-saxonne), certaines familles y send)lent prédisposées. Les climats, les saisons sont sans influence.
Elle se transmet par contagion directe et indirecte. Dans le second cas, le contage peut être transmis i)ar une personne saine (à condition qu'elle ait eu un contact prolongé avec le malade), par les tentures, les vêtements, les objets, les livres, les lettres, etc. Le contage est résistant et peut rester actif jiendant 3 mois et plus.
La période contagieuse commence dès le début de la période d'invasion, à la phase pré-éruptive, avec les premières manifestations bucco-pharyngées (Lemoine). Pour certains médecins, elle finit avec Téruption; d'après l'opinion classique, elle dure jusqu'à la fin de la des<piamation.
La transmission peut se faire par le lait ; on a observé eu effet des épidémies chez des personnes usant de lait provenant de fermes où il y avait des scarlatineux. Il faut noter |iar contre que les nourrissons peuvent être allaités [lar h'ur iihmc aftt'iiite de scarlatine sans contracter la maladie.
Bactériologie . — L'agent pathogène de la scarlatine est inconnu. On a décrit des germes mulliplfs -. mais la ])reuvc n'a été faite pour aucun.
Dates
/loûl 1906 1
Je;
KA
zn
Lfi rôle joué par le streptocoque dans la scarlatine a amené certains médecins (Fiessinger, Berge, etc.) à admettre l'origine streittococcique de celte maladie. Mais les nombreuses recherches modernes ont permis de conclure que les streptocoques isolés chez les scarlatineux étaient des streptocoques vulgaires, qu'aucun dVux n'avait de caractères sjiécifKjues, et qu'on ne pouvait assimiler la scarlatine aux érythèmes scarlatiniformes des slreptococcies.
Anatomie pathologique. — Dans Vépiderme les cellules malpighiennes sont tuiin'liées, vésiculeuses, creusées de vacuoles.
Le derme a ses vaisseaux dilatés, quelquefois rompus, et est infiltré d'éléments embryonnaires, surfout autour des follicules pi- It'ux et des glandes sudoripares.
Symptômes. — Lascarlatine irgulière a une incubation de 4 à o jours en moyenne; mais celle-ci i»eut ne pas déjiasser (juelques heures (7 à 24 heures) ou se prolonger pendant 20 à 40 jours (Rilliet et Barthez) ; ces derniers faits sont douteux.
1° Viyivasion est brusque, marquée par de la fièvre (40''-4i'), des frissons, des nausées, des vomissements bilieux et alimentaires, du mal de gorge, quelquefois des convulsions ou du délire. Le pouls est fréquent (120 à 180 suivant l'âge) et cette fréquence a une valeur diagnostique (Trousseau). La face est congestionnée ; la peau est sèche, brûlante.
Dès cette période, les amygdales, les piUers et le voile du palais ont une coloration rouge foncé et sont plus ou moins tuméfiés [puanlhème). La langue est sabnnali' ; b-s boids ft la pointe sont rouges, les papilles saillantes.
Celte période dure 12 à 24 heures.
2" Véruption (PI. 1) débute au bout de ce temps par un fin pointillé rouge, visible à la loupe. Puis clia(|ue point s'entoure d'une zone rftuge et réniptioii devient caractt-ristique. Elle est en granrls placards, dont les bords sinueux se continuent insensiblement avec la peau saine, de coloration rouge framboise, lie de vin, d'as|»ect granili'. dû ;i un poinlilb" tranchant «(ur le fond plus |»âle : elle dis-
Fii,'. 63. — .Scarlatine normale (entant de 12 ans).
paraît par la pression du doigt, par la traînée de l'ongle. Elle débute par le cou et la régiou pectorale, par le tronc, par la partie inférieure de Tabdornen et le haut des cuisses ; les mains et la l'ace sont alh'inles en dernier, et celle-ci est souvent indemne, surtout cliez les jeunes enfants. Elle présente son niaxinnim au niveau du cou, des plis de flexion articulaire, des aines, de la face interne des cuisses, (iénéralenient elle se généralise en 2 ou 3 jours, puis reste stationnaire pendant 24 heures, eniin décroit progressivement. Elle évolue au total en 4 à 6 jours.
Pendant ce temps Yénanthème, qui avait débuté par les amygdales, les piliers et le voile du palais, gagne la face interne des joues et les gencives : la muqueuse est rouge vif, framboisée. Quelquefois il y a un enduit pultacé sur la muqueuse buccale et amygdalienne. La langue (PI. I) se dépouille vers le 4* ou 5* jour, devient rouge sombre, hérissée de papilles, d'aspect framboise, plus tard lisse, vernissée ; vers le 12'' jour elle reprend son aspect normal.
La fièvre persiste sans rémissions (40''-41") et ne commence à décroître qu'au moment où l'éruption s'atténue ; la défervescence se fait progressivement et le retour à la normale a lieu du 8^ au 10'' jour. Le pouls est toujours accéléré, même avec une fièvre modérée.
11 y a de l'agitation, du délire, des convulsions, de l'anorexie, de la soif, de la constipation.
Les urines rares, colorées, denses, très acides, pauvres en urée, assez souvent albumineuses, donnent souvent la diazo-réaction ; puis, au 8« ou 10^ jour, le volume et l'urée augmentent.
3" La rff's^?<a7naf /on ne commence guère avant le lf>jouretpeut même être plus tardive. Elle suit une marche identique à celle de l'éruption : furfuracée à la face et en d'autres points, elle se fait ailleurs en lambeaux, surtout aux doigts, à la paume des mains, à la plante des pieds. Elle dure 1, 3, 4 et même o semaines.
Quelquefois, vers la 3^ ou la 4'' semaine, il se produit, d'après quelques auteurs, une rechute généralement bénigne.
Formes cliniques. — La scarlatine ne se présente pas toujours avec les caractères que je viens de décrire. Ses formes cliniques sont très nombreuses.
Je n'insisterai pas sur les modifications de détail, La période d'invasion peut manquer, ne durer que quelques heures eu se prolonger pendant 8 jours (Trousseau). L'éruption peai manquer,
(Mre atténuée ou au contraire très intense et se couvrir de pétéchies, se prolonger 8 à 10 jours ou ne durer ({ue 1 ou 2 jours. Quelquelois les troubles digestifs levètent une grande intensité et on a décrit une forme gastro-intestinale et une forme muqueuse.
D'une façon générale, on distingue, à côté de la forme normale, des formea héti ignés et des formes malignes.
1° Formes bénignes. — Ce sont les scarlatines frustes., dans lesquelles il y a de la fièvre, de Tangine, mais pas d'éruption ; — les scarlatines apyréliques, dans lesquelles réruption évolue sans fièvre, est généralement légère et écourtée (:2 à 3 jours).
â'^ Formes malignes. — Elles sont dues au terrain (prédisposition de certaines races, race anglo-saxonne par exemple, de certaines familles), à la virulence du germe (génie épidémique), aux infections secondaires. Elles peuvent être malignes d'emblée ou tardivement.
Formes malignes d'emblée. — Elles comprennent : a) la forme foudroyante : fièvre très élevée, pouls petit, très rapide, vomissements, excitation, agitation, insonuiie, délire, convulsions ; mort dans le coma en quelques heures à 2 jours, avec une éruption à peine ébauchée ; — b) h forme syncopale, avec tendance au collapsus, hypothermie, syncopes ; — c) la forme ataxo-adynamique avec prostration, délire calme, soubresauts des tendons, ballonnement du ventre, diarrhée ; — d) la forme hémorragique , très rare.
Formes malignes tardivement. — Les phénomènes graves n'apparaissent qu'après l'éruption et déterminent rapidement la mort.
Complications. — Les complications sont fréquentes; ce sont elles <pii. eu dehors des formes malignes, font la gravité de la scarlatine. Elles surviennent dans les formes frustes aussi bien que dans les formes graves et peuvent être précoces ou tardives. Attribuées longtemps à Faction exclusive du froid, de l'humidité, elles relèvent, i)Our beaucoup d'entre elles, dinfeclious secondaires dues notamment au streptoco(|ue.
Les complications les plus importantes se font dans le pharynx {angines de la scarlatine) ou ont leur point de dépari à son niveau (infections de voisinage, infections à dislance des séreuses, du systèuKi nerveux, de la i)eau, (lu rein); elles sont fat^ilitées par l'infection chronicpie du pharynx liée à l'hypertrophie de son lissu lyrii|ilmïdt' f|i. GO). Un autre groupe important est constitué par les
coinpUcatluns rénales^ qui relèvent souvent, pour une part au moins, de ces mêmes infections pharyngées.
A. Angines. — En dehors de Vanijine érythémaleuse, qui est un symptôme du début de la scarhUine (p. 6oi), on observe souvent des angines membraneuses el uk-t'ro-perl'orantes.
1^ Les angines membraneuses peuvent être précoces (période prodromique et éruptive) ou tardives (après le premier septennairej. Les cliniciens (Trousseau), puis les bactériologistes (VViirtz et Bourges) avaient considéré les ju-emières comme n'étant pas diphtériques, les secondes comme Tétant toujours. Il y a là une exagération ; en réalité les unes et les autres peuvent être dues soit au bacille de Lœftler, soit à d'autres germes, au streptocoque principalement; d'ailleurs, le bacille, quand il existe, est presijue toujours associé au streptocoque.
Les angines membraneuses non diphtériques, généralement à streptocoques, j)euvenl revêtir deux formes principales : a) une forme bénigne, dans la<pielle la membrane blanchâtre reste limitée aux amygdales, sans tendance à l'extension et à la reproduction, l'adénopathie est modérée, l'état général satisfaisant; elle guérit en trois ou quatre jours ; — b) une forme grave, maligne, septique, dans la(pielle les membranes, très adhérentes, reposent sur une muqueuse ulcérée et saignante, se reproduisent rapidement et s'étendent aux amygdales, au voile du palais, à la luette, à la face interne des joues; les ganglions sont très volumineux, la fièvre est élevée, l'état général grave et la mort fréquente.
Les angines membraneuses diphtériques se présentent généralement avec les caractères de la diphtérie maligne, toxique, de la streplo-diphtérie (p. 76).
S'^Lesanê'ines ulcéreuses et perforantes sont moins fréquentes que les précédentes. Cependant Méry et Halle en ont observé 25 cas sur 456 scarlatineux, en 1902. Elles sont presque toujours précoces, rarement tardives. Leur description a été déjà faite à propos des angines aiguës non diphtériques (p. 64). EUe-^ sont dues au streptocoque (Méry et Halle).
B. Infections de voisinage consécutives aux angines. — Du pharynx Tinfection peut s'étendre aux parties voisines et y provoquer des altérations généralement dues aux streptoco(|ues.
Les adénopalhies sont constantes. Elles peuvent aboutir à la suppuration (adéno-phlegmon du cou), généralement à la période d'état ou dans la convalescence.
La rhinite n>st pas rare et est précoce on tardive. !1 y a un jetaf<e muco-purulent. fétide. f|uel<juel'ois membraneux.
L'otitr moijenne est Iréfiuente. Sa forme bénigne, non snppurée, s'observe dans 33 p. 100 des scarlatines (Bader et Guinon) et guérit en quelques jours. Sa forme suppurée est plus rare (4.55 p. 100 des scarlatines. Bnrckardt et Guinon): elle peut se compliquer de mastoïdite, de pblébite des sinus, de méningite, d'abcès du cerveau.
La parotidite est rare. De même la laryngite et la bronchopneumonie. On eu a cependant exagéré la rareté: on voit parfois, au cours des angines, des laryngites diphtériques ou ulcéreuses, des broncho-pneumonies, d'un pronostic grave.
C. Infections a distance consécutives aux angines. — Ce sont des pleurésies, des p-lricardites, plus rarement des endocardites, des mijocardites.
Ce sont encore des arthropathies (pseudo-rhumatisme scarlalin), plus rares chez Tenfant (seulement dans 1 p. 100 des cas. Cadet de Gassicourt) que chez ladulte (Trousseau), dues au streptocoque, constaté dans les arthrites séreuses et suppurées. La forme séreuse à allures de polyarthrite aiguë est la plus fréquente. Les formes suppurées secondairement ou d'emblée sont plus rares et souvent mortelles. La forme osseuse (Sevestre, Richardière et Péron) est rare.
Ce sont encore des complications nerveuses, rares d'ailleurs : méningites otitiques ou indépi-ndantes d'une otite, hémiplégies, troubles mentaux, chorée, etc., dont la pathogénie est disculée.
Enfin, dans ce groupe, rentrent les éri/thèmes infectieux polymorphes, morbilliformes, parfois scarlatiniformes (pseudo-récidives) (Hutinel). le purpura.
D. Complications rénales. — L'albuminurie précoce, fébrile, se rencontre avec une fréquence variable : presque constante pour Lecorché et Talamon, elle est rare pour Cadet de Gassicourt, Hutinel, R. Labbt'. Elle débute à un moment variable, est peu abondautf et disparait après un ou deux jours.
Plus imjtortante est Valbuminurie tardive, qui apparaît vers la deuxième ou la troisième semaine, quelquefois plus lard, jamais après six semaines. Elle est rare (Jaccoud). Ses symptômes sont ceux des uéithrites aiguës (p. 45:2) : o»dèmes, modifications des urines, accidents urémiques, etc. ; ils sont en rapport avec les troubles de la fonction rénale : dans un cas. que j'ai observé avec
Darré, il y avait intention de 1 uréf alors qne le ehlonire de sodium séliniinail nornialenienl. Elle |ienl ètie r"i|iidenient mortelle par urémie ou par œdènit- |il('iiio-|iiilmniijiiir. Plus souvent clli' ^ui'ril en deux à six semaines, (ji-pcnilant i-llt- |iersislf parfois [M'iidant dt's mois et des années et passe à I l'tat rlMoni<juc: d jiutres lois elle se transforme en albuminurie intermittente (Anhertin) mi disparaît, mais réap[»arait plusieurs années après.
On peut observei' encore i|uelquefois, jx-ndanl la eonvalescen» e, nue lnhnnturie passagère, une auuru: simple, de Vannsarque sans albuminurie.
Les lésions sont celles des néphrites : néphrite congestive jiour l'albuminurie précoce, gros rein hyi)erhémi(iue ou li(''morragi<)ue, ou bien gros rein blanc mou tpdémateux pour ralbuminurie tardive (|>. 451).
Les causes de l'albuminurie précoce sont les menus que dans toutes les pyrexies. Celles de Talbuminurie tardive résident surtout dans les infections à streptocoques; ces germes ont été en effet fréquemment décelés dans l'urine (Babes. S]iolverini). Le froid, ralimentatiou jouent un rôle adjuvant, dont limportance ne doit pas être méconnue.
Pronostic. — Le pronostic déiiend du terrain, du gi'-nie épidémique, des complications. Ya\ dehors des formes graves, il y a toujours à craindre la persistance d'une susceptibilité rénale, (jui se révélera plus tard à l'occasion des grossesses, des maladies aiguës, des intoxications, etc.
Diagnostic. — 1° A la péri odo cT invasion, on pourra pensera une pneumonie, à une méningite, à une angine simple, etc. Les autres fièvres éruptives, rougeole, variole, rubéole, n'ont jias le même début.
2" A la période d'éruption, le diagnostic est à faire avec les diverses fièvres éruptives, qui ont leurs caractères spéciaux, avec les érifthèmes infectieux scarlatiniformes (rash de la variole, de la varicelle, érythènies slre|itococciques, etc.); avec les éruptions médicamenteuses (atropine, chloral, etc.) qui sont fugaces, apyrétiques; avecVéry thème scar la tini forme récidivant.
Le iliagnostic est particulièrement délicat dans les formes frustes: la naliue scailatineuse de nondire d'angines n'est souvent reconnue qu a l'appariliou ultérieure de la desrpiamation, ou au dév(doppemeut chez d'autres eid'ants. mis en eonlacl. de scarlatines manifestes.
NoBKCOuriT. — Pri'rris de médecine infantile. 42
Traitement. — ■ i" Scaklatine normale. — L\»nfant sera isolé dans uue cliamhrc aérée, à U^JS", et ne surliia jias avant 35 ou 40 jours. On le mettra au régime lacté absolu jusqu'à la fin de la période fébrile, puisa une alimentation légère dépourvue de sel (Dufour, Pater), comprenant, suivant Tàge, du lait, des potages au lait, des pâtes, des entremets sucrés, des œufs, de la viande, jusqu'à la fin de la descjuamation. Avec ce régime la courbe des poids augmente régulièrement, au lieu de rester slationnaire comme avec le régime lacté, et la népbrite n'est pas [dus fréquente. La suppression du sel n'est pas toujours nécessaire, et j'ai pu sans inconvénients l'ajouter à T alimentation })récédente.
On donnera des bains lièdes (30° à 3:2°) pour calmer la fièvre et pour nettoyer la peau : on fera une antisepsie rigoureuse du nasopharynx (lavages de la gorge, huile mentholée ou camj)hrée dans le nez, etc.).
2" Scarlatines graves. — On instituera le traitement hydrothérapique pour lutter contre l'hyperthermie : enveloppements frais et humides du tronc, lotions froides, drap mouillé, bains tièdes ou froids, toutes les 3 heures, si la température atteint et dépasse 39'^5. .
On calmera l'excitation nerveuse par les bromures, le chloral. On combattra le coUapsus par l'acélate d'ammoniaque, le café, l'alcool, les injections d'élher, d'huile camphrée, de caféine.
3° Les coinpiications comportent chacune leurs indications spéciales.
Prophylaxie. — Le malade sora isolé jusqu'à la fin de la période de dcsijuamation; cependant ce n'est j)as là une limite toujours suffisante ; ou doit prolonger l'isolement au moins pendant 40 à oO jours, et, au cas de suppuration du nez et de l'oreille, deux à Irois mois (Netter). Les garde-malades prendront les précautions habituelles (i)ort de la blouse, désinfection des mains, des linges, etc.). Les enfants qui ont été exposés à la contagion seront isolés pendant G jours.
La rougeole, dilïéreuciée ncttemcnl de la scarlatine pai' Sydenliam, Borsieri, etc., est la plus commune des fièvres éruptives lie l'iMifaiice.
Étiologie. — La rougeole est suiiout l'ixMjuenle de 2 à 5 ans; elle est rare avaiil G mois, el il seirilile même ({ue les noqri'isisons jouissent (Tune ceilain(^ iiiiimtniié. Ce[)endant il y a des cas (ï infect ion cungniilale^ la rougeole existant à la naissance ou apparaissant quelfiues jours après chez des enfants dont la mère est atteinte de rougeole.
Il ny a pas d'immunité naturelle, mais une immunilr acquise ; les récidives sont excejilionnelles,
La rougeole naît par contagion, et le contage est très dilîu-, sible. La contagion se fait soit directement ^ par contact avec le malade, soit indirectement (Grancher), par Tliomme ou par les objets servant au malade; mais pour que la contagion indirecte se réalise, il faut d'une part un contact prolongé entre Tintermédiaire et le malade, d'autre part un intervalle très court entre les contacts de l'intermédiaire avec l'infectant et avec l'infecté ; en ville les faits de transport par le niédecin sont exceptionnels, tandis qu'ils sont fréquents dans une salle d'hôitital par les inlirmières.
La rougeole est con/rtf//euse trois à quatre jours avant C éruption^ surtout le deuxième jour (Bard) ; elle cesse de l'être quand réruj)tion disparaît. Le contage se diffuse par le mucus nasal et par les larmes (inoculations [lositives), mais non par les squames épidermiques (inoculations négatives).
La résistance du contage est faible et de courte durée.
La rougeole est endémviue; elle prend à certains moments le caractère épidcmique. Les épidémies se diffusent rajiidement à une ville, à une contrée, puis cessent au bout d'un temps relativement court. A Paris son maximum de fréquence est au ]irintemps el en été.
Malgré de nombreuses recherches bactériologiques le ger^ne pathogène de la rougeole reste inconnu.
Symptômes. — 1° Période d'incubation. — Elle connnence au moment de la contagion. A partir de ce moment ou compte 8 à 10 jours justprau début de la [tériod»» d'invasion, 13 à 15 jours jusqu'à l'éruption, (liiez les nourrissons elle peut allendre 18 ou lu jours.
dette [MMiode est silencieuse. Ce|)eudant on |»eut observer une baisse de poids commençant 4 à 5 jours après la contagion, c'està-dire 5 à 6 jours avant l'apparition des phénomènes d'invasion (H. Meunier), el une hgperleucocytose polynucléaire (Combe).
2° Péiuode d'invasion. — La lièvre apparaît et atteint 38°5-39° :
Fi