Rougeole normale 'enfant de 2 ans
généralement elle rcvèl le type rémittent avec défervescence matinale incomi»lèle; elle jieut flisparaitre passagèrement. En même temps Fenlant devient grognon, ses yeux sont rouges et
larmoyants; il a de la photophobie; par les narines sV'coulc un mucus clair, abon- (h\nt; il y a de renrouement et une toux sèche, un peu rauque, incessante, pénible.
Les muqueuses buccale et pharyngée sont rouges et présentent un fin piqueté plus foncé {énanthème). Il peut y avoir de la stomatite érylhémalo-pullacée (Comby), de Vangine pultacée (R- Saint- Philippe), ou de petites taches rosées centrées d'un point lili'uàlre à la face interne des lèvres et des joues {signe de Koplik) : aucun de ces signes n'est constant ni pathognomonique. Cette période dure 3 à 5 jours.
8° Péiuode d'éuuptio.n. — L'éruption (PI. I) débute par la face,
sur le front, derrière les oreilles; puis elle envahit l)rogressivement de haut en bas le cou, le tronc, les membres supérieurs, les membres inférieurs ; elle met deux jours à se constituer.
Cest d'abord un lin pointillé rougeàlre ; puis ce sont des taches roses, peu saillantes, irrégulières, qui s'étendent et sunissfMil enlie elles, mais hiissi'iil toujours des intervalles de j)i'au saine: elles peiiveul (lc\eiiir eonlluentes et former de graïKb's pla<]ues rouge vif. mais ;i la limite il y a toujours des éléments isolés caraclt'iistiques. A partir du 8'' jour, I l'i iiplion diminue: elle disparait au 4" ou S*" jour.
La /ievre sélève avec réinption et a son maxiuinin (89''-41'') en
Dates
ife/ 1906
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Fig. 05. — Roufreole normale (entant de 3 ans.)
même temps que celle-ci atteint sou acmé: puis elle baisse en lysis et disparaît en 2 à 5 jours; rarement sa terminaison est hruscjne.
Les autres symptômes de la période d'invasion, catarrhe oculouasal, pliotophobie, toux, etc., s'exacerbent avec Téruption. Il y a des râles de bronchite, souvent de la diarrhée. L'albuminurie est rare; pour Guinon et Auclair elle existe dans un tiers des cas.
4" Péridde TEiiMi.NALE. — Elle comuience avec la disparition de ia lièvre et de réru|»tion. Il y a généralement une desquamation furfuracée^ qui débute au 6''-7' jour de Téruption et reste limitée à la face, au cou, à la ceinture.
La convalescence est rapide.
Peudant révolution de la rougeole normale, chez les enfants soumis au régime lacté, le poids diminue à i)artir du début de Téruption, la diminution atteignant son maximum du 5^ au 6" jour ; jiuis il augmente ou reste stalionnaire. Quant aux urines, il y a d'abord oligurie, puis polyurie du S*' au ()" jour ; il y a d'abord peu d'urée, puis augmentation du 9" au 12" jour; l'élimination du NaCl est normale (Nobt'court, G. Leven, Pr. IVIerklen). Dans les premiers jours la quantité d'urée éliminée est sensiblement la même, que l'enfant ingère du lait ou sim|)lement de l'eau. Dans ce derniei- cas, la chute du poids est beaucoup plus marquée (ju'avec le régime lacté ; mais la différence cesse d'être appréciable, si on fait ingérer une certaine quantité de NaCl, laquelle est d'ailleurs bien éliminée (Nobécourt et Pr. Merkien).
Formes cliniques. Rougeoles anomales. — A. Ancmalies DB LA PÉRIODE DiNVAsiON. — Cette période peut se jirolonger pendant (5 à 8 jours (Trousseau).
B. Anomalies delà péiuode D'ÉuiPTmN. — L'éruption peut être houtoyineuse, ecchxjmotique (quand il y a en même temps la toux quinteuse de la coqueluche), s'accompagner de miliaire^ de sueurs. Elle peut être confluenle au point de simuler la scarlatine ou très discrète. Elle peut évoluer en deux poussées, se développer et rétrocéder dans un ordre différent du normal (face prise secondairement). Mais ce sont là des anomalies de détail.
C. Formes tenanf a l'évolution générale de la maladie. — 11 y a des formes bénignes (formes frustes, forme abortive) et des formes graves, malignes (forme nerveuse, forme suffocante, forme hémorragique).
Complications. — Ce sont les complications dues aux infections secondaires qui font la gravité de la rougeole.
Dates
Juillet 1906 I
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Fitr. 66. — Rougeole, forme bénigne 'enfant de 2 ans 1 '-2).
1" Appareil respiratoire. — Les complications porlanl sur rappareil respiratoire sont les plus fréquentes et les plus redoutables. Le catarrhe morbilleux des voies su|iérieures prédispose en effet
aux inlectluns socondaires (Bard, Gontier, Granclior. Scvestre.
Hulinel, etc.) soil par des germes spécifiques (B. de Lipffler, B. de Koch, etc.), soil par des bactéries banales (streptocoques, pneumocoques, staphylocoques, pneumobacilles de Friedlander, bacilles de Pfeiffer, etc.). Suivant les cas il s'agit d'une hétéroinfection ou d'une auto-infection ; dans ce cas, la rougeole exalte la virulence des germes de la bouche et des voies respiratoires, surtout chez les enfants dont le tissu lymphoïde du pharynx est h)']iertrophié et chez ceux qui ont eu antérieurement des infections des voies respiratoires (Hutinel).
Parfois ces infections réalisent de petites épidémies et frappent successivement les enfants d'une même famille ou d'une même salle d'hôpital. Elles surviennent surtout au-dessous de 3 ans, principalement dans les hôpitaux, et peuvent précéder, accompagner ou suivre l'éruption. La coexistence d'une épidémie de grippe augmente leur fréquence.
Nez et naso-pbarynx. — On peut observer la rhinite et la rliinn-phnryiujite purulente, surtout chez les adénoïtHens, consécutivement des olites moyennes, généralement suppurées et doubles, qui se compliquent <iuelquefois de mastoïdite.
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Ma/ 1906
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Rougeole et broncho-pneumonie (enfant de 14 mois).
Larynx. — A la période irinvasion la lan/iujiie [kmU revêtir les allures de la laripif/ite stridiileuse, du fcnix croup (Seveslre et Bnnnus). Pendant ou ajtrès rérii|ition peuvent appaïaîlre des
Fig. 68. — Rougeole et broncho-pneumonie ("enfant de 3 ans).
laryngites ulcéreuses graves (p. 286) ou la laryngite diphtérique : celle-ri pouvant être primitive, se développer sans angine antérieure, le diagnostic est souvent difficile entre ces deux variétés. Bronches et poumons. — La bronchite, phénomène constant, prend parfois une intensité inaccoutumée et se complique de
Fig. 69. — Rougeole et broncho-pneumonie ^enfant de 4 ans).
congestion pulmonaire, de bronchite capillaire, de bronchopneumonie (p. 307). Celle-ci revêt, suivant les cas, la forme suraiguë, la forme aiguë, la forme subaiguë et s'accompagne alors de dilatation des bronches [phtisie pneumonique worbillruse de Carrette, broncho-pneumonie pseudo tuberculeuse d'Hutinel). Tuberculose. — Elle se dévelop]»e assez souvent dans le décours de la rougeole; le plus souvent il s'agit du réveil d'une tuberculose
latenlp et non d'nne contagion récente. On voit alors la fièvre se montrer de nouveau après 8 à 15 jours d'inlerru]»lion etraffection évoluer souvent d'une façon aiguë.
Coqueluche. — L'association de la coqueluche et de la rougeole est assez fréquente : lantùl la rougeole comidique la coqueluche, dont les quintes s'atténuent généralement pendant l'éruption piour reprendre ensuite, tant(M la rougeole est la première en date. La rougeole accompagnée de coqueluche jieut être ecchymotique. Cette association est souvent d'un mauvais pronostic, car elle facilite grandement les complications respiratoires.
Adénopathie trachéo-bronchique. — Elle est constante, mais généralement ne donne lieu à aucun symptôme ou se traduit seulement par un peu de rudesse respiratoire à la racine des hronches. Quand elle est plus marquée, elle est consécutive aux complications broncho-pulmonaires ou de nature tuberculeuse.
Pleurésie. — Il s'agit habituellement de pleurésie purulente totale ou localisée complicanl la broncho-pneumonie.
2° Appareil digestif. — Les comj)lications du côté de cet appareil sont plus rares et généralement moins graves que les précédentes.
On peut observer les diverses variétés de slomaliles et notamment les stomatites ulcéreuses (p. 20), la gamjrène de la bouche, le muguet; — des angines., — des entérites quelquefois cholériformes ou dysentériformes, surtout chez les enfants atteints de troubles digestifs antérieurs.
3" AuTftES coMPLicATiOiNs, — Au cours des broncho-pneumonies et des otites peuvent apparaître des complications méningées (méningite séreuse ou j)urulente), la phlébite des sinus.
On voit encore des conjonctivites purulentes, — des vulvites simples ou à gonocoques, — des abcès cutanés, \a gangrène de la jjeau.^ des érgthèmes, qui peuvent précéder rérujjtion (érythèmes prémorhillenx) ou lui être consécutifs et sont liés généralement à des infections surajoutées (Hulinel), etc.
Pronostic. — Le pronostic de la rougeole est variable :
1" Avec les pays et avec les milieux : elle est généralement bénigne à la canq»agne, plus grave dans les grandes villes (à Paris, elle lue un millier d'entants clu^iue aimée); elle est plus bénigne chez les enfants soignés en ville que dans le milieu hospitalier.
2° Avec le génie épidémique, consistant soit dans une gravité spéciale de la rougeole, soit dans l'existence d'épidémies associées (g'''l»l>e).
3" Avec les sujets : elle est surtout p-ave au-dessous de 2 ans, chez les enfants débilités, chez les enfants atteints antérieurement de bronchite, de broncho-pneumonie, d'entérite, de tuberculose, etc.
4° Avec les complications^ notaiumcnt avec les complications respiratoires, qui règlent en grande partie le pronostic.
Diagnostic. — Le diagnostic, qui peut être sou|)Çonné à la |>ériodi' (Tinvasion, ne |ieut être affirmé qu'au moinenl de l'éruption. Celle-ci est la plu[>art du temps caractérislitjue. Elle est à distinguer de la rubéole (p. GG7), des roséoles, des érythèmes morbilliformes infectieux ou toxiques (p. 677), de la scarlatine.
Prophylaxie. — Les enfants atteints de rougeole seront isolés. L isolement, pour être utile, doit être fait dès le début de la période d'invasion; il n'y a aucune utilité à le prolonger plus de 1o jours après le début de l'éruption.
Il faudra de plus isoler les enfants suspects de roui/eole pendant les 15 jours qui suivent le moment de la contagion possible.
Chez les enfants atteints de rougeole, il ne faut pas se borner à l'isolement en bloc, il faut aussi réaliser Cisoleinent particulier des enfants atteints d'infections secondaires, noiammentde broncho-pneumonies; on diminuera ainsi beaucoup la mortalité par rougeole : par ce procédé, elle est tombée, à rhosjdce des Enfants- Assistés, en dix ans, de 50 p. 100 à 12 p. 100 (Hutinel).
Traitement. — Le traitement de la rougeole normale est simple. L'enfant est mis dans une pièce bien aérée, à une température de 15" à 17°, et maintenu au lit. On prescrit du lait, ou même uniquement de l'eau ou des tisanes chaudes pendant les 3 ou 4 premiers jours, pour les raisons que nous avons développées avec Prosper Merklen; dès que la fièvre est tombée on revient à l'alimentation normale. On ordonne une potion à l'acétate d'ammoniaque. On veille à la propreté de la peau (bains chauds s'il est nécessaire), de la bouche et de la gorge (lavages), du nez (instillation d'huile mi'ntbolée ou camphrée). Chez les enfants qui ont une bronchite un peu intense et présentent des menaces de bronchopneumonie, il ne faut pas hésiter à donner des bains lièdes.
Les complications comportent chacune leurs indications thérapeutiques.