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X. — RHUMATISME ARTICULAIRE AIGU

Le rh\unatisme articulaire aigu franc, maladie infectieuse probablement spécifique, n'est pas spécial à l'enfant; mais il revêt chez lui des caractères particuliers importants à connaître.

Étiologie. — Le rhumatisme articulaire, qui a son maximum de fréquence chez l'adulte de i20 à 25 ans, est rare avant 5 ans et surtout au-dessous de 2 ans. Un certain nombre d'observations plus ou moins douteuses ont cependant été recueillies chez des nourrissons (Joukowsky, Dupont, etc.). Après 5 ans il augmente progressivement de fréquence, pour atteindre son maximum (70 j). 100 des cas) de 10 à 15 ans. Le sexe n'a pas d'influence appréciable.

Vhérédité rhumatismale crée une prédisposition manifeste ; il n'est pas rare d'observer chez les ascendants ou chez plusieurs frères et sœurs le rhumatisme ou des cardiopathies.

Les causes occasionnelles sont le froid à action brutale ou à action lente, surtout le froid humide, la fatigue^ le .^untu'natje^ etc. Elles interviennent non seulement dans la production de la première atteinte, mais surtout à propos des récidives et des rechutes, qui sont fréquentes.

Anatomie pathologique. Bactériologie. — Les arthropalhies ne présentent rien de spécial à Tenfance.

Les germes incriminés sont multiples : bacille d'Achalme-Thiroloix, diplocoque de Triboulel-Coyon, streptocoques.

Symptômes. — Le rhumatisme articulaire débute généralement dune façon insidieuse par du malaise, de la fatigue, des douleurs vagues; plus rarement à la façon d'une maladie générale aigui', ou (remhlée par les arthropalhies. Assez souvent le début est marqué par une angine.

Les arthropalhies^ qui constituent chez l'adulte le phénomène saillant du rhumatisme, sont loin d'avoir la même importance chez l'enfant. Dans les cas les plus typiques, le rhumatisme envahit un plus ou moins grand nombre d'articulations, les cous-de-pied, les genoux, les coudes, les épaules, etc., qui sont tuméfiées, déformées par un épanchement intra-articulaire et de l'œdème périarticulaire ; il détermine la coloration rosée des téguments^, une douleur vive des jointures, spontanée et réveillée par le moindre mouvement ou attouchement ; les tluxions articulaires sont mobiles et évoluent rapidement. Mais le plus souvent, dans le rhumatisme infantile, les articulations sont peu touchées; l'hydarthrose, l'œdème, la coloration rosée sont peu marquées ; les articulations atteintes sont peu nombreuses; la tendance à la mobilité des fluxions est moins marquée; souvent les petites articulations des poignets, des doigts, des vertèbres cervicales (torticolis rhumatismal) sont intéressées de préférence aux grosses, et le rhumatisme a une tendance à s'y localiser.

La fièvre est généralement modérée (38°, 5), bien que dans les formes intenses elle jinisse atteindre 39°, 5-40°; elle a une courbe irrégulière. Le pouls présente une accélération en rapport avec la temjiérature. Les sueurs sqnt moins abondantes que chez l'adulte. h' anémie est marquée; Vexamen du sang décèle une diminution du nombre des globules rouges et de l'hémoglobine, une leucocylose légère avec hyperpolynucléose. Les urines sont peu abondantes, rarement albumineuses.

Manifestations viscérales. Complications. — i° Rhuma-

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TisME CARDIAQUE. — Lcs (léterminatioDS cardiaques du rhumatisme articulaire aigu inlanlile sont fréquentes, même dans les formes atténuées en tant que localisations articulaires, et en constituent la gravité. Ce sont ï endocardite aiguë (p. 418) et ses aboutissants les lésions valvulaires chroniques (p. 409); la péricardile aiguë (p. 423) et la symphyse cardiaque (p. 414); la myocardilc aigui^ (p. 429).

Dans leur ensemble les complications endocardiques et péricardiques surviennent dans 80 à 91 p. 100 des cas (Barthez et Sanné, D'Espine et Picot. Cadet de Gassicourt, H. Barbier). Les manifestations cardiaques cliez Tenfant font exception à la loi de Bouillaud, en ce sens qu'elles sont fréquentes même dans le rhumatisme léger et partiel, et ne sont pas Tapanage des formes intenses et généralisées.

2° Rhumatisme pi.euko-pui.monaiue. — Comme chez l'adulte on peut observer l'œdème aigu du poumon, la congestion pulmonaire aiguë (pneumonie rhumatismale), la pleurésie séro-fibrineitse.

3° Rhumatisme DU système nerveux. — Le rhumatisme cérébral est plus rare chez l'enfant que chez laduUe. On n'observe guère la forme suraiguë (apoplexie rhumatismale de Stoll) ni la forme subaiguë, caractérisée par un état de mélancolie avec stupeur: on rencontre principalement la forme aiguë, délirante et méningitique, avec ascension brusque de la température à 41°, délire. hallucinations, raideur de la nuque, etc., qui se termine par la mort dans le coma en 2 ou 3 jours ou par la guérison.

Le rhumatisme spinal est exceptionnel.

La chorée est fréquente ; ses rapports avec le rhumatisme sont étudiés à propos de cette maladie :p. 647).

4" Rhumatisme de la peau. — Les érythèmes, les œdèmes pseudo-phlegmoneux, qui ont été décrits, relèvent généralement des pseudo-rhumatismes.

Les nodosités sous-cutanées de Meynet sont plus fréquentes chez Tenfant que chez Tadulte (Lindemann). Ce sont de petites tumeurs sjyhériques, grosses comme une tète d'épingle ou une noisette, peu douloureuses, qui se développent sous la peau, au pourtour des articulations, en nombre plus ou moins grand (jusqu'à 50). Elles surviennent généralement dans les formes graves, au déclin de la maladie, et sont d'un mauvais pronostic. Elles seraient dues à de petites embolies capillaires (Nepveu).

5" Rhumatisme des voies digestives. — Vangine rhumatismale est assez fréquente ; c'est une angine érythémaleusc frappant les amygdales et les piliers antérieurs du voile du palais, douloureuse.

Évolution. Pronostic. — L'attaque de rhumatisme chez Tenfant est souvent fugace en tant quarthropathie. Mais il ne faut pas considérer la maladie comme terminée par la disparition des manifestations articulaires, car au bout de quelques jours on voit fréquemment apparaître les symptômes cardiaques. Le rhumatisme est d'ailleurs une affection à rechutes et à récidives se faisant à intervalles plus ou moins éloignés.

Si \& pronostic immédiat du rhumatisme est favorable, la mort étant exceptionnelle, le jjronoslic éloigné est mauvais à cause des cardiopathies, qui en sont si souvent la conséquence; il y a cependant des endo-péricardites, qui évoluent au milieu de phénomènes fébriles et aboutissent à la mort en quelques mois (p. 420).

Diagnostic. — Le rhumatisme est facilement méconnu chez l'enfant, si on n'est pas prévenu de la fréquence des formes latentes. Souvent le diagnostic ne sera fait que d'une façon rétrospective, si l'on constate une cardiopathie ou une chorée.

Le diagnostic est à faire avec les ostéites juxta-épiphysaires^ la maladie de Barloiv, les pseudo-rhumatismes infectieux.

Traitement. — L'enfant sera maintenu au lit même dans les formes très bénignes pendant une quinzaine de jours au moins, jusqu'à ce que toute menace de complication cardiaque soit éliminée. Les articulations seront enveloppées d'ouate. On donnera du lait et une alimentation légère.

Le médicament de choix est le salicylate de soude donné par la bouche à doses variables suivant l'âge et avec les précautions habituelles, ou encore le salicylate de méthyle en applications locales. Son emploi sera prolongé jusqu'à guérison certaine de l'attaque.

Les complications ont leur traitement spécial, en particuUer les cardiopathies.

Pendant la convalescence, l'hygiène de l'enfant sera surveillée. On prescrira un régime tonique, le fer, l'arsenic, les frictions sèches ou alcooliques, le massage et au besoin des cures hydrominérales dans les stations chlorurées sodiques chaudes.

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