‹ Précis médecine infantileChapitre 229 sur 266 · vTJ · texte numérisé non relu

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?. — Tuljcrculosc. Réaction au sérum artificiel i Bertlierand).

B. Procédks expékimentalx. — Leur valeur diagnostique a élt' bien étudiée par Bertheiand (1899), Mettelal, etc.

a. Injections sous-cutanées de sérum artificiel à 7 p. 1000 (Hulinel), à la dose de 20 à 100 centimètres cul)es suivant Tàge; elles jtrovoquenl une élévation de température de 1° à 2°,o

(fig. 77) ; elles ne peuvent être utilisées qu'au cas dap}lexie complète.

b. Injections de liibercuUne aux doses de 0 milligr. 03.- U milligr. 1,-0 milligr. 2 (Hutinel). qui provoquent une ascension thermique, mais qui nécessitent également 1 apyrexie préalable.

c. Séro-diaç/nostic d'Arloing et Courmont.

d. Jn os cop ie (ioussel), inoculations de sanij au cobaye,

lullurr du sang. Ces procédés sont difticilement apjilicahles chez les jeunes sujets à cause de rimpossihililé de se procurer une quantité suffisante de sang.

Recherche du bacille de Koch dans les crachats, dans le contenu gastrique ou da)is les matières fécales; elle nest positive <|u"au cas de tuberculose iutestiualeou j>ulmonaire ouverte [\i. 346).

Pronostic. — La tuberculose de Tentant est curable ou tout au moins peut rester latente, comme le montre la fréquence aux autopsies des tubercules pulmonaires et des ganglions Irachéohninchiques fibreux ou crétacés. Mais, quand elle est décelable cliniquement. elle lest surtout dans ses formes localisées osseuses., ganglionnaires, articulaires, pleurales, péritonéales, beaucoup l>lus rarement dans ses formes localisées pulmonaires.

Les formes généralisées chroniques et aiguës sont pres(]ue toujours incurables.

Dune façon générale, la tuberculose est d'autant plus grave que Tenfant est plus jeune.

Prophylaxie et traitement. — A. La pro/>hg/(ti-ie découle des conditions étiologiques :

1° Il faudra placer les enfants dans les conditions hygiéniques les meilleures : logements aérés, vie au grand air. exercice cou-

veuable. pas de surninnaj^'e. alimentation réglée d'après l'âge. Chez ceux qui sont prédisposés à la tuberculose du fait de Thérédilé ou des autres causes prédisposantes, on augmentera les précautions : vie à la campagne, séjours au bord de la mer, liydrothérajtie froide, frictions, huile de feie de morue, suralimentation (œufs crus, viande crue, etc.). Une mère tuberculeuse ne doit jias allaiter son enfant, dans lintérèt des deux.

2° Il faudra éviter les contagions, d'une part, en éloignant soigneusement de Tentourage de Fenfant, les parents, les domestiques tuberculeux, et en le faisant vivre dans les conditions nécessaires pour éviter l'inhalation des bacilles: d autre part, en veillant à l'alimentation et en ne faisant ingérer que du lait bouilli ou stérilisé, si la vache laitière n'est pas tuberculinée jiréalablement.

B. Le traitement est surtout efficace dans les formes localisées; il a été étudié à pail pour chacune d elles.

Les formes généralisées sont beaucoup plus rebelles. Dans les formes chroniques, rencontrées surtout chez les nouriissons. ou prescriia la camiiagiie, le grand air, rallaitemeut par une bonne nourrice, et. si leufaiit a dépassé 6 à 8 mois, on pourra tenter l'usage de la viande crue (mouton ou cheval) pulpée à doses variables suivant l'âge (o à 60 grammes). Dans les formes aiguës, le traitement est surtout symptomatique: cependant, dans l'espoir de voir la maladie tourner court ou se ralentir dans son évolution, on prescrira l'aérothérajtie. la viande crue, la suralimentation, autant que Tefat fébrile le permettra.

Xili. — SYPHILIS

La syphilis de reniant est le plus souvent hérédilaire. cpielquefois acquisp. Je ne l'envisagerai ici qu'en tant que maladie générale, les dilTérentes localisations viscérales ayant été étudiées à propos de chaque oigane.

A. — Syphilis héréditaire.

Les enfants nés de parents syphilitiques peuvent présenter soil des accidents spécifiques, s'ils sont en période contagieuse {liérédo-confaqion , soit simplement des troubles non spécifiques, parasyphililiques, si leur syphilis est atténuée par l'âge

OU le traitement {hérédité dijstrophique). D'ailleurs, tous les enfants des syphilitiques ne sont pas l'oreément syphilitiques.

Étiologie. — La syphilis héréditaire est due, suivant les cas, à la syphilis du père, à celle de la mère ou à celle des deux générateurs.

1° La SYPHILIS PATERNELLE agit au moment même de la fécondation de Tovule par le spermatozoïde, la mère étant indemne; c'est là d ailleurs un cas rare, et le plus souvent la mère infectée sert d'intermédiaire entre le père et l'enfant: suivant la période de sa syphilis, le père transmet des accidents spécifiques ou des stigmates dystrophiques.

:2"^ La SYPHILIS maternelle peut :

a. Exister avant la fécondation. — Suivant son ancienneté, la mère transmet des accidents spécifiques ou des stigmates dystrophiques.

b. Être due à la fécondation {si/fihilis conceptionnelle), la syphilis étant transmise à la mère par l'enfant, vers le S*" mois, par infection sanguine trausplacentaire ; il s'agit avant tout pour l'enfant dune syphilis d'origine paternelle.

c. Être postérieure à la fécondation, c'est-à-dire être contractée pendant la grossesse. Son action sur l'enfant varie avec le moment où la mère a contracté la maladie : suivant qu'elle l'a contractée du 2^ au 5*^ mois, ou du 5' au 7*^ mois, ou du 7*= au 9'' mois, l'enfant prend fatalement la syphilis, ou y échappe (juelquefois, ou naît sain.

3° La SYPHILIS Di PÈRE ET DE LA MÈRE rend presque certaine celle de l'enfant, qui i^résentera toutes les formes de l'hérédo-contagion et de l'hérédité dystrophique. •

Enfin, on peut ohserver la si/philis héréditaire à la deuxième génération, le jière ou la mère, nés de parents syphilitiques, étant indemnes de syphilis acquise ; elle consiste uniquement en stigmates dystrophiques.

Symptômes. — Quand la syphilis héréditaire se manifeste pendant la vie intra-utérine, elle provoque fréquemment l'avortement du 4'' au 7" mois, ou, à une période plus tardive, l'accouchement prématuré. Tantôt le fœtus n'offre aucune lésion appréciable, tantôt il est mort et macéré ; le placenta présente des caractères spéciaux; les organes (foie, poumons, reins, etc.) peuvent contenir des lésions spécifiques.

Si l'enfant nait vivant, plusieurs éventualités p3uvent se pro-

(luire : 1" les lésions syiiliilitiques existent à la naissance [sijphilis du nouvpau-né\ 2" elles apparaissent dans les trois premiers mois [si/pliilis infantilp héréditaire précoce) ; 3" elles apparaissent à un âge plus ou moins avancé {sxjphilis infantile héréditaire tardive).

1° SvPHU-is DU NoivE>i:-NÉ. — L'cufant peut mourir dans les premiers jours par asphyxie foudroyante ou par hémorragie (hémorragies de l'ombilic, de la bouche, du nez, de Tintestin, etc.). D'autre fois il a du pemphiyus, qui existe à la naissance ou apparaît pendant la première semaine au plus tard : les l)ulles, du diamètre de 2 à 15 millimètres, remplies par un li(|uide sanguinolent, louche ou purulent, siègent à la paume des mains et à la plante des pieds; après rupture, il se forme une exulcération saignante recouverte d'une crofite brunâtre, ou bien il ne [>ersiste qu'un épidémie plissé. A l'aiitopsie, on ne trouve aucune lésion ajtpréciable des organes, ou on constate des lésions spéciliques des poumons, du foie, des reins, etc.

2° Syphilis infantile ukréditaiuk précoce. — Les symptômes se montrent pendant les tiois premiers mois.

Les enfants sont petits, chétifs, d'aspect vieillot; leur jjcau est terne, bistrée, flasque, ridée; leurs cheveux sont rares, lanugineux; il y a des îlots d'alopécie, généralement en bandes, dans les régions postéro-latérales et fronto-pariétales; les veines de la face et du crâne sont très apparentes; le crâne, plus ou moins asymétrique, présente du craniolabes et des bosselures au niveau des pariétaux, des frontaux, de l'occipital {front olympien, front en carène.^ crâne nati forme). Les os du nez sont affaissés, ce qui produit les déformations dites nez en lorgnette, nez en selle (tlg. 3 et 4, p. 46). Le poids reste stationnaire ou diminue. Il existe en outre, toute une série d'accidents plus ou moins caractéristiques.

Accidents muqiieux et cutanés. — H y a un coryza sanieux, verdàtre, purulent, qui s'accompagne de la formation de croûtes (p. 46).

Les lèvres présentent des fissures, qui siègent aux commissures, dans les parties médianes, ou sont irrégulièrement réparties. Elles sont i)lus ou moins profondes, croùteuses. Des fissures analogues se rencontrent à ïaniis.

La peau est le siège (.V éruptions de types divers. Le plus souvent, ce sont des plaques couleur chair de jambon ou de saumon, arrondies, sans saillie [syphiiides niaciileuses [Sevestre]), ou bien

légèrement saillantes (syphilides papuleuses), desquamani ]>arl'ois, ce qui ])iO(l(ut une itelite collerette é|iiderniique, la collerette de Biett sjj phi/ides p<i pulo- squameuses) . ou bien présentant des érosions {syphilides papulo-érosives] . Ces éruptions siègent le plus souvent dans les régions jiérianales, lessières, périnéales, au pourtour des narines, des lèvres, à la paume des mains et à la plante des pieds, à Textrémilé supérieure du itavillon de roreilie.

Par suite des inl'eclions secondaires, les éléments érui)lifs peuvent se recouvrir de croûtes épaisses [impétigo syphililicjue), s'ulcérer {si/pliilides ulcéreuses de types divers).

Les si/philides tuberculeuses ne sont que de petits abcès cutanés (Jacquet) ; les syphilides gommeuses sont exceptionnelles.

Enfin, il existe assez souvent de Vonyxis (Fongle est opaque, présente des stries longitudinales et tombe), An péri-ongxis {\w\\vrelet ])éri-unguéal rouge, ulcéré).

Parfois on observe une ulcération ombilicale à caractères spéciaux (Hulinel).

Manifestations viscérales. — h\tuéinie sijphilitique se traduit par une diminution du nombre des globules rouges et de riiémoglobiue. La raie est grosse (p. '264). Parfois se réalise le tableau de Y/inémie splénique infantile pseudo-leucémique (p. 490).

Le foie est souvent hyperlropiiié (p. ::^o3).

Les ganglions sont généralement de volume normal.

Parfois il y a de la syphilis laryngée provoquant de la laryngite striduleuse et de Vœdème glotiique, qui peuvent entraîner la mort par suffocation (p. i29o). Il y a souvent de la bronchopneumonie due à une infection banale.

Les testicules sont parfois durs et scléreuv.

Les troubles digestifs sont fréquents et n'ont rien de spécial; ils relèvent d'ailleurs surtout des conditions défavorables pour Tallaitement réalisées par la sypbilis.

Manifestations osseuses. ■ — En debors des altérations des os du cmne décrites jdus baut(i). 709), une atleclion intéressante est la pseudo-paralysie syphilitique des nouveau-nés ou maladie de Parrot : elle est due à la jtroduction d'un syphilome juxtaépipbysaire, qui aboutit à une transformation gélatiniforme de Tos et du cartilage et même à la |iroductiou d'une fracture juxta- (■'pil)bysaire. La lésion siège généralement à l'extrémité inférieure de riiumérus et jtcut être bilatérale. Le membre est inuiiobile.

Itien ({IIP les muscles se contractent: les iiiouvenienls arrachent (les cris à l'enfant: il y a une tuniét'action adhérente à Fos. plus ou moins ditïuse, douloureuse à la pression, an voisinage de l'articulation, et parfois de la crépitation. Quelquefois il se forme une supiiuialion péri-épiphysaire. péri-articulaire et même intraarticulaire, due soit à la syphilis elle-même (Parrot. Marfam. soit à des infections secondaires à streptocoques, à staphylocoques, à pneumocoques, à gonocoques. Le pronostic est grave, car il existe généralement des lésions spécifiques étendues; la guérison est possilile grâce au traitement mercuriel.

it> Syphilis infantile HtRÉDiTAiiiK tardive. — Elle est constituée par des stigmates et par des accidents spécifiques.

Les principales manifestations sont les suivantes (A. Fournier).

Habilus extérieur ; infantilisme.

Cical rires tégianenlaire.i : cicatrices du nez. de la bouche, etc.

Lésions (lu squelette : tléformations du crâne (crâne natiforme. front olympien, etc.). du nez nez cainard, nez en pied de marmite, nez en lorgnette, nez en selle), du tibia (épaississement et inégalités de la crête, tibia en lame de sabre, etc.).

tlat des testicules : ils sont atrophiés, scléreux, déformés ou rudimentaires.

Tridîh d' Hutrhinson : altérations des yeux, conséquences de la kératite interstitielle (fréquente), de liritis et de la choroïdite (rares), — altérations des oreilles, cause de surdité comi)lète ou incomplète, — altérations des dents p. 253).

Affections organiques : syphilis hépatique (p. 233).

Enfin on jieut observer toute une série (Ta ffer tiens para-syphilitiques : tabès, ])aralysie générale, hydrocéphalie, hémiplégie, maladie de Little, malformations des membres, etc.

Anatomie pathologique. Bactériologie. — Les lésions des principaux viscères sont étudiées à propos de chacun d eux.

Les recherches récentes ont établi le rôle du Spirocliœte pallida de Schaudinn {Treponema pallidum) dans Thérédo-syphilis du nouveau-né (Bruschke et Fischer. Levaditi. Salmon. Hnflmann. Nobécourt. Darré. etc.j. Les organes les plus riches en parasites sont, par ordre décroissant, le foie (hépatite interstitielle diffuse), le poumon pneumonie blanche), les capsules surrénales hyperlroi)hiées. la peau (pemphigus). Les germes sont surtout fréquents dans les formes à évolutiun rapide observées chez le nouveau-né;

712 MALADIES l.NFECTIELSES GÉNÉRALES

chez les nourrissons, qui piésentent une syphilis plus tardive, ils sont i)lus rares et localises dans le foie.

Les Spiroch(ete envahissent lorganisme fu'tal et se disséminent par la voie sanguine. Mais ils ne se développent pas dans le sang; ils le quittent rapidement pour envahir la paroi des vaisseaux, le tissu conjonçtit et les cellules parenchymateuses: on les trouve eu effet à l'intérieur des cellules du foie, des reins, des capsules surrénales et proiiahlement des glandes sudoripares (Levaditi).

Pronostic. — L'hérédo-syphihs est d'un pronostic immédiat très grave. Sui- lUO enfants issus de [jarents syphilitiques. 70 à 83, suivant les statistiques, meurent soit avant la naissance, soit dans les premiers temps de la vie (A. Fournier). Parmi les survivants, beaucoup sont atteints ultérieurement de manifestations syphilitiques.

La mort survient du fait de la syphilis ou du fait des nombreuses complications, notamment des infections gastro-intestinales et respiratoires, auxquelles les petits hérédo-syphilitiques sont particulièrement exposés.

Les enfants, qui ont eu des manifestations syphilitiques, peuvent contracter la syphilis à Tàge adulte: l'hérédité dystrophique n immunise pas le sujet.

Diagnostic. — Le diagnostic de la syphilis liéréditaire est particulièrement délicat. L'existence des antécédents héréditaires constituera une forte présomption, mais rien de plus, car tous les enfants de syphilitiques ne le sont pas eux-mêmes; d'ailleurs ces antécédents sont souvent ignorés.

Aucun accident de la syphilis héréditaire nest absolument patliognomonique ; c'est surtout leur ensemble qui acquiert delà valeur.

1" SvPHu.is HÉRÉDITAIRE puÉcocE. — L'aspcct de Teufaut, son faciès doivent meltrent en éveil; le diagnostic se confirme s'il existe du coryza purulent, des fissures périhuccales et périanales, du pemphigus, des syphilides cutanées. Mais cette association de s\niptômes est loin d'être constaute.

Le même aspect général peut s'observer chez des nouveau-nés débiles, fils de femmes tuberculeuses (p. G99), cachectiques, alcooliques, etc.

Le coryza peut être un coryza simple ou bleunoiragique (p. 47j.

Le pemphigus est caractéristique par son début |)récoce, son

siège initial à la paume des mains et à la plante des pieds, sa

purulence. Le pemitliigus simiile, eu effet, ne délnite pas avant âO jours, n'a pas la même localisation iuitiale, siège an tronc; les bulles ont un contenu clair.

Les syphilides culam'es présentent beaucoup de ressemblance avec certaines éruptions non spécifiques (syphilo'ides posf-érosives de Jacquet). Ces éruptions ont une même localisation (régions fessières, crurales, jambières postérieures, etc.), mais n"envabissent pas le tronc et la face ; elles passent par les stades suivants : 1° érythème vésiculeux: 2° érosion posl-vésiculeuse arrondie, à fond rouge vif saignant: 3" pseudo-papule.

D'ailleurs cbacune des manifestations sypliilitiques viscérales ou cutanées peut simuler d'autres affections de ces viscères ou de la peau, et le diagnostic différentiel ne saurait être fait ici.

2° Syphu.is HÉKKDiTAip.E TARDIVE. — Lcs stiguiatcs conduiroot au diagnostic de la syphilis, si Tun d"eux ou le grouiiemeut de plusit'urs est caractéristique. Les lésions cutanées simulent souvent le lupus; les lésions viscérales comportent chacune un diagnostic spécial.

P>. — Syphilis acquise.

Étiologie. — La syphilis acquise de l'enfant, comme celle de Tailulte. est due à la contagion directe ou indirecte par des accidents spécili({ues contagieux (chancre, plaques muqueuses). Un point intéressant, c'est que l'enfant sain né d'une fenmie syphilitique ne peut être infecté par sa mère, tant que son organisme ne s'est pas renouvelé par la croissance (loi de Profeta).

La .syphilis de l'enfant peut être acquise par l'allaitement nourrice ayant un chancre ou une plaque muqueuse du sein, on venant de donner le sein à un enfant spécifique sans être elle-même malade I, — par les objets servant à des syphiUtiques, — par le baiser, — par des attentats vénériens. — par la vaccine, la circoncision.

Symptômes. — Le chancre est rarement génital lattentats vénériens, plus souvent usage d'objets de toilette contaminés), presque toujours extra-génital : bouche, lèvres, face, cou, périnée, abdomen. Ses caractères sont identiques à ceux qu'il revêt chez l'adulte. 11 est suivi yVaccidents secondaires (roséole, plafjues nuiqueuses).

Chez le nourrisson, la sypliilis acquise évolue souvent d'une façon rapide vers la mort : celle-ci est due à la cachexie sans symi>-

714 MALADIKS IM-ECTIECSES GENERALES

tomes ajiparents. à riutensilé des lésions buccales, qui empècheut ralimentalion. Elle s'accompagne de plus de dystrophies identiques à celles de rhérédo-sypiiilis. Chez l'enfant ]tlus grand, elle se comporte comme chez l'adulte.

Diagnostic. — La syphilis acquise se distingue de la syphilis hi'i'i'ditain' par l'existence du chancre et de l'adénopalhie caractéristique, par l'existence de lésions secondaires (roséole et plaques mu(iueuses) et non de lésions d'apparence tertiaire: par Tahscnce de stigmates dystrophiques dans la plupart des cas.

Prophylaxie et traitement de la syphilis infantile.

A. Prophylaxie. — Il ne faut permettre le mariage à un syphilitique que s'il s'est traité régulièrement au moins pendant 3 ans et n'a pas eu d'accident spécifique au moins depuis 4 mois (A. Fournier;.

Quand le père est syphilitique, même si la mère parait saine, on soumettra celle-ci au traitement pendant la durée de sa grossesse, d'une façon ouverte ou cachée suivant qu'elle connaît ou ignore l'existence de la maladie.

Après l'accouchement, on conseillrra rallaitement maternel ou. à son défaut, l'allaitement artificiel pendant 4 mois au moins. En effet un enfant procréé syphilitique ne contagionne jamais sa mère, tandis «piil pourrait contaminer une nourrice étrangère (loi de Baumès-Colles). Après 4 mois, si l'enfant n'a pas eu d'accidents, il ]ieut être considéré comme sain (A. Fournier).

Si un enfant, né sain en apparence et dont on ignore l'hérédité spécifique, présente des accidents suspects, il faut, au cas d'allaitement mercenaire, le sujqirimer immédiatement et mettre la nourrice en observation.

Quant à la syphilis infantile aojuise. on l'évitera par le choix judicieux de la nourrice, par la surveillance de celle-ci pour empêcher (|u'elle se contamine pendant la période d'allaitement, et d'une l'aciiu gt'uérale pai- renscmlili» des précautions habituelles.

B. TuArriiMENT. — Il consiste essenticlleiiient dans l'administration du mercure :

1° par frictions avec l'unguciit napolitain; '2" par ingestion de bichlorure de mercure (liqueur de Van Swieten). de mercure avec craie, etc.

TETANOS 715

3" jiar inji.'clions sous cutanées fie sels soliilil.-s i liiiiMhire <le mercure ou insoluldes (calomel .

Le traitement sera prolongé, avec des intervalles de rt'[)os de 10 jours par mois dans la première année, de lo jours par mois dans la deuxième année, de 1 mois sur deux dans la troisiènip.

L'iodiire de polassium est indiqué, comme adjuvant, après la disparition des accidents aigus, contre les manifestations para-syphilitiques, contre les gommes.

A côté du traitement spécifique, il faut faire le traitement local des diverses localisations : lavages au l»icldorure de mercure à i/o 000", pansements à la [lommaile au calomel à 1/^0"^, etc.

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