‹ Précis médecine infantileChapitre 29 sur 266 · TUBERCULOSE DU PHARYNX · texte numérisé non relu

TUBERCULOSE DU PHARYNX

quement diagnostiquable est plus rare chez l'enfant que chez Tadulte et ne se rencontre guère au-dessous de 3 ans.

La tuberculose latente des amygdales est au contraire relativement fréquente chez Tenfant. Encore faut-il distinguer : 1° la tuberculose latente des amygdales constatée à Faulopsie des tuberculeux, qui est plus rare chez Tenfant que chez Tadulte; 2° la tuberculose larvée des amygdales hypertrophiées, qui existerait, suivant les statistiques, dans une proportion variant de i à 20 p. 100 des cas d'hypertrophie.

Qu'elle soit avérée ou latente, la tuberculose pharyngée peut être secondaire à d'autres lésions tuberculeuses, comme on l'a admis depuis longtemps sans conteste, ou primitive, comme on tend à rétablir aujourd'hui.

1" Pour nombre de médecins, elle est toujours secondaire. Le pharynx est, suivant les cas, envahi par propagation d'un lupus de la face ou d'une tuberculose laryngée; — ensemencé par les crachats bacillifères au cours d'une tuberculose pulmonaire ulcéreuse, ce qui est le processus habituel chez l'adulte, tandis qu'il est rare chez les enfants de moins de 7 ans qui n'exjiectorent pas; — infecté par la voie sanguine, notanunent dans la forme miliaire aiguë; — infecté par la voie lymphatique, les bacilles partis des ganglions tracbéo-bronchiques remontant jusqu'aux amygdales par l'intermédiaire des ganglions cervicaux; ce dernier mode d'infection serait eu particulier la cause des tuberculoses larvées des amygdales, qui ne seraient primitives qu'en apparence,

2° Un certain nombre d'auteurs modernes ^Dieulafoy, Baup, Fritdmann, etc.) admettent avec raison que la tuberculose larvée des amygdales rencontrée chez des sujets cliniquement indemnes de toute autre localisation tuberculeuse peut être primitive. Cette tuberculose est exceptionnellement d'origine alimentaire, bien (ju'elle ait pu être réalisée expérimentalement chez la vache (Chauveau), le lapin (Cadéac), le cobaye, et que Friedmann admette la contamination par le lait dans certains cas de tuberculose amygdalienne observés par lui chez le nourrisson. Plus habituellement elle résulte d'une contamination par l'air chargé de poussières bacillifères, arrêtées soit au niveau de l'amygdale pharyngée, soit au niveau des amygdales palatines chez les enfants obligés à la respiration buccale par la présence de végétations adénoïdes (Gotlstein).

Rôle de la tuberculose larvée des amygdales. — Le bacille

de Koch peut réallï^er riiyperlroiiliie des amygdales palatines et phai\ugée: mais le plus souvent oelle-ei précède l'inreclion par ce germe et la facilite. Partant des amygdales, le bacille de Koch envahit progressivement les lymphatiques et gagne les ganglions cervicaux, qui shypertropliieut [scrofule des anciens, qui peut être due également à des infections banales chroniques d'origine amygdalienne) ; poursuivant sou chemin, il ]»eut être amené par la grande veine lymphatique et le canal thoracique dans la circulation sanguine et gagner ainsi le poumon ou bien envahir la plèvre et par son intermédiaire le poumon. On voit donc linqtortance que revêt la tuberculose larvée des amygdales.

Pronostic. — Les formes ulcéreuses delà tuberculose pharyngée ont im pronostic grave à brève échéance. Le lupus du jiharyux est curable.

Ouaut a la tuberculose larvée, son pronostic découle de ce qui vient d être dit à propos de son rôle dans l'infeclionde Forganisme. Ceiiendaut souvent elle reste localisée et se borne à réaliser des adénopathies cervicales, dont le pronostic est relativement bénin, car beaucoup d'enfants dits scrofuleux ne deviennent pas des jditisiques.

Traitement. — ■ Les ulcérations tuberculeuses nécessitent des soins antiseptiques de la gorge (p. 69). (hi fera de plus des attouchements avec Tacide lactique, des jinlvérisations à l'eau de Vichy et des badigeonnages avec des solutions de cocaïne à 1 p. 100 ou à 1 p. oO pour calmer les douleurs.

La tuberculose larvée des amygdales palatines et pharyngée sera traitée comme l'hypertrophie simple p. 01 .

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