DILATATION DE LESTOMAC ET DYSPEPSIE CHRONIQUE
2° Troubles nerveux. — Les troubles nerveux sont des plus fréquents et souvent ce sont eux qui forcent Tattention. On peut observer la tiévralgie intercostale, simple ou double, quebjuefois accompagnée de zona (Combv), plus rarement la névralgie lombaire ou sciatique, assez souvent des douleurs diffuses dans les membres, que Ton dénomme volontiers douleurs de croissance. Mais le symptôme prédominant est, dans la majeure partie des cas, la céphalalgie-, rare au dessous de 7 ans, elle se montre surtout à partir de 10 à 12 ans, chez les écoliers et les collégiens; elle apparaît à intervalles })lus ou moins longs et même quotidiennement; elle est diurne, débutant le plus souvent après les repas et dans Taprès-midi, exagérée par le travail cérébral, qu'elle iinit par rendre difficile et mèuie impossible ; elle occupe tout le crâne, quelquefois avec des jioints douloureux aux tempes, au front, à Tocciput, et ne s"accompagne jjas de vomissements.
Chez nombre dVnfants. ï activité cérébrale diminue; ils travaillent difllcilement ; leur intelligence est obtuse; ils deviennent des paresseux, des cancres.
Quelquefois il y a des vertiges, des éblouissements, des convulsions, exceptionnellement de la tétanie.
Fréquemment il existe des troubles du sommeil. L'enfant dyspeptique s'endort difficilement; son sommeil est agité, troublé par des rêves, des cauchemars, des terreurs nocturnes, qui le réveillent en sursaut et le laissent le matin aussi fatigué que la veille.
3° Troubles ciRCULATOinEs. — Nous avons déjà noté les bouffées congestives de la face pendant la digestion. Souvent elles s'accompagnent de palpitations plus ou moins gênantes, de troubles du rythme cardiaque, tachycardie ou bradycardie, arythmie. L'examen du cœur décèle souvent sa dilatation, des souffles cardio-pulmonaires, })arfois les signes d'un pseudorétrécissement mitral fonctionnel. On peut trouver dans les veines jugulaires des souffles liés à une anémie plus ou moins intense; en pareil cas le nombre des globules rouges est diminué.
4" Troubles respiratoires. — Les enfants dyspeptiques ont souvent la respiration courte et s'essoufflent facilement. Certains, rarement avant 10 ans, ont des accès d'asthme dyspeptique, diurnes ou nocturnes, sont sujets aux rhuines, aux bronchites à répétitions.
5'' Troubles cutanés. — On peut observer un grand nombre de
dermatoses : racné de la face, la furonculose, Turticaire, le stropliulus, le prurigo de Hebra, Teczéma, etc., sont souvent provo- <[ués ou entretenus par la dyspepsie chronique.
6" Troubles du système osseux. — Chez les nourrissons, la dyspepsie gastro-intestinale chronique détermine le rachitisme.
Chez les grands enfants, la dyspepsie retentit également sur le système osseux et provoque la scoliose, qui est fréquente, surtout chez les lilles (Hulinel).
7° UiuNES. — Elles sont plus ou moins modifiées, souvent rares, hautes en couleur, riches en urales. Fréquemment il y a de V albuminurie inlermillente^ ])arfois de Y albuminurie continue.
8° État génékal. — Les enfants sont généralement chétifs, petits, malingres; parfois au contraire ils ont subi une croissance trop rapide. Ils sont le plus souvent ai^aigris, j)àles, anémiques, sans entrain au travail ou au jeu, tristes.
Si la maladie n'est pas traitée, les troubles s'exagèrent avec ràge,et ces dyspeptiques et dilatés de Tenfance resteront tels dans Tadolescence et à Tàge adulte. Au moment de la })uberté, chez les filles surtout, d'autres troubles jiourront naître : la menstruation sera retardée ou se fera mal, la chloiose se développera.
Complications. — Chez les enfants ayant de la dilatation gastrique peuvent apparaître des conq)lications : poussées fébriles (fièvre de digestion), angines aiguës, embarras gastrique fébrile, entérites aiguës, colite muco-membraneuse, ictère aitarrhal. Ces enfants seront des candidats à la tuberculose, (|ui pourra prendre chez eux une évolution rajtide. Ils contracteront facilement la fièvre typhoïde. Certaines maladies revêtiront chez eux des caractères spéciaux : par exemple, la grij>i)e prendra souvent la forme gastro-intestinale, la coqueluche provoquera facilement des ^omissements répétés et graves (Decherf).
Pronostic. — Le pronostic de l'affection, s'il ne comporte pas de gravit»' quant à la vie, est cependant sérieux. AJais il faut ajouter, connue correctif, que le traitement a une action manifeste, quand un diagnostic précis permet d'agir sur la cause des accidents.
Diagnostic. — Le diagnostic s'impose (jiiand on pratique revameii complet du malade. Mais les symptômes qu'accusent les enfants pouiiont induire en erreur le médecin non prévenu; ils présentent d'ailleurs quelquefois une intensité telle qu'ils peuvent en imi)Osei' pour une affection cardiaque, rénale, nerveuse, cutanée, etc.