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CHAPITRE II

La rate, qui pèse 9 à 10 gramnios chez le nouveau-né (Macé), atteint 32 grammes à un an (Gaston et Vallée). Elle augmente ensuite de 10 grammes jjar année cràge jusqu'à huit ans, et aiirès cet âge (le G grammes. Elle représente environ chez le nouveau-né la SOO*" partie du poids de son corps.

Elle est située dans Thypocondre gauche, derrière les fausses cotes, qu'elle ne déhorde pas. Presque toujours horizontale jusque vers 10 mois, elle devient ensuite plus ou moins ohlique. Projetée sur la paroi thoracique, elle est comprise entre le 8'' espace intercostal et la 11^ côte gauches. Très mohile et en rapport avec Testomac et le côlon, elle est impossihle à délimiter par la percussion, quand elle est normale, sauf chez les grands enfants.

Sa structure et ses propriétés physiologiques sont les mêmes (pie chez Fadulte; son activité cependant, de même que celle des gaughons lMnphati(}ues avec lesquels elle itrésente des analogies, est surtout grande dans le jeune âge. Elle joue un rôle dans la formation des leucocytes et peut-être dans celle des glohules rouges; elle intervient surtout dans la destruction de ces mêmes ('h'UKMits (h'générés.

La rate, chez IVnfant, (^st rai'ement h' si(''g(' cxchisif de processus pathologiques. Je les indiquerai incidtMiimenl •'! me hornerai à une ('tude (Tensemlde des Splihiduirgalics. doiil liinpoi'tance est grande eu s(''Mi(Mol()gie infantile.

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SPLÉNOMÉGALIES

La s|»l(''noinégalie, chez renfanl coimue chez radulte. n'est pas une maladie, mais un symptôme commun à un grand nombre (Kétals pathologiques. Relevant de causes multiples, dont Timportauce est variable, elle a une grande valeur séméiologique.

Pour api)récier la spléuomégalie aux différents âges il im}(orte de se rai)})eler les variations de volume à l'état normal indiquées plus haut. D'une laron générale, toute rate qui déborde les fausses côtes est hvpertropliiée: le lait est généralement facile à constater par la [laliialion, qui est le procédé d'examen de choix chez Teniant et surtout chez le nourrisson. Si le volume de la rate est très augmenté, elle jieut déterminer une voussure de Thypocondre gauche et être délimitée i)ar la percussion. L'ex[»loration jibysique permet seule le diagnostic de splénomégalie: les troubles fonctionnels (douleur, pesanteur dans rhypocon|]|re gauche, etc.), qui font d'ailleurs souvent défaut, ne peuvent qu'attirer l'attention du médecin, et encore chez l'enfant, qui localise mal ses sensations, sont-ils très tromjteurs.

La rate hyper troj)hiée est généralement facile à reconnaître à son siège et à sa forme : il faut éviter cependant d'une j)art de [irendre pour une grosse rate une rate sini[)lement abaissée, d'autre part de confondre une rate hypertro[ihiée avec un très gros foie, avec une tumeur abdominale ou avec une pleurésie de la base gauche. Plus dilTicile, par contre, est le diagnostic de la variété de splénomégalie en présence de laquelle on se trouve; on sera conduit à ce diagnostic étiologique par les caractères de la rate, par l'exploration des autres organes, par l'examen du sang, et enfin par l'évolution.

11 y a à distinguer les siilénomt'galics aiguës et les splénomégalies chroni(jues.

Les splénomégalies aiguës constituent un épipliénomème au cours d'inlections aiguës et disjtaraissent généralement avec elles. Les plus importantes sont celles de la fièvre typhoïde, de la tuberculose aigiii'. du paludisme.

Les splénomégalies chroniques forment un groupe beaucnup plus important, car souvent ce sont elles qui attirent ratleulion. Elles sont dues à des causes multiiiles.

A. Infections. — Le [jaludisme chronique saccomiiagne dune grosse rate caractéristique, qui déforme rabdomeii du petit malade et qui. jointe à la cachexie, lui donne un aspect spécial, si commun dans les jiays où règne cette affection. Chez le nourrisson on a vu la splénomégalie saccompagner d'anémie avec réaction mvéloïde comme dans l'anémie pseudo-leucémique fRayhaud et Yernet} (p. 490).

La syphilis héréditaire donne lieu à une grosse rate, qui jieut exister dès la naissance et précéder les autres symptômes. Elle s'observe chez les syphilitiques âgés de 3 semaines à ^ ans dans environ la moitié des cas (Marfan , dans 58 p. lOOdes cas (Carrière). Elle a une grande valeur diagnostique, car les splénomégalies relevant d'autres causes sont exceptionnelles à cet âge. Elle peut s'accompagner d'hypertrophie du foie : c'est la forme splénohépatique de rhérédo-syjjhilis (p. :2o4 . Elle peut saccompagner d'anémie et de réaction myéloïde du sang, réalisant ainsi le syndrome de l'anémie infantile pseudo-leucémique (\). 490). qui dans ce cas est curahle jtar le traitement spi'cifique M. Lalihéet Ariuand- Delille).

D'après Marfan. c'est encore à la syphilis qu'il faut attribuer la grosse rate qu'on rencontre assez souvent dans le rachilismc : 2 fois sur 3, les rachitiques. qui ont de la splénomégalie. sont des rachitiques syphilitiques Marfan . Cependant, eomme la splénomégalie s'observe dans les infections gastro-intestinales (p. 123). on peut dans certains cas attribuer à celles-ci la grosse rate des rachitiques. et de fait chez les rachitiques non syphilitiipies la splénomégalie existe oo fois sur 93 (Starck. 6:2 fois sur 100 (Carrièrej.

La tuberculose chronique, dans ses diverses manifestations, s'accompagne de splénomégalie plus souvent chez lenfanl que chez l'adulte (^Landouzy, (Jueyrat, Aviraguet, etc.).

B. Maladies du foie. — La splénomégalie est fréquente dans les cirrhoses hépati»|ues de causes diverses : cirrhoses cardiaques et cardio-tuberculeuses (p. :248), cirrhoses alcooli(pies (p. :2ol). Chez l'enfant elle acquiert une importance particulière dans les cirrhoses biliaires (p. :24:2): c'est chez lui eu elTet que s'observe princij)alemeiit la forme hypersplénomégalique (Gilbert et Léon Fournier. PopolV .

C. .Maladies de i/ai'I'aueil cakdio-vascui.aike, dl' sa.ng et des ou(;anes hématopoiétiqles. — Ce groupe comprend une partie

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des aïK-ieiinos spléuomégalies primitives, que rexaiiit'ii du saug a permis de dissocier.

V Dans les cardiopathies valvulaires al)Outissant à rasystolie, il y a <|uel(juefois une s|)ltnîomégalie i)eu marquée; elle acquiert une inqioitance plus grande dans les asystolios hépatiques liées généralement à une symphyse péricardique rhumatismale ou tuherculeuse.

Dans les malformations eongénitales du cœur aver cj/anosr. la splt'uomégalie est inconstante et minime (E. Weilj.

2° La cijanose avec spléuomégalie et pohjglobulie (Vaquez), indéitendante des malformations congénitales, qui peut être une splénomri/alie primitive tuberculeuse (Rendu et Widal), est surtout une atTeclion de l'adulte; cependant on Ta vue chez des entants de 1, 6, 9 ans.

8° Les splénomégalies de l'anémie splénique infantile pseudoleucémique, de la leucoci/thé)itie, servent à caractériser ces affections et .<ont étudiées avec elles (p. 490 et p. 49o).

D. Les KYSTES HYDATiQUEs DE LA RATE soiil rares cliez Tenfant.

E. Les SAUCOMEs primitifs de la rate sont exceptionnels, hien qu'ils s'observent surtout chez l'enfant.

Des considt'i'ations exposées au (iidiul de ce chapitie di-conle la conclusion quil n'y a pas de pronostic et de traitement des splénomégalies. mais (jue liin et raiiln' dr-pendent de la cause de ces dernières.

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