FRÉMISSEMENT DES ARTÈRES
nous arrivons facilement à reconnaître le siége et la nature de l'affection, il serait ridicule de vouloir baser son diagnostic exclusivement sur l’état du pouls, et d’ambitionner la prétention du tact médical dans des recherches conduisant à des résultats aussi peu constants, surtoutlorsque le génie médical et le talent d'observation des modernes nous ont laissé des instruments plus justes pour arriver à la vérité, et qu’ils ont acquis, par leurs découvertes, plus de droits à notre reconnaissance que tous les anciens avec leur tact médical : alors ce tact leur était tout naturellement nécessaire, à cause des connaissances relatives de l’époque ; maïs aujourd’hui, ce ne serait qu’une surcharge scientifique , au moins dans l’étude du pouls. En médecine, comme en chirurgie, dans les üris et partout, on ne doit revenir aux procédés des anciens que dans les occasions où leur supériorité est rigoureusement démontrée. |
La palpation des artères nous donne quelquefois la sensation d’un frémissement particulier que Laënnec appelait frémissement vibratoire. Cette sensation est telle qu'on croirait avoir légérement appliqué les doigts sur une corde mise en vibration. Ce frémissement se rencontre dans beaucoup d’artéres ; nous l'avons trouvé, presque toujours, dans les carotides qui offraient le bruit de diable.Beaucoup de médecins, depuis Corvisart, l’avaicnt observé dans les artères radiales. Dans quelques cas, ce frémissement coïncide avec le rétrécissement de l’orifice aortique. Alors il n’est pas difficile de l'expliquer par le brisement des colonnes sanguines contre les contours de lPoritice garnis, le plus souvent, d’aspérités. Mais cette lésion est loin d’être la seule qui puisse lui donner naissance. Quelquefois, nous l'avons remarqué chez des personnes qui ne nous offrirent d’autres particularités que la composition très aqueuse du sang et le relâchement des parois artérielles, comme cela se voit dans la chlorose.
L'application de la palpation ne se borne pas à l'examen des artéres superficielles : elle est très avantageuse dans l'examen des artères profondément situées, telles que l'aorte abdominale, surtout, lorsqu'elle présente des dilatations anévrismales. Cette exploration peut se faire dans tout le trajet de l'aorte abdominale, mais elle se fait, le plus commodément, dans la région ombilicale. Pour bien explorer ce gros tronc
artériel, il faut, comme le remarque M. Piorry, que le ma-