‹ Précis pratique et raisonné du diagnosticChapitre 119 sur 240 · É BALLOTTEMENT · texte numérisé non relu

É BALLOTTEMENT

ménorrhée , un gonflement des seins, et quelquefois même une sécrétion d’un liquide analogue au lait. Combien ne fautil pas d'attention dans la pratique pour juger ces faits d’une maniére convenable ?

Nous possédons encore un nouvel exemple qui parie beaucoup en faveur de ce procédé. En le mettant en pratique nous avons reconnu la grossesse de deux mois et demi. La personne qui s’est soumise à notre examen a fait dix jours aprés une fausse couche qui a confirmé pleinement notre diagnostic.

Dans tous les exemples dont nous avons parlé jusqu'ici, le toucher pouvait suffire seul, sans nécessité de découvrir les parties génitales. ïl n’en est pas de même lorsque, par cette opération, on veut constater l'écoulement urétral. Alors il faut absolument soumettre à l'inspection le résultat du toucher. On place la malade sur le bord d’un lit ou d'une chaise, on lui fait fléchir les jambes sur les cuisses, les cuisses sur le bassin : le médecin placé entre les deux jambes introduit l'indicateur dans le vagin, en appliquant la face palmaire de l'extrémité de ce doigt contre l’uréthre, et en le ramenant vers soi en suivant le trajet de ce canal qu’il ne cesse de comprimer. Si l’urêthre est réellement la source d’un écoulement, celui-ci ne tardera pas à se manifester.

Le toucher anal ne se pratique guére; que lorsqu'il existe quelques indices de tumeurs hémorroïdales, d’ulcérations, de concrétions stercorales, etc.il se fait avec l'indicateur comme le toucher vaginal : le toucher anal, surtout s’il est combiné

avec le toucher vaginal, peut , en outre , dans certains cas ,

jeter quelque lumière sur le volume et la position de l'utérus. Un autre signe de grossesse fourni par le toucher, est le ballottement On nomme ainsi les mouvements passifs qu'on fait exécuter au fœtus en donnant au col, avec Pindicateur, une impuision que, dans ce moment, ne tarde pas à ressentir l’autre main appliquée sur le fond de l'utérus , au moyen de la dépression des parois abdominales. La même impulsion pratiquée en sens inverse arrivera à lindicateur. Cette impulsion tient aux mouvements du fœtus, libre et nageant au milieu du liquide. On en aura une idée exacte en donnant la même impulsion à un corps étranger, une pomme, par exemple, contenue dans une vessie remplie d’eau. La sensation de

soulévement de la pomme éprouvée alors par la main quitient

fa vessie, et celle de sa chute ressentie plus tard par l'indi-

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cateur, sonttout-à-fait analogues à celles qu’on éprouve dans le ballottement. Le ballottement ne se trouve que vers le quatrième mois de la grossesse, lorsque le fœtus a déjà acquis un volume assez considérable: pour qw'ilsoit prononcé, ilsera nécessaire de favoriser la chute du fœtus, en examinant la femme debout. : ;

Comme nous l'avons déjà fait sentir, le ballottement n’indique que la présence d’un corps au milieu d’un liquide; ilne distingue pas sa nature. Un fœtus, comme tout autre Corps étranger entouré de liquide dans la cavité de l'utérus , fournirait le même signe.

Ce n’est que d’après l’ensemble des signes qu’on peut déclarerune grossesse, et même alors on ne peut pas dire si le fœtus est vivant ou mort.

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