‹ Précis pratique et raisonné du diagnosticChapitre 125 sur 240 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

A. État normal. — L'exploration du tronc se fait plutôt d'aprés sa division ostéologique que d'après sa division splanchnologique. C’est donc au thorax ostéologique que. nous faisons allusion dans ce chapitre.

L'espace compris dans le thorax ostéologique est divisé en deux parties par le diaphragme.

Dans le thorax sus-diaphragmatique (thorax splanchnologique, ou cavité thoracique), nous aurons à considérer, sous

le rapport de la percussion, les poumons, le cœur et les gros vaisseaux.

Dans la partie sous-diaphragmatique (épigastre et hypocondres), nous étudierons le foie, la rate et l'estomac.

Mais avant d'entrer dans notre sujet, il sera bon peut-être de rappeler quelques faits anatomiques.

Nous avons à noter d'abord la direction du diaphragme. Cette cloison musculo-membraneuse, étendue en voûte d’une paroi à l’autre du thorax, se dirige obliquement de bas en haut, depuis les troisiéme et deuxième fausses côtes en arrière, jusqu'aux septième et sixième vraies côtes en avant, et sépare complétement les deux grandes cavités du tronc.

Cette. disposition est très importante à retenir, afin de connaître médiatement celle des parties sus et sous-jacentes.

La moitié droite de la cavité thoracique répond au poumon droit.

La moitié gauche correspond au poumon gauche et au cœur, surmonté par les gros vaisseaux situés le long de la ligne médiane du sternum.

Le poumon gauche, moins large que le droit, et refoulé en dehors par le cœur, ne recouvre que la partie externe de la moilié gauche du diaphragme, en avant. L'autre partie répond au cœur, situé un peu à gauche de la ligne médiane du sternum , et contenu entre les cinquième et septiéme côtes.

Le bord antérieur du poumon, plus court que le postérieur, descend seulement jusqu’à la sixiéme vraie côte, depuis la dépression sus-claviculaire qui correspond.au sommet des poumons, en avant, et limite antérieurement la partie supérieure du thorax.

Le bord postérieur des poumons, plus épais que l’antérieur, s’étendra, au contraire, depuis les fosses sus-épineuses correspondantes au sommet du poumon en arrière, jusqu'aux deuxiéme et troisième fausses côtes, par une lame de plus en plus mince et voisine de la colonne vertébrale.

Dans la partie sous-diaphragmatique et du côté droit (hypocondre droit}, la partie supérieure du foie est limitée par le passage du diaphragme indiqué plus haut. La face supérieure de cet organe convexe, comme la concavité du diaphragme et de la base du poumon droit, est comme enchassée dans cette derniére, si bien que la partie postérieure de la base du poumon répond à peu de chose près au niveau de la face in:

VA

férieure du foie. Le bord antérieur de cette derniére face répond à peu prés au niveau du rebord des fausses: côtes droites, et limite RÉNENTCEN la on draite du thorax osléologique: : Fe Be F "HONTE

Vers Ja ligne ne du sternum, das l'angle fbrmé par le rapprochement des cartilages des féusses côtes de chaque côté (épigastre) , on trouve:les parties cardiaque et‘pylorique de l’estomac, dont le corps et le cul-de-sac dirigés à gauche, remplissent, en grande partie, la région naar de tique de ce côté du thorax (hypocondre gauche).

La partie inférieure et tout-à-fait externe de ce côté gauche du thorax, appartient à la rate qui correspond aux deux ou trois dim fausses côtes et se trouve tirée en arrière. ‘

Ces deux derniers organes limitent ordinairement, avèc les fausses côtes gauches, la moitié inférieure gauche du thorax.

En nous attachant, dans lé chàpitre précédent, à réconnaître la différence de sonoréité des organes de structure différente, nous avons résolu le problème suivant : À

La structure d’un organe étant donnée, indiquer sa Sonoréité.

En appliquant ces données générales aux organes thoraciques ,: dont l'anatomie nous a appris la structure, nous pressentons que, dans l’état normal, la partie de la paroi thoracique qui répond aux poumons (organes pénétrés par l'air) donnera le son clair.Les régions correspondantes au foie et à la rate donneront un son plus ou moïns mat; suivant la différence d'épaisseur et de consistance de ces organes (pleins); la région précordiale produira aussi le son mat, mais moins marqué et avec une moindre résistance aux doigts (parce que la substance solide du cœur renferme des liquides intérieurement), enfin la région de l'estomac (organe rempli de gaz en grande quentité) rendra le son clair; mais un son clair éclatant nommé tympanique ou le son humcrique (s’il contient des gaz mélés de liquides), ou bien encore un son plus ou moins mat (dû à la présence des aliments).

La topographie des organes à l’état normal , comprenant la situation de chaque organe, ou ses rapports delocalité et l'espace qu'il remplit, ou ses dimensions, constitue le deuxième problème général de la percussion.

Ce dernier problème est résolu en anatomie, et nous venons d'en rapporter les traits les plus importants,

PERCUSSION DU THORAX EN AVANT. Got

Nous devrions donc déjà posséder au moins fous les éé— ments du diagnostic de d'état normal, ou de l’état anormal des organes, par la percussion. Maïs où se terminentiles idées. purement théoriques, ne finissent pas l'étude et les difficultés del’application: Aussi, nous ne pourrions trop le répéter, ce n’est que par la connaissance exacte de la topographie et de la sonoréité des organes dans l'état normal, qu'on pourra retirer des signes certains de la percussion, et cette connaissance ne peut s’acquérir que: par la percussion répétée du thorax des sujets sains. ARE hi Rn

Percussion du thorax en avant.— Pendant l'exploration du thorax en avant, le malade peut être dans une position assise ou couchée; la derniére est préférable. Les bras seront rapprochés du tronc, et la tête fléchie sur ce dernier pour empécher la contraction des muscles pectorauxel sterno-cléidomastoïdiens qui pourrait donner lieu à une ‘fausse matité.

Si le malade est couché, il doit être rapproché du bord du lit, du côté de l'explorateur. Commençons par l'exploration du côté droit. On procédera d’abord à l'examen de la partie du poumon droit qui dépasse en haut la clavicule, té

Dans cet examen dela région sus-claviculaire, le malade doit légérement tourner la tête du côté opposé.

La dépression assez prononcée de cette-région apportera une assez grande difficulté dans l'application exacte du plessimètre. Le plus souvent il sera mieux de le remplacer parle doigt indicateur, en le plaçant selon ja direction de la clavicule; la derniére phalange doit être tournée vers le cou, si l'on explore vers soi, et en dehors, si l’on n’explore pas de son côté. si 5 fes à

Dans’ce dernier cas, on peut également porter la troisième phalange en dedans, en passant le bras derriére le cou du sujet qu'on explore.

Le son de cette région est clair (pulmonal) dans l’état sain.

Dans l'exploration de la partie sous-claviculaire de la poitrine, on pourra se servir du plessimètre; cependant chez les sujets maigres, le doigt conviendra encore mieux, sa largeur ne dépassant pas l'étendue des espaces intercostaux.

Le son de cette région est également clair (pulmonal), mais il s’obscurcit un peu dans la région mammaire. C’est pourquoi chez les personnes qui ont beaucoup d'embonpoint, ainsi que chez les femmes, la percussion doit être exéculée

avec plus de force, à cause de l'épaisseur des parois dans celte partie de la poitrine.

Ainsi, dans l’état normal, toute l’étendue de la poitrine, depuis le sommet des poumons jusqu’à la sixième, ou la septième côte, rend le son clair pulmonal.

À partir de la sixiéme côte, ou un peu plus bas, on commence à sentir la diminution du son, dont la matité, d’abord peu marquée à raison d’une lame mince de poumon interposée entre le foie et les parois de la poitrine, ne devient bien évidente qu’autant que la percussion est ‘exécutée avec plus de force.

Mais plus bas, le son mat se manifeste à la.percussion la plus douce et continue jusqu'au rebord des fausses côtes, audelà desquelles on trouve le son clair des intestins. La distance entre les points où cette matité commence, et ceux où elle finit, représente la hauteur du foie et de l’hypocondre droit. En répétant la percussion en sens vertical, à des distances différentes et toujours en lignes paralléles, et en notant chaque point de transition en haut et en bas du foie, on aura une idée exacte des limites supérieures et inférieures de cet organe.

Aprés avoir exercé la percussion en sens vertical sur le côté droit de la poitrine, on percutera cette même partie transversalement.

L’exploration en sens transversal de la région sous-claviculaire , située entre la clavicule et la sixiéme ou la septième côte, y constatera, de nouveau, le son clair des poumons, mais elle ne trouvera pas ses limites latérales, parcequ'il se prolonge en dehors, au-dessous de l'aisselle, et en dedans, sur le médiastin antérieur, excepté cependant au niveau de la partie du médiastin comprise entre les cinquième et septième côtes, où l’on trouve de la matité vers le sternum.

La percussion transversale de la partie située inférieure ment entre la sixième côte et le rebord des fausses côtes droites (hypocondre droit), donnera, presque partout, le son: mat du foie, mais cette matité offrira différents degrés suivant Ja hauteur à laquelle on percutera, ainsi que dans la per-

* cussion verticale. En dehors, la matité se prolonge également jusqu'à la face postérieure (prolongement du foïe en arriére), &n dedans, elle se termine en decà de la ligne médiane;

vers la partie supérieure, la limite interne de la matité du foie se trouve environ à un pouce, ou un pouce et demi, en deçà de cette ligne , et le son pulmonal succède à la matité jusqu’à la rencontre du cœur; vers la partie inférieure, elle dépasse un peu la partie interne du rebord cartilagineux des fausses côtes droites comprise entre l'angle saillant qu'offrent ces dernières vers la neuviéme côte, et l'angle rentrant où se remarque l’appendice xyphoïde, et se trouve un peu plus rapproché de la ligne médiane qu’en haut.

il suffit de réunir les points extrêmes, pour avoir la limite interne de l'organe sécréteur de la bile.

Dans les cas rares où le cœur n’est séparé du foie que par le diaphragme, la matité du cœur, moins prononcée, ne permettra qu'à un observateur bien exercé de distinguer la transition d'un organe à l'autre. Plus bas, le son tympanique de l'estomac qui, succède à celui du foie, ne permet aucune méprise dans la détermination de la limite latérale de ce dernier organe.

En percutant le côté droit du thorax en sèns transversal, il faudra prendre les mêmes précautions que dans son examen, en sens vertical, lorsqu'on sera arrivé vers le bord supérieur du foie. La percussion devra être exécutée avec plus de force pour faire ressortir, en cette partie, le son de cet organe de celui de la lame de poumon qui le recouvre. Plus bas, le choc le plus léger donnera le son mat et de la résistance au doigt. Il n’en est pas de même à la partie toutà-fait inférieure du foie , surtout en dedans, où il ne se continue que par une lame mince qui recouvre les intestins et la partie pylorique de l'estomac ; la percussion doit être très légére pour constater sa présence. Une percussion forte communiquerait aux organes sous -jacents des vibrations dont le son tympanique masquerait le son mat de l'organe qui les recouvre.

Avant de passer du côté droit au côté gauche, percutons d’abord la partie sternale de la poitrine.

En appliquant le plessimètre sur la piéce supérieure du sternum et en percutant de haut en bas, on obtiendra, dans l’état normal, le son pulmonal (médiastin ) jusqu’à un pouce et demi, deux pouces au-dessus de la réunion de l’appendice xyphoïde au sternum, où la présence de l'oreillette droite du

cœur rendra un léger son mat sans résistance. Un peu plus

bas, cette matité disparaît et fait place au son tympanique de l'estomac; cépendant ce son ne devient jamais aussi sensible que dans l’hypocondre gauche, vu que sur la ligne médiane on ne trouve que la portion cardiaque de l'estomac , et que les parois du ventre forment dans cette région un enfoncement (creux d'estomac) sur lequel il est difficile de faire une application exacte de l'instrument. j

‘Aprés avoir bien marqué les deux points de transition , on procède à l’exploration de la moitié gauche de la poitrine pour laquelle on se comporte comme dans l'exploration dela moitié droite. La percussion des parties sus et sous-claviculaires gauches, depuis le sommet du poumon jusqu’à la quairième vraie côte, donnera exactement les mêmes résultats que ceux des parties correspondantes du côté opposé. Cette similitude de sonoréité doit engager les praticiens à répéter comparativement l'examen tantôt à gauche, tantôt à droité, et dans tous les sens , pour diagnostiquer l état des POP l’un par l’autre.

En percutant transversalement cette Dan in supérieure de la poitrine, de la moitié droite à la moitié gauché, on sera peut-être surpris que le son donné par la partie sternale qui sépare ces deux moitiés ne différe pas sensiblement du son des paroïs qui répondent aux poumons. Mais la paroi sternale qui recouvre le médiastin n’y répond, én haut, à aucun organe qui puisse donner le son mat : d’ailleurs le stérnum osseux, faisant l'office d’un large plessimétre appliqué surles poumons ainsi que sur le médiastin, ORNE nécessairement ses vibrations aux premiers. |

Au-dessous de la quatrième côte, la sonoréité des deux côtés ne se ressemble plus. En effet, ce ne sont plus, comme én haut , les mêmes organes qui occupent chaque côté. Au foie, est opposé l'estomac en bas: l’espace compris entre les cinquième et septième côtes répond bien aux poumons en dehors, à gauche comme à droite ; mais à droite il n est aucun organe à son mat qui réponde au cœur:

Ainsi, en tenant le plessimétre à ün pouce nice de la ligne médiane du sternum , et'en le promenant dé haut en bas, parallélement à cette ligne, on trouvera un commencement de matité (son cardial) entre les quatrième et cinquiéme côtes. Cette matité, plus marquée que celle = ventricule gauche, se COane ur à la ARE sé Ë

SRRCUSSION pu cou. | 695

Ën Froniesant les deux points déjà notés sut. le sternum ayec. ces deux derniers , on aura les limiles supérieure et inférieure. du cœur; Ja Jikne qui figure la limite supérieure de cet organe, prolongée en dehors, | passerait parle mamelon, ou un peu, au-dessous de cette éminence ; la ligne inférieure passerait. par la dépression qui existe à là réunion de l'appendice, xyphoiïde au sternum.

; AU- delà, dans l'hypocondre gauche, elle fait. place au son iympanique de l'estomac (stomacal).Ce dernier son est entendu ensuite jusqu’au rebord des fausses côtes, où il est remplacé par une autre nuance du bruit tympanique.

. En dehors du cœur,le son, pulmonal descend jusqu'aux

sixième et septième côtes , et le son stomacal (corps et culde-sac. de. lestomac) lui succède ensuite jusqu’au rebord cartilagineux des fausses côtes, Mais on rencontrera le son mat de la rate en dehors de l'estomac, si celle-ci est extrordinairement développée.

. L’exploration en sens transversal doupant: toujours les mêmes résultats que l'exploration en sens vertical, est seulement plus propre à déterminer le diamètre transversal. On l’'appliquera donc à limiter latéralement le cœur, l’estomac et la rate, lorsque celle-ci sera développée à la face antérieure du thorax.

Nous explorerons. la rate en arrière du thorax, où elle se trouve placée dans l’état normal; l'estomac est trop mobile et ses dimensions trop variables pour qu'on puisse lui assigner des limites précises.

Nous nous, bornerons donc ici à trouver le diamètre transversal et les limites internes et externes du cœur. A cette fin, on.peut promener transversalement le plessimétre dans la région sous-claviculaire, en s’approchant de plus en plus de la partie supérieure du cœur.

A Ja rencontre de cette limite, déjà notée et dont on sera d’ailleurs averti par la succession du son mat au son clair, on poursuivra attentivement la percussion transversale , en partant de deux ou trois pouces à droite du sternum et en avançant successivement vers la gauche.

Dans ce trajet des premières lignes transversales , encore supérieures au bord du foie, on observera ordinairement à droite le son clair du poumon, sur le bord droit, ou sur la ligne médiane du sternum , un son Jégérement mat dû à La

présence de l'oreillette droite ; cette matité n’est d’ailleurs accompagnée d'aucune résistance.

A partir de son origine interne, la matité se prolonge, plus prononcée, vers la gauche, et fait bientôt place au bruit pulmonal.

Dans le trajet des lignes transversales, correspondantes à la partie inférieure du cœur, on observera, à droite, le son mat du foie , auquel succède médiatement, ouimmédiatement le son mat de la partie droite du cœur, suivant que celle-ci est située sur la ligne médiane du sternum, ou à sa droite, et que le foie s’étend lui-même plus ou moins vers la gauche.

Si le son légérement mat du ventricule droit ne succède que médiatement à la matité du foie, la partie du poumon, oule médiastin qui les sépare, rend le son pulmonal. Si, au contraire , la matité du cœur succède immédiatement à la matité du foie, ces deux organes n’étant séparés que par le diaphragme, il sera assez difficile de distinguer directement le passage de l’un à l’autre.

Toutefois, il suffit de connaître les points supérieurs de sa limite interne. On figurera approximativement les autres points en faisant passer une ligne verticale par ceux qui ont pu étre déterminés par la percussion, ainsi qu’on le fait, dans le même cas, pour représenter la limite interne du foie. De cette maniére, on n'aura plus à limiter que le côté externe du cœur. Cette recherche n'offrira aucune difficulté, puisqu’au son légérement mat du ventricule droit, succède le son plus mat du venticule gauche, puis le son pulmonal dans toute la hauteur du cœur.

La surface du cœur, ainsi limitée par la matité du son, présentera depuis un pouce et demi jusqu’à deux pouces carrés.

Le cœur est entouré de toutes parts par le poumon, de sorte que si l’on percute avec beaucoup de force, les vibrations se propagent aux parties environnantes, et nous croyons que c'est là la raison pour laquelle, comme nous nous sommes aperçu dans nos cours, il est difficile aux commençants de limiter exactement le cœur : c’est parce que, généralement, plus il est difficile de trouver la différence entre le son mat de cet organe et le son clair du poumon, plus on emploie de force en percutant, sans songer que c’est précisément le moyen d'augmenter les difficultés. 11 y à un fait prouvé par l'expérience, c’est qu'il est bien plus facile de constater la

PERCUSSION DU COEUR. 697 différence entre l’absence du son et la présence d’un son tel faible qu'il soit, que de saisir la différence entre deux sons dont l’un est plus élevé que l’autre; pour obtenir ce dernier résultat il faut avoir, en quelque sorte , l'oreille musicale, ce qui n’est pas particulier à tous les médecins. Nous avons cru trouver, dans l'application de cette loi,le remède efficace | contre les difficultés qui se présentent aux étudiants. Par con-

ns donné à nos élèves le précepte contraire

à celui qu'indique M. Piorry. Nous conseillons de percuter la

poitrine avec une douceur extrême. Pour cela on glissera suc-

cessivement le doigt qui remplace le plessimétre, et l’on percutera à des intervalles trés rapprochés, mais si doucement, que les extrémités des doigts qui frappent touchent à peine l'indicateur. De cette maniére on n’obtiendra, il est vrai, n sur les régions correspondantes au poumon,

btiendra aucun là où se trouvent les limites du nné à trouver.

séquent , nous avo

. qu’un faible so mais on n’en 0 cœur, et c’est précisément ce qui était do Ce procédé est conforme aux lois de l’acoustique ; aujourd’hui il a encore de plus pour lui la sanction de l'expérience. Nous l’avouons avec la plus grande satisfaction (car c’est un

nouveau titre en faveur de ce procédé), c’est celui qu'emploie

généralement M. Bouillaud.

On voit que cette étendue ne correspond pas exactement au ane. On se rendra facilement compte de

volume de cet org œette différence si l'onréfléchit que le poumon gauche couvre, dans cette région, la moitié du ventricule gauche. Cette partie du cœur donne le son clair à la percussion, et c’est la transition du son mat de la partie interne du ventricule, au son du poumon, gui recouvre sa partie externe,

clair de la lame limite latérale du centre circula-

que nous àvons pris pour toire. Cependant, en portant la percussion plus en dehors,

on pourra observer une autre transition sensible entre le-son obtenu dans cette derniére partie et celui des parois thoracius au Cœur.

ques qui ne répondent pl herche n’est pas pratiquée, parce

Mais cette dernière rec étendue de la surface du cœur qui correspondimmédia-

de la poitrine, est toujours en raison de son

quel t augmenter qu’en repoussant les pou-

tement aux parois volume dont il ne peu

mons en dehors.

horaæ en arriére. — L'exploration du tho-

Percussion du t Fax n'offre pas moins d'intérêt en arrière qu'en avant, En

608 à PERCUSSION DU THORAX EN ARRIÈRE.

effet, € est. le bord le plus épais des poumons qui correspond

aux gouttières verlébrales, et qui , par suite de ses plus grandes dimensions, est exposé à des affections plus fréquentes. 6 La colonne vertébrale percutée, dans tout son trajet qui correspond à au thor ax, donnera, comme l'avait déjà remarqué l'auteur de la percussion (Avenbrugger), le son clair (pulmopal) résultant de. son rapport avec les poumons jusqu'aux deuxiéme BL troisième fausses côtes.

Aprés l'exploration de cette tige médiane, on percutera les parties immédiatement siluées à droite et à gauche, et formant, par leur réunion, une zone médiane étendue du sommet du thorax à sa base , entre deux verticales, passant

ar le bord vertébral des omoplates. Dans toute son étenduë on doit trouver, à droite comme à gauche , le son clair (pulmonal) jusqu'aux deuxième et troisième fausses côtes qui répondent encore à une lame mince de poumon en dedans.

Mais quoique cette zone soit immédiatement appliquée sur les poumons, dans presque toute la longueur du thorax, l'épaisseur de’ceux-ci à différentes hauteurs,et quelquefois la situation des organes sous-jacents anormalement développés, tels que le cœur, l'estomac et le foie , quand ce dernier $e prolonge jusqu’à la colonne vertébrale, ne seront pas sans influence sur les sons obtenus. Toutefois, il est facile d'assigner Ja nature ainsi que la place de ces modications, et de les rapporter à l'organe auquel elles appartiennent.

Les deuxautreszones qui nous restent à examiner à la partie postérieure offrent à peu prés chacune le même diamètre transversal que la zone médiane. Elles sont limitées en dehors par une verticale qui passerait par le rebord postérieur du creux de l’aisselle, inférieurement par la base du thorax, supérieurement par les régions sus-épineuses répondant au sommet des poumons en arriére.

La région sus-épineuse correspondante à la fosse sus-épineuse de l’omoplate ne donnera un son remarquable qu’aus tant que l'abaissement de l'épaule permettra à la percussion de s'exercer sur les côtes, sans que l’épaisseur de l’omoplate absorbe le son.

On obtiendra alors, dans l’état normal, un son clair (pulmonal), mais Moins prononcé que celui en avant de la poi-

‘ trine, à cause de l'épaisseur des muscles de cette partie postérieure. Cependant, comme l’a déjà remarqué Gorvisart,

. dans la percussion directe, il suffit d’un peu d'habitude pour ne pas s’y méprendre. Car l’élasticité que lon ressent sous les doigts en percutant, suffit pour détruire tous les soupçons d’un état morbide , dont la présence serait PRÉE à cause de la moindre clarté du son,

Pour percuter la région sous- épineuse, Febaulo doit être écartée du tronc par la direction du bras en haut et en dehors. On remplit facilement cette indication en disant . aux malades d'étendre les bras en avant comme pour nager, ou de les croiser, et en même temps d’arrondir le dos, où comme on le dit yulgairement faire gros dos. De cette manière lomoplate glisse sur le côté et dégage les côtes, sur lesquelles on pourra appliquer plus directement l'instrument.

Cette région, bornée en bas par les sixième ou septième côtes, correspondantes à l'angle inferieur de l’omoplate, donne le son clair (pulmonal) un peu plus manifeste que celui dela région sus- -épineuse. Plus bas ,làa sonoréité ne se ressemble pas des deux côtés ; à droite, 1 percussion offre de la mâtité qui commence ordinairement un pouce et demi au-dessous de l'angle inférieur de lomoplate ; à dater de cet angle ,1a percussion doit étre pratiquée avec force, surtout en dedans, en tirant vers l’épine , pour faire ressortir le son mat du foie, du son clair de la lame légére du poumon qui en recouvre les limites supérieures et internes.

A gauche, on obtient un son pulmonal très manifeste, qui, quoi qu’en dise Avenbrugger, se continue un peu plus bäs que du côté opposé ; ilne cesse que tout-à-fait en bas, ou la présence de la rate rend un son mat, moins prononcé que célui du foie dans l'étendue de trois à quatre pouces. Dans beaucoup de cas même, la rate est trés petite et deviée en dedans par les intestins et l'estomac dilatés, de sorte que l'on trouvé le son tympanique sur la région que [à rate devait occuper.

Les points de passage du son pulmonal au son mat de la rate, et de celui-ci au son tympaniqué de l’estomae, nous donnéront une idée exacte des limites supériéures eblatérales de la rate. Si la rate est séparée du rein ‘infériéurenient paf une anse intestinale, la transition rapide du son mat aü $on tympanique, de la résistahce aux doigts, à l’élasticité, nous feront connaître ses limites inférieures ; maïs lorsque la rate est contiguëé à l'organe sécréteur de l'urine, on ne pourra ayoir que des probabilités sur la terminaison de cét organe,

Page 1