PERCUSSION DU THORAX CHEZ LES VIEILLARDS
pratiquer la percussion , à examiner des sujets de conformation différente, pour connaître le siége de chaque son et ses limites normales.
Quant aux distinctions tirées de la variété de sonoréité des
organes, lorsque les différences ne sont pas tranchées, elles se perçoivent moins par la comparaison des sons obtenus avec un type fondamental primitivement gravé dans l’esprit, que par le changement que l’oreille saisit lorsqu'on passe d’un organe à l’autre.
. Avant de passer à l’exploration des états morbides des organes thoraciques, nous devons signaler quelques modies que présente la résonnance selon la différence de ’âge.
Les poumons des enfants sont généralement plus perméables à l’air que ceux des adultes; leurs muscles sont minces, de même que toutes les enveloppes du thorax, conséquemment la résonnance est ordinairement plus claire ; souvent même on peut obtenir chez eux, comme nous le dirons plus bas, le bruit de pot fêlé. ns
Mais c’est surtout chez les vieillards, dont les poumons subissent des modifications importantes, que l’on observe également le plus grand nombre de particularités dans la résonnance du thorax. C’est à MM. Hourmann et Dechambre que nous devons la plus grande partie des connaissances que nous possédons sur ce sujet. D’après ces médecins, la résonpance est en général augmentée chez les vieillards, ce qui s'explique par la raréfaction du parenchyme pulmonaire, et par la rigidité des parois thoraciques. Très souvent, surtout quand il s’agit des poumons du troisième type de ces médecins, la résonnance égale celle qu'on perçoit dans l'emphysème le plus prononcé des adultes.
« Mais les résultats de la percussion sont encore modifiés différemment, suivant les régions qu’on examine. Ainsi, en avant, celle qui correspond à la moitié interne de la clavicule, n'offre qu'une sonoréité médiocre, beaucoup moindre surtout que celle qu’on rencontre à la région antérieure et supérieure. Or, ce double fait est précisément l'inverse de celui signalé chez l'adulte par Laënnec, et provient de deux causes ; 4° de la présence presque constante d’indurations noires ou grises au sommet des poumons ; 2° de ce que la clavicule est ordinairement très arquée chez les DU a | P9s
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» Au contraire, l’atrophie des seins fait que cette sonoréité conserve toute son intensité dans le grand espace compris entre le bord du stérnum, la clavicule, le bord axillaire de l'omoplate , et le niveau de son stomacal à gauche, et de là matité hépatique à droite. LATE RERO RER eu ” » Quant à la région sternale, elle est généralement peu sonor, tant à cause de la voussure que nous y avons signalée, qu'à cause de la petitésse des poumons qui ne leur permet pas de s’avancer sous elle, pour se joindre sur la ligne médiane. Il en résulte encore que, chez les vieillards, le cœur, bien découvert, donne une matité trés prononcée qui traduit exactement son volume. , F1
» En arriére, quand le scapulum, par suite de l'inclinaison de la colonne, a éprouvé un mouvement de bascule, la sonoréité est plus obscure encore dans les fosses sus et sous-épineuses que chez l’adulte bien conformé. |
» Mais, en raîson de la minceur des muscles, elle est au contraire plus intense, quand cette inclinaison n’a pas lieu. Quelquefois même la maigreur est telle, que la fosse sus-épineuse représente un creux profond et irrégulier qüi rend la percussion difficile, et c’est là un des points où le doigt remplace alors le plessimêtre avec le plus d'avantages.
» Tout le reste de la partie postérieure du thorax offre une sonoréilé considérable, elle est quelquefois obseurcie au niveau des inégalités partielles qui existent, dans quelques cas, dans la saillie des côtes, indépendamment des déviations de Ja colonne (4). » Le foie et l'estomac sortent souvent, en partie, de la cavité thoracique, comme par une sorte d’énucléalion, disposition qui, méconnue, pourrait Contribuer à faire commettre beaucoup d’erreurs de diagnostic.
Néanmoins, il faut excepter des vieillards avec les caractères ci-dessus, ceux qui conservent un teint frais ; ceux dont le thorax est recouvert d'un panicüle plus ou moins épais de graisse, dont les muscles sont bien nourris , el chez qui le thorax ne subit aucune modification sensible dans sa conformation, si ce n’est un léger aplatissement latéral en haut,
(1) Recherches cliniques pour servir à l'Histoire des maladies des vieillards, faites a la Salpétrière , par MM. Hourmann et Dechambre. Voyez Archives générales de médecine, deuxième série 4 tome IX,