EXPLORATION DES REINS
avoir recours. M. Piorry conseille de plus l'exploration sur le côté , ou sur la paroi antérieure du ventre.— Voici comment il s'exprime à l'égard de ce dernier : « En avant, le malade étant placé sur le dos , on percute au dessous du foie et de la rate, à la hauteur d’une ligne verticale qui correspondrait au mameion; on déprime profondément les parois abdominales, et on cherche à découvrir si le son qu’on obtient ne devient pas mat, de clair qu'il était superficiellement. Cette matité peu être en rapport avec le rein, ou avec des parties engorgées, remplies de matiéres, etc.; mais s’il arrive qu’on la retrouve assez profondément pour que l’espace qui sépare le point où on parvient à la saisir ne soit séparé de la surface correspondante des lombes que par une étendue en rapport avec la dimension normale du rein et des tissus interposés, il en faut déduire que celui-ci n’est pas hypertrophié. Cette conclusion devient encore heaucoup plus évidente si, à quelque profondeur que le plessimétre soit porté et percuté, «on continue à trouver toujours un son t\mpanique » (')
Il faut avouer que ce procédé , qui paraît avoir tout pour lui en théorie, doit étre rarement applicable dans ia pratique. Il est rare de trouver les parois du ventre assez dépressibles, pour rendre possible l'exécution de ce procédé.
Une précaution importante à prendre, dans l’exploration du ventre, c’est d'appliquer le plessimêtre, tantôt superficiellement sur ses parois, tantôt profondément par la dépression de celles-ci, afin d'examiner successivement les organes superficiels et profonds.
Si une tumeur existe dans un des flancs, un aide placé vers le flanc opposé, tirera à lui les intestins, afin d'éviter la confusion du son de la tumeur avec le son intestinal.
Si les reins augmentent de volume, la percussion, pratiquée avec le soin convenable, constatera la matité dans une étendue plus considérable qu’à l’état normal; lorsque la tumeur à laquelle donne lieu l’affection rénale est assez considérable, on peut, souvent alors, reconnaître sa présence et en déterminer le siége par le procédé que nous venons d’exposer, et que nous avons cru difficilement applicable aux cas ordinaires.
(1) Traité de diagnostic et de séméiologie , par P, A. Piorry, Paris. 1837, tom. II, p. 354.