DE LA PERCUSSION DE -L'ABDOMEN
Mes ! N
A, Etat normal. — Nous comprendrons dans la percussion de l'abdomen, tous les organes situés entre la ceinture, partie osseuse, partie cartilagineuse de la base du thorax ostéologique, et la eirconférence supérieure du bassin. |
La paroi abdominale antérieure, plus étendue que la paroi postérieure, est très allongée sur la ligne médiane, où elle correspond en haut à l’échancrure de la base du thorax, et en bas au sommet de l'angle, largement ouvert, que forment les plis des deux aines à leur rencontre au niveau du pubis.
Pendant l'exploration des organes abdominaux, le malade doit étre couché sur le dos, et les muscles de l'abdomen relàchés. On répondra à cette dernière indication, en faisant fléchir les jambes sur les cuisses et les cuisses sur le bassin.
On emploie presque exclusivement le plessiméètre en ivoire dans la percussion des organes abdominaux. Le doigt n’est ni assez large, ni assez solidement fixé sur les parois mobiles du ventre, pour les déprimer convenablement.
En percutant transversalement la partie antérieure de la base du thorax, nous avons trouvé à droite le son mat du foie, à gauche le son tympanique du corps et du eul-de-sac de l'estomac. Si nous percutons l'abdomen dans le même sens, à partir des limites du thorax ostéologique, nous trouvons dans l’'échancrure de la base du thorax le son tympanique (stomacal), des régions cardiaque et pylorique de l'estomac, un peu moins clair que celui de la partie externe de cet organe.
Plus bas, le colon transverse, étendu à droite et à gauche immédiatement au-dessous du foie et de l'estomac, donne le son intestinal également tympanique, mais un peu moins clair que le premier. Toute la partie située au-dessous (régions sus-ombilicale, ombilicale et sous-ombilicale), rend le son tympanique (intestinal) plus ou moins prononcé.
La percussion du ventre en sens vertical nous offre des résultats non moins saillants ; commençons à l’exécuter à droite, en partant de la premiére courbure du colon, déjà notée en dehors au-dessous du foie; on descendra le long de
‘ja partie ascendante de cet intestin jusqu'au cœcum. Dans
tout ce trajet Le son sera plus ou moins clair; mais le CŒCUM à
PERCUSSION DE L'ABDOMEN. qui
presque exclusivement rempli de gaz, rendra un son tympanique très prononcé, pour ainsi dire stomacal, circonstance que nous saurons plus tard mettre à profit. Ensuite on portera successivement la percussion en dedans jusqu'à la ligne blanche. Dans toute cette étendue, on doit trouver un son tympanique intestinal, provenant des intestins et en particulier des intestins gréles remplis de gaz.
La ligne médiane du ventre (ligne blanche) répondant, dans Véchancrure du thorax, à la région pylorique de l'estomac, rendra également le son tympanique, dans tout son trajet jusqu’au pubis. On retrouvera également le son tympanique, intestinal dans toute la moitié gauche du ventre.
B. Etat anormal.—Le son anormal rendu par les parois abdominales, dans l’état morbide, diffère du son normal, tantôt par sa plus grande clarté, soit dans un seul organe, comme dans la dilatation de l'estomac, soit dans toute l'étendue du ventre, dans les cas de météorisme, tantôt au con: traire par sa matité. La matité est également plus ou moins grande et accompagnée d’une résistance proportionnelle. Difficile à circonscrire dans les intestins, elle est plus fixe et plus bornée, lorsqu'elle répond à l'hypertrophie du foie , de la rate, etc., ou aux différentes tumeurs de l'abdomen.
Dans l’état sain , la percussion ne donne aucun indice de la présence de la vessie, de la matrice et des ovaires, el si l’on trouvait de la matité dans une région correspondante au siége de ces organes, celle-ci deviendrait par la même un signe morbide.
La percussion de la partie postérieure du tronc correspondante à l'abdomen, offre moins d'intérêt. Il est trés difficile de bien limiter les reins dans l’état normal, à travers la couche épaisse des muscles de cette région.
On peut cependant vaincre quelquefois les difficultés et arriver à déterminer assez exactement les limites de ces organes. Pour obtenir ce résultat, on couchera le malade à plat sur le ventre , afin que par la compression de celui-ci les
viscéres soient refoulés vers sa paroi postérieure pour y offrir un son tympanique au milieu duquel il sera plus facile de distinguer la matité des reins. Le plessimétre doit, en outre, étre déprimé le plus profondément possible.
Ce procédé , quoique difficile dans l'exécution, nest pas trés fatigant pour le malade, et c’est à lui que nous préférons