AUSCULTATION DE LA RESPIRATION ET DE LA VOIX DANS L'ÉTAT MORBIDE
A. Respiration anormale. — Pour bien concevoir ce que nous allons dire dans ce chapitre, l'esprit doit se représenter distinctement trois parties dans l'épaisseur de chaque poumon, 4o la partie bronchique, 2e la partie vésiculaire, 3° la partie plévrale. Lorsque ces trois parties sont exemptes de lésions ,l'air passe librement des bronches aux vésicules pulmonaires, en produisant un murmure particulier propre à la respiration normale. Le poumon, gonflé par Pair introduit pendant chaque inspiration, s'approche des parois de la poitrine, la plévre pulmonaire frotte contre la plévre pariétale, sans que leur contact produise un bruit particulier. 4° Mais il est des cas où chacune des trois couches pulmonaires (bronches, vésicules, plévre) ne cessent pas d’être saines , et où cependant le murmure respiratoire ou la respiration vésiculaire est bien plus prononcée qu’à l'état normal. Cette forme de respiration est normale chez tous les enfants, circonstance qui l’a fait désigner sous le nom de respiration puérile. Mais sa présence,:chez les adultes, indique le plus souvent une affection des poumons, non pas qu’elle réside dans les parties qui offrent ce caractére, mais parceque l’exaltation observée dans un poumon suppose l’affaiblissement de l’activité respiratoire, soit dans d'autres parties du même poumon (pneumonie partielle, Andral), soit dans le poumon opposé. Ainsi, comme l’a déjà observé l’auteur de l’auscultation, lorsqu'un poumon devient inactif, dans une affection quelconque, l’autre remplit sa fonction par un redoublement d'énergie.
! Quelle est la cause de cette exaltation de l’expansion vési-
culaire? Nous ne pensons pas, avec quelques auteurs, que la res- - piration puérile dépende toujours de l’hypertrophie des poumons, ou, en d’autres termes, de l'augmentation du nombre