RESPIRATION SACCADÉE
des cloisons vésiculaires et des vésicules. La rapidité avec laquelle cette forme de respiration se manifeste dans les dif: férentes affections des poumons , éloigne de nous toute idée d'kypertrophie proprement dite, et nous porte à admettre l'opinion de M. Cruveilhier.
Cet anatomiste dit avoir fréquemment observé dans les poumons des lobules qui sont, pour ainsi dire, en réserve, et qui n’agissent que dans les grandes inspirations (4).
Fondé sur cette observation, nous pensons que la respiration puérile dépend de l'entrée de l'air dans un nombre plus considérable de vésicules, Que dans l'état normal. On peut même, jusqu’à un certain point, se rendre compte de cette particularité anatomique par dés raisons physiologiques. La respiration est en effet la base de l’hématose qui a un double but chez les enfants, de pourvoir à l'accroissement puis à la réparation des pertes que nous subissons tous les jours. Chez les adultes, au contraire, l'accroissement étant une fois achevé, le sang n’a plus qu’à fournir des molécules suffisantes pour compenser celles que l’économie perd par les différentes voies. La respiration n’a donc pas besoin d’être aussi large chezles adultes qu’elle l’est chezles enfants ; l'étendue de la surface qui permet le contact de l'air avec le sang, doit être nécessairement plus grande chez ces derniers, et le bruit de la respiration vésiculaire, plus fort,
20 Nous avons entendu quelquefois une sorte de respiration saccadée; le premier bruit se divisait en deux bruits d’une force inégale, comme si l'air n’entrait dans les vésicules pulmonaires qu'après avoir vaincu quelque résistance. Cette variété de respiration s'entend souvent chez les malades atteints de tubercules pulmonaires disséminés. Nous l'avons également constaté chez des hypocondriaques qui se croyaient être affectés de tubercules. Ce bruit dépendrait-il d’un spasme passager des extrémités des tuyaux aériens, spasme consécutif à lirritation des filets nerveux par la présence des tubercules, ou à la suite d'un désordre dans le systéme nerveux général, constituant l’hypocondrie? Nous n'avons peut-être pas vu assez de faits pour donner cette
; (1) Loco citata,
BRUIT EXPIRATOIRE. #31 opinion comme certaine. Nous sommes cependant porté à le croire; car dans quelques circonstances nous avons vu cette espèce de respiration disparaître pour un temps plus ou moins long après l'emploi des calmants.
39 M. Andral a signalé le premier une autre modification de la respiration que l’on peut exprimer assez bien par le nom de bruit eæpiratoire, ou bruit d'expiration. Nous avons dit plus haut qu’à l’état normal on entend deux bruits de la respiration, dont l’un correspond à l'inspiration, et l’autre à l'expiration, et que ce dernier est généralement plus faible, qu’il y a même des personnes chez qui il est difficile de le distinguer. Or, il est des états pathologiques dans lesquels l'inverse a lieu, où le bruit de l'inspiration est couvert par Celui de l’expiration, devenu fort et bruyant. Ce bruit indique , d’après M. Andral , l'existence de tubercules déjà assez volumineux, et qui ont oblitéré plusieurs tuyaux bron- Chiques. On peut l'entendre soit dans les régions sous-cladiculaires, soit dans les fosses sus et sous-épineuses.
Tout en regardant comme réel le fait de la coïncidence de ce bruit avec les tubercules , il faut avouer qu’il est difficile de s’en rendre compte suffisamment par la présence de quelques masses tuberculeuses. Nous ne pouvons nous empêcher de voir encore dans ce phénomêéne une espèce d'augmentation dans l'irritabilité des vésicules pulmonaires, qui fait qu’elles ne se laissent pas assez distendre par l'air, et qu'aussitôt qu’elles sont un peu développées par l'inspiration, elles re-
viennent spasmodiquement sur elles-mêmes pour expulser l'air au dehors. Ainsi, en admettant même la fréquence de la coïncidence de ce bruit avec les tubercules, nous sommes encore loin de le regarder comme leur signe pathognomonique.
4e Une autre modification de la respiration a lieu lors de la dilatation des bronches.
La respiration est trés bruyante, l’oreille saisit facilement que l’air passe par des tuyaux d’un gros calibre, avant d'entrer dans les vésicules dont une grande partie est devenue imperméable à l'air, par suite de la compression exercée par les parois des bronches dilatées.
Dans ce cas, le murmure respiratoire est presque complétement étouffé par le souffle bronchique diffus. C’est cette espèce de respiration que l’on entend très souvent chez les