‹ Précis pratique et raisonné du diagnosticChapitre 15 sur 240 · VÉSICULES · texte numérisé non relu

VÉSICULES

sicules est résorbée et lherpes se termine par desquamation, ou le liquide s’en éconle et forme de petites lamelles extrêmement minces.

L'herpes iris se développe le plus souvent sur la face dorsale des mains, sur le coude-pied, sur l’olécrâne, les malléoles , ete., etc. |

b) Æczema. Cette affection se caractérise par l'éruption de vésicules très petites, rapprochées et agglomérées, surmontant ordinairement une surface plus ou moins étendue de la peau, d’un rouge plus où moins vif. Les vésicules se rompent ensuite, et le liquide qu’elles contiennent se prend ordinairement en squames plus ou moins épaisses et plus ou moins étendues. Les squames se détachent ordinairement, et sont remplacées par d’autres , en formant ainsi plusieurs séries successives. La peau qui en est couverte présente de nombreuses excoriations dont il suinte continuellement un liquide ichoreux très abondant, ce qui à fait à M. Alibert nommer cette éruption : herpes squamosus madidans. Au bout d’un temps plus ou moins long, l’exhalation se tarit, et il survient alors ‘une desquamation sèche ; Se présentant sous la forme de squames minces, blanchâtres, plus ou moins adhérentes, auxquelles M. Alibert a donné le nom de dartre squameuse.

L’eczema peut occuper les différentes régions

du corps; le plus souvent il est partiel, et alors on en distingue plusieurs variétés par rapport à son siége : £czema du cuir chevelu , connu sous le nom de teigre furfuracée et amiantacée ; celui des oreilles, des paupiéres ; des parties génitales des hommes et des femmes; du »2ameloi.

Dans tous ces cas, l’eczema conserve toujours les caractères anatomiques que nous avons décrits, et s’il est quelque différence entre les symptomes, elle ne tient qu'aux dispositions de ces organes et à la différence des fonctions auxquelles ils sont destinés.

On distingue en outre quelques variétés d’eczema d’après la forme extérieure de léruption:

1) Æczema solare , éruption vésiculaire qui se présente sur les parties découvertes , exposées longtemps à l’action du soleil.

2) Eczema impetiginodes , caractérisée par une inflammation plus vive des vésicules, qui prennent alors la forme de pustules analogues à celles de l'impetigo. La rupture de ces vésicules est suivie de la formation de croûtes jaunâtres, molles, assez analogues à celles de l’impetigo.

3) Eczema rubrum , qui consiste dass une éruption vésiculaire, supportée par une base très rouge, très enflammée, accompagnée d’un gonfle-

ment assez prononcé des parties, presque érysipé-

VÉSICULES. 207 Jateux. L’éruption peut quelquefois envahir successivement toute la surface du corps, qui se couvre alors d’excoriations, avec gercures dou- Joureuses aux plis de la peau. Après la rupture des vésicules surviennent des squames jaunâtres et croûteuses, plus ou moins humides et plus ou moins adhérentes.

c) Gale.— Après un prürit léger des parties sur lesquelles s’est opérée la contagion, on Îles voit se couvrir de petites vésicules, le plus souvent pâles comme la peau environnante, plus rarement légerement rosées, comme cela s’observe chez les sujets jeunes et sanguins. Cette éruption, qui peut se présenter dans plusieurs régions du corps, affecte de préférence les intervalles des doigts et le poignet. Plus tard, les vésicules grossissent, et s’étendent aux avant-bras, aux plis des coudes, gaguent quelquefois la poitrine , souvent les membres inférieurs , les cuisses , les jarrets, etc. Dans beaucoup de cas, les malades, ne pouvant résister au prurit intense qui accompagne cette éruption, se grattent beaucoup, et alors la surface malade peut présenter un aspect différent de celui que nous venons de décrire. Les vésicules ainsi déchirées laissent écouler un peu de liquide qui forme de petites écailles ou croûtes légèrement adhérentes.

A ° 3 D'un autre côté, l’action des ongles provoque

une nouvelle inflammation dans la peau, qui peut se présenter sous diverses formes, revêtir les caractères de différentes éruptions pouvant se confondre plus ou moins avec la gale. Ces éruptions secondaires peuvent être l’érytheme , l’eczema impetiginodes , l’eczema rubrum, l’ecthyma, le lichen, les furoncles, ete. À cette époque, le diagnostic de la gale peut offrir quelques difficultés.

Toutes les variétés qu’on a voulu établir dans la gale sous le nom de gale papuleuse, aqueuse, purulente, cachectique, ne sont, comme le remarque très bien M. Biett, que des complications provenant de différentes influencès extérieures ou des dispositions individuelles des malades.

Nous devons à l’habileté de M. Renucci un fait d’une grande importance, la découverte de lacarus dans les vésicules de la gale. Sa présence avait été signalée depuis long-temps, mais il fallait que sa démonstration eût lieu dans une ville aussi influente que Paris pour obtenir l'approbation de tout le monde; or M. Renucci nous a montré l'acarus à plusieurs reprises, et il a surtout fixé le premier l'attention sur la ligne blanchâtre qui se trouve d’un côté de la vésicule, et qui contient précisément l’insecte. Cette découverte peut être avantageusement appliquée au diagnostic de la gale, qui d’ailleurs, il faut le dire , n’oïfre pas, en géné- :

VÉSICULES. 239 ral, beaucoup de difficulté. Avec un peu d'attention, il est impossible de confondre la gale avec le prurigo, dont nous parlerons plus tard, qui consiste dans une éruption papuleuse; il n'a pas le siége d'élection particulier à la gale, mais il occupe la face postérieure des membres, le dos, etc.

Le lichen est aussi une affection papuleuse, et il est difficile , avec un peu d'attention, de le confondre avec la gale. Cette erreur ne pourrait avoir lieu que dans le lichen des mains, éruption à laquelle on a donné le nom de gale des épiciers ; mais dans ces cas même, on voit que la forme de Véruption n’est pas vésiculeuse, et que son siége n’est pas entre les doigts.

L’eczema rubrum et l’eczema impetiginodes pourraient offrir quelque ressemblance avec la gale ; mais l'eczema rubrum ne se montre surtout que dans les régions où la transpiration est abondante, et l'eczema impetiginodes offre un degré d’inflammation qui ne se rencontre pas dans la gale. . d) Méliaire.—C'est encore une éruption vésiculeuse. Elle diffère des autres en ce qu’elle succède à un mouvement fébrile qui dure plus ou moins long temps. Les vésicules qui constituent la mi- Jiaire couvrent des surfaces étendues, et ne laissent pas entre elles des intervalles de peau saine. Leur

marche est régulière; quatre à cinq jours après

leur développement, l’éruption se termine par desquamation, et les squames ne reparaissent plus comme dans l’eczema.

C’est dans la classe de la 7niliaire qu'il faut compter toutes fes éruptions vésiculeuses, survenant à la suite de l’action des corps irritants , appliqués à la peau, ou à la suite des propriétés irritantes de la sueur, comme cela s’observe dans beaucoup d'affections accompagnées de transpiration abondante, à la suite de frictions mercurielles, ou de frictions avec lhuile de croton-tiglium, etc.

e) Varicelle, — La varicelle ou chicken-pox est constamment précédée des symptômes généraux communs à la plupart des autres fièvres éruptives ; mais ils sont moins prononcés, et ils ne durent que vingt-quatre à quarante-huit heures. Elle est caractérisée par l’éruption de petites taches rouges se montrant d’abord sur la figure, surtout sur Ja lèvre supérieure et autour du nez, et se propageant ensuite au reste du corps. Ces taches sont plus ou moins nombreuses, elles sont rarement confluentes. Dès le lendemain, il se forme au centre de chaque tache une vésicule très petite; le deuxième jour, la vésicule prend Paspect pointu ou arrondi; le troisième jour lhumeur qu’elle contient devient jaunàtre; le quatrième Jour, les vésicules se rident, le

cinquième, l'humeur qu’elles contiennent se desse-

VÉSICULES. SÂT

che; et le sixième jour, elle se transforme en petits grumeaux brunâtres, adhérents à la peau à la place des vésicules.

Cette affection est disséminée, comme on le voit, sur toute la surface du corps; on pourra, par conséquent , la distinguer assez facilement de lherpes, dans lequel les vésicules se trouvent groupées sur les différentes régions.

D’après ce que nous venons de dire, on voit que la varicelle, telle que nous venons de la décrire, constitue une affection différente de la variole par ses caractères anatomiques. Mais en’est-il de même de sa nature? Quelques médecins regardent la varicelle comme une affection sué generis. Eichhorn et Barnes, cités par M. Rayer, ont vu des épidémies de varicelle sans qu’il y eüt en même temps, ni même depuis quelque temps, de varioles. Mais ces arguments perdent leur valeur devant les faits authentiques qui prouvent la possibilité d’'inoculer directement la varicelle, devant les faits qui prouvent que la varicelle peut donner lieu à la variole, et réciproquement , et que sur le même individu on observe souvent les deux formes élémentaires confondues.

En définitive, nous regardonsla varicelle, d'accord avec Thomson et M. Rayer, contre l'opinion de Eichhorn , de Bryce et d’Abercrombie , comme une

modification de la variole ; ces deux éruptions se développent souvent sous la même influence atmosphérique; le même agent morbide parait produire toutes les deux, excepté que la forme vésiculeuse affecte plutôt les individus qui ont déja subi l'influence de la variole ou du vaccin, où enfin les personnes qui, bien qu’elles ne se trouvent pas dans cette dernière condition, ont une constitution défavorable au développement de la variole pustuleuse. La varicelle constitue donc, d’après nous, le plus faible degré de la variole , et elle ne

préserve pas de l'éruption des pustules varioliques. $ IT, Éruptions bulleuses,

a) Pemphigus. — C'est une éruption bulleuse , précédée quelquefois de symptômes généraux.

L’éruption des bulles succèdeà de nombreuses taches rouges, érythémateuses, laissant entre elles

des intervalles libres, Ces taches se couvrent de bulles avec une si grande rapidité, qu’il est difficile de séparer ces deux périodes de Péruption.

Les bulles du pemphigus sont parfaitement sem blables aux ampoules produites par lPeau bouillante; elies contiennent une sérosité claire ou légèremént citrine, Deux ou trois jours après leur éruption , elles se rompent, et après avoir laissé

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