‹ Précis pratique et raisonné du diagnosticChapitre 16 sur 240 · BULLES · texte numérisé non relu

BULLES

écouler le liquide qu’elles contiennent, elles s’affaissent, se rident et forment des squames minces et rougeûtres. Les caractères que nous venons de décrire , correspondent en général à la variété Pompholix benionus de Willan. Une autre variété signalée par cet auteur est le Pompholix diutinus ou chronique.

Dans cette variété on observe plusieurs éruptions consécutives qui se reproduisent plusieurs fois. La peau offre alors de nombreuses excoriations quelquefois excessivement douloureuses, La troisième variété de Willan, qui a été également observée par M. Biett, est le Pompholix solitarius.

Cette variété est caractérisée par l’éruption d’une bulle très large, quelquefois du volume d’un gros œuf de poule, survenant sur le dos, la main, etc., et suivie de deux ou trois autres cloches pareilles qui se développent dans son voisinage, Enfin la dernière variété de pemphigus a été observée plusieurs fois par M. Biett. Voici quelle est sa description donnée par M. Gibert (1). Ordinairement tout le système tégumentaire est envahi; la peau, rougie assez vivement dans beaucoup de points, blanche dans d’autres, est partout recouverte de

squames jaunâtres et croûteuses (traces d’ex-

& (1) Manuel des maladies spéciales de la peau; etc, , 1 vol. in-18, grand papier, 1834, p. 115.

coriations bulleuses récentes), ou de lames épidermoïques sèches, blanches et foliacées, qui se soulèvent et se détachent, et sont les débris de bulles plus anciennes, imparfaitement développées, qui se sont rompues et détruites dès leur apparition , presque avant de s'être soulevées en phlyctènes.

b) Rupia.—Cette affection consiste dans l’éruption d’un petit nombre de bulles isolées les unes des autres, offrant un volume assez considérable, et supportées par une base plus ou moins rouge et enflammée. Ces bulles s’observent surtout sur les membres inférieurs, quelquefois sur les lombes ; elles contiennent un liquide séreux qui prend plus tard l'aspect purulent, et qui, au bout de quelques jours, s'écoule au dehors et se transforme en croûtes superficielles, brunûtres, offrant en dessous des excoriations, Bateman en a distingué trois variétés : 1° Aupia simple, telle que nous venons de la décrire; 2° Rupia proeminens, dans laquelle les croûtes ont la forme conique et se composent de plusieurs couches successives ; et 3° 7upia escharotica, qui, chez les jeunes enfants cachectiques, se termine quelquefois par des escarres gangréneuses.

Les croûtes de rupia, en tombant, laissent or-

dinairement à leur place des taches livides.

PUSTULES, 2/5 $ IV. Éruptions pustuleuses.

a) Fariole. — La variole ou la petite-vérole est une éruption pustuleuse à marche régulière susceptible d’être divisée en cinq périodes ; la première période est celle d'iscubation qui est ordinairement de dix à vingt jours; M, Piorry a cité, dans sa Médecine pratique, un cas où l’incubation n'avait duré que douze heures, La deuxième période ou la période d'érrasion se caractérise par un mouvement fébrile général , accompagné d’agitation, de lassitude, de douleurs dans les membres, et surtout dans la région lombaire, de vomissements, d’insomnie, quelquefois de délire ou d’hémorrhagie nasale, Avecautant detroubles fonctionnels , il est difficile de trouver des lésions d’organes auxquelles on puisse les rattacher; deux ou Lrois jours, quelquefois vingt-quatre heures seulement après, commence la troisième période, celle de l'éruption, Au début de celle-ci, on voit quelquefois une rougeur érythémateuse couvrir la face et le tronc. En même temps, on voit déjà l’éruption commencer à s’opérer sur la lèvre supérieure, autour des ailes du nez et au front, à la racine des cheveux. De là elle s'étend au reste de la face, à la bouche, à la gorge, à la peau du tronc et des membres,

L'éruptæn variolique est caractérisée d’abord par de petites élevures rouges de l'apparence papuleuse, qui offrent bientôt, le deuxième ou le troisième jour, une sorte d’aplatissement à leur sommet , suivi d’une dépression ombiliquée. L'humeur contenue dans les pustules est d’un blancargentin, pour ainsi dire demi-transparente. Le troisième ou le quatrième jour de l’éruption , elles acquièrent le maximum de leur développement; la dépression centrale devient la plus prononcée, les pustules deviennent blanchâtres et entourées d’une ahréole rouge. Les parties couvertes par les pustules et surtout la figure et les mains deviennent tuméfiées, et l’éruption est alors arrivée à sa quatrième période ou la période de suppuration.

Lorsqu'une fois l’éruption arrive là, les pustules commencent à se dessécher (cinquième période, dessiccation). La tuméfaction diminue, l'humeur contenue dans les pustules s’évacue au dehors eten se desséchant paraît ne former qu'une seule croûte d’un brun jaunâtre, qui recouvre la figure en forme de masque. Dans d’autres cas, il n’y a pas de formation des croûtes, seulement le pus est résorbé et les pustules s’affaissent.

Le masque dont nous venons de parler se détache ordinairement du cinquième au sixième Jour

de sa formation, et est remplacé par des desqua-

mations successives, qui disparaissent enfin du quinzième au vingtième jour de la maladie.

Dans quelques cas, les sommets des pustules s’ulcèrent et donnent lieu à des ulcérations plusou moins profondes, suivies ordinairement de cicatrices difformes. Voilà quelle est la marche ordinaire de l’éruption de la variole, En général elle n’envahit que successivement les différentes régions du corps, et la même succession s’observe encore pendant tout le cours de son développement, C’est sur la face que l’éruption commence en premier lieu, et c’est sur la face aussi que l’on voit d’abord débuter la dessiccation de sorte que la figure présente déjà le plus souvent des croûtes, lorsque les pustules des membres achèvent seulement leur développement.

Tout ce que nous venons de dire s’applique surtout à une forme de la variole connue sous le nom de variole confluente. On en distingue encore une autre : variole discrète; mais toute la différence entre ces deux éruptions consiste dans le nombre des pustules. |

Dans d’autres cas, léruption variolique, au lieu de présenter cette régularité dans son développement, peut offrir quelques anomalies. C’est ainsi

qu’au début de la période d’éruption, on voit

quelquefois survenir des ecchymoses bleues ou noirâtres plus ou moins circonscrites ; plus tard le développement des pustules s'arrêter deux ou trois jours après leur éruption, et les pustules contenir une sérosité sanguinolente au lieu de pus. C’est une variété de variolæ nigræ, et qui n'est, à ce qu’il paraît, que la complication de la variole avec le purpura, |

Après l’inoculation de la variole, on observe à peu près les mêmes séries d'évolution dans l'éruption que dans les varioles spontanées, avec cette seule différence que Péruption est le plus souvent double, qu’il se forme d’abord des pustules sur les endroits inoculés, qui suivent la marche des pustules survenues spontanément et se dessèchent le neuvième jour, et que ce n’est que douze jours après l’inoculation, qu'ilsurvient ordinairement une éruption secondaire, consistant en une éruption discrète, des pustules varioliques sur les différents points de la surface du corps, où elles suivent la marche habituelle. Dans quelquescas, rares il est vrai, cette éruption secondaire peut manquer, et la première ou locale suffit néanmoins pour pré-— server dela variole spontanée. Dans d’autres cas, on à vu l’inoculation ne produire que léruption

générale sans aucune pustule sur les points

piqués, et dans d'autres cas on a vu Péruption générale se subdiviser en plusieurs séries successives. |

b) J’arioloide. On donne le nom de varioloïde à une variété de variole qui se montre surtout sur les personnes ayant déja subi préalablement linfluence du vaccin ou de la variole, telle que nous lavons décrite. La varioloïde consiste dans une éruption pustuleuse très semblable à celle de la variole, mais qui diffère de cette dernière par l'absence de la période de suppuration et de la fièvre secondaire. On en distingue plusieurs espèces :

1) Warioloïde pustuleuse ombiliquée. — Cette variété ne diffère en rien de la variole, dans Île premier septénaire de son développement. Mais la marche ultérieure de ses pustules est plus rapide, et il n’y a nullement de fièvre secondaire. Parvenue au huitième ou au dixième jour la maladie s’arrête, les pustules se dessèchent et les croûtes s'enlèvent vers le douzième ou quatorzième jour.

2) Varioloide pustuleuse conoide. — Les pustules ont dans cette variété une forme acuminée. Le cinquième jour, elles acquièrent le maximum de leur développement, et le sixième, elles se dessèchent déjà à leur sommet. Du huitième au neu-

vième jour les croûtes se détachent et laissent quelquefois de petites cicatrices.

3) Varioloïde pustuleuse globuleuse.—Ce sont des pustules arrondies, dont la circonférence dépasse souvent, vers le sixième jour, leur base qui est enflammée. Le huitième ou le neuvième jour commence la dessiccation.

À) Varioloïde papuleuse. — Cette variété consiste dans des pustules avortées, ayant l'apparence papuleuse, se terminant par laffaissement ou par la dessiccation sans aucune formation de croûtes.

Toutes ces variétés que nous venons de décrire ne constituent que des modifications de la variole; iln’y a entre elles que la différence du degré: et si nous les avons décrites isolément, l’une après l'autre, c'est plutôt pour empêcher de les prendre pour des affections d’une autre nature, que dans l'intérêt de la pratique.

+. ec) Ecthyma. — Onnomme ainsi une éruption pustuleuse, caractérisée par l’apparition rapide d’un petit nombre de boutons rouges aux membres, à la face, au tronc, assez distants les uns desautres. Le pus contenu au sommet de chacun des boutons s'écoule assez promptement et forme des croûtes brunûâtres ou d’un vert obscur. Les croûtes, en se détachant, laissent en dessous des taches plus ou moins fon-

cées, et quelquefois même elles laissent de véritables cicatrices, si la maladie a duré long-temps.

Bateman distingue quatre variétés d’ecthyma.

1) L’ecthyma commun , qui consiste dans l’éruption de petites pustules.

2) L'ecthyma crfantile, qui survient fréquemment, chez les enfants mal nourris, sur Îles différentes parties du corps et même sur la tête. Les pustules de cette variété sont plus grandes que dans la variété précédente. |

3) L’ecthyma luridum, dans lequel les pustules sont larges et supportées par une base rougeätre et proéminente.

4) L’ecthyma cachecticum qui a une marche chronique, mais du reste se rapprochant beaucoup de la variété précédente.

d) Acné.— C'est une affection également pustuleuse, caractérisée par léruption de petites pustules plus ou moins enflammées, occupant les différentes parties du corps et spécialement la face et le tronc, n’arrivant que très lentement à la suppuration; et quelquefois même elle est si peu marquée dans cette sorte de pustules, qu’elles gardent, pendant tout leur cours, l’aspect de tubercules solides. |

On distingue quatre variétés d’acné :

1) Aché disseminata, qui consiste dans lérup-

tion de nombreuses pustules couvrant quelquefois toutesles parties du corps, et en plus grand nombre le front, les joues et les épaules ; tantôt ces boutons sont petits et se terminent par desquamation en forme de petites écailles presque furfuracées, c’est ce qu'on nomme l'acné simplex ; tantôt les boutons sont plus volumineux, durs, et ils n'offrent pas une évidente suppuration, mais laissent souvent suinter une matière sébacée, en forme d'un petit kyste, c'est l'acné indurata.

. Enfin , quelquefois la matière sébacée contenue dans le follicule enflammé forme une petite croûte noire au centre de la tumeur, ce qui constitue l’acné punctata.

Lorsque les pustules de cette dernière variété sont nombreuses, la figure ressemble complétement, comme l’a remarqué M. Alibert, à celle des individus qui présentent l'incrustation de petits grains de poudre lancés par une arme à feu. Les boutons de cette variété sont encore connus vulgairement sous le nom de fannes.

2) M. Biett rapproche de cette variété une autre affection des follicules qui ne leur donne pas l'aspect de pustules, mais qui modifie leur sécrétion de manière à leur faire sécréter un liquide épais qui se concrète sur la surface de la peau au

frontou sur le visage et forme une espèce de masque

analogue à celui que peut former la mélitagre ou limpetigo. M. Biett appelle cette variété du nom d’acné sebacca.

3) Couperose où acné rosacea. — La couperose ne se présente pas toujours sous la même forme; tantôt elle ne donne lieu qu'a une coloration rosée diffuse de la peau, accompagnée d’une légère desquamation furfuracée; tantôt elle est couverte en mêmetempsde saillies pustuleuses en plus ou moins grand nombre. Les pustules qui consistent dans l’engorgement des follicules muqueux peuvent présenter [es trois formes principales de l'acné que nous avons décrites ci-dessus : l’acné simplexæ, indurata et punctata.

La couperose peut n’occuper qu’une partie de la face ou lenvahir tout entière, se propager au front, aux oreilles, et quelquefois même, comme le remarque M. Biett (que nous ne pourrons jamais assez citer, toutes les fois qu’il s’agira des résultats d’une observation éclairée), les membranes muqueuses participent à cette irritation. ( Nouveau Dictionnaire de Médecine, première édition.)

À) Mentagre, su La mentagre est une variété d’acné, dans laquelle les pustules occupent spécialement le menton. L’inflammation peut quelquefois, d'après l'observation de M. Biett, pénétrer tout le derme, le gonfler et lui donner l'apparence de vé-

gétations humides. Quelquefois même elle se propage aux bulbes des poils, qui tombent pour ne revenir que plus tard, avec une teinte plus claire que celle des premiers. La forme indurée de laené s’observe plus souvent dans cette variété que dans la couperose.

Toutes les variétés que nous venons de décrire peuvent avoir une marche aiguë et se terminer rapidement, ou bien passer à l’état chronique. On pourrait, jusqu’à un certain point, confondre l’acné avec des éruptions syphilitiques, l’'impetigo du menton, lichen agrius et La dartre rongeante scrofuleuse de la face.

Mais, en parlant de ces affections, nous ne manquerons pas de signaler des caractères qui les feront facilement reconnaitre. L’impetigo de la face, qui se rapproche le plus de l'acné , se distingue par léruption de pustules dont la marche est très rapide, qui se couvrent promptement de croûtes jaunes {dartre crustacée flavescente), et, en outre, par le rapprochement des pustules en groupes, el par l'absence des indurations que lon observe si souvent dans l'acné.

e} Impetigo. L'impetigo constitue un genre de l'ordre des pustules. Gette affection débute d’abord par l'éruption de taches rouges, plus ou moins étendues, ordinairement d’une forme ovalaire ou

circulaire, pouvant exister sur Îes différentes par=

ties du corps, sans en excepier le euir chevelu. La surface de ces taches est rugueuse, et,en l’examinant de près, on reconnait que la rugosité est due à l'agglomération de petites pustules Jaunâtres entourées d’une rougeur plus où moins vive. La marche de ces pustules est très rapide, en très peu de temps elles acquièrent le maximum de leur volume, lequel n'excède pas ordinairement le volume d'un grain de millet, et se rompent. Le liquide qu elles contiennent se transforme alors, avec une grande rapidité, en croûtes jaunâtres ou verdâtres légèrement humides. Les croûtes, en tombant, laissent ordinairement (si elles ont persisté longtemps), une tache rouge squameuse, puis furfuracée, qui ne tarde pas à être remplacée par la coloration normale. Lorsque, au contraire, les croûtes se détachent de bonne heure, elles laissent à la place qu’elles occupaient une surface rouge, poreuse, à travers laquelle suinte une humeur ichoreuse particulière. Ce caractère est important pour le diagnostic différentiel. Dans quelques cas, en effet, on pourrait prendre les croûtes du pompholix diutinus, pour les croûtes de l'impetigo. Mais la sur« face située au-dessous des croûtes du pompholix n'offre pas les porosités dont nous venons de parler. On distingue plusieurs variétés d’impetigo.

1) {mpetigo figurata, — Celui qui se montre 0r-

dinairement sur la figure, et dont les taches et les croûtes sont peu nombreuses. |

2) Impetigo sparsa. — Consistant dans un grand nombre de croûtes irrégulièrement disséminées sur des surfaces étendues du corps, comme, par exemple, sur le tronc , les membres, le cuir chevelu, etc.

3) Impetigo erysipelatodes. — Dans cette variété, qui occupe la face, on observe un gonflement considérable de la face, absolument semblable à celui de l’érysipèle de cette partie, de sorte que la différence n’est pour ainsi dire constituée que par l’éruption suivie de croûtes.

. 4) Jmpetigo scabida. — C’est la forme qui occupe ordinairement toute la longueur d’un membre et lui donne, par son enveloppe croûteuse, l'aspect de l'écorce de certains arbres.

5) Impetigo rodens. — Forme qui occupe surtout le lobule du nez, otfrant les croûtes de l’impetigo, mais au-dessous desquelles lulcération érode profondément les parties, et donne lieu à une cicatrice tres déprimée.

Ce que Willan a appelé porrigo larvalis , et ce qu'on appelle ordinairement croûte de lait, n'est qu’une variété de l’impetigo particulière aux petits enfants, variété que lon peut appeler émpetigo larvalis. Dans cette variété les pustules se couvrent,

f 2 se ° A comme, en général, dans limpetigo, de croûtes

PAPULES. 257 qui se trouvent souvent disséminées sur différents points de la face, mais qui, dans d’autres cas, deviennent confluentes et couvrent la figure entière en forme de masque ( Larva).

Il en est de même de ce que le vulgaire connait sous le nom de galons. C’est une éruption pustuleuse, appartenant au genre impetigo; elle n’a d’autre particularité que celle tirée de son siége. Blle se présente, en effet, dans les cheveux. M. Alibert a nommé cette affection , éeigne sranulée (1). Mais cette dénomination n’indique pas la forme élémentaire de l'éruption. C’est pourquoi nous lui réservons celle d’émpetiso granulé. Cette éruption est particulière aux enfants de deux à huit ans; elle donne lieu à des croûtes brunâtres, bosselées, sèches, semées entre les cheveux, ressemblant à du plâtre des murs lavés par Phumidité, et salis

par la poussière.

$ V. Éruptions papuleuses.

a) Prurigo.— Cette affection papuleuse consiste

dans l’éruption de petites élevures aplaties, dures,

(1) Voyez la Monographie des Dermatoses, ou Précis des maladies de la peau; par M. le baron Alibert, 2e édition, 1835, 2 vol. in-8, grand papier avec figures coloriées, re-

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visibles à l’œil et sensibles au toucher, conservant la coloration du reste de la peau, ou offrant une teinte faiblement rouge, occupant les différentes régions du corps, quelquefois bornés à une seule, d’autres fois en occupant une sur une étendue considérable, quelquefois même envahissant toute la surface du corps. Les papules occupent surtout Ja face dorsale et externe des membres supérieurs, Le prurit qu’elles occasionnent force les malades à se gratter; ils les déchirent alors avec leurs ongles , et, à cette époque, les élevures de l’impetigo offrent souvent, à leur sommet, un petit caillot formé de sang qu’il faut prendre garde de confondre avec l’éruption pustuleuse, Lorsque l'affection dure Jong-temps, la peau qui en est couverte offre un épaississement considérable.

Les principales variétés de prurigo sont:

1) Prurigo mitis. — Prurigo discret, peu prononcé, accompagné d’un prurit peu marqué. Cette variété se montre surtout chez les jeunes sujets.

2) Prurigo formicans. — Attaque de préférence les adultes. Les papules sont plus larges, plus saillantes, et sont accompagnées d’un prurit intense. l

3) Prurigo senilis. — Prurigo des vieillards, souvent accompagné d’une quantité plus ou moins grande de poux.

À) Prurigo partiel, que l’on subdivise ensuite

PAPULES. 259 en prurigo podicis, pudendi, muliebris, scroti, præputii, — Le plus souvent, dans toutes ces variétés, on n’aperçoit rien, ou seulement une légère rugosité des parties. Dans le prurigo scroti, la peau du scrotum devient épaissé, rugueuse, et prend une teinte brunâtre. Le caractère commun de toutes ces variétés, caractère qui a fait placer cette affection dans le genre prurigo, estun prurit ordinairement très intense. |

En parlant de la gale, nous avons déjà donné quelques caractères distinctifs entre la gale et le prurigo. Du reste, la différence ressort très bien de la description comparée de ces deux maladies. Nous allons passer à la description du lichen, qui, dans certains cas, peut avoir également quelque ressemblance avec le prurigo.

b) Lichen.— Cette affection consiste dans l’éruption detrès petites papules, ayant quelquefois la couleur du reste de la peau, d’autres fois rouges et enflammées, se présentant ordinairement en forme de groupes plus ou moins nombreux, circonscrits ou disséminés sur les différents points du | Corps.

À l’état aigu, l’éruption envahit, en général, une grande étendue de la surface du corps; mais dans la forme chronique, elle est le plus souvent bornée à la face dorsale des mains, aux membres su-

périeurs, à la face, au cou, aux cous-de-pied, etc.

Les élevures du lichen sont solides comme toutes les papules en général, et ne contiennent aucun liquide; et si, dans quelques cas, on voit ces élevures sexcorier et sécréter un liquide visqueux qui se concrète en petites squames croûteuses très adhérentes, cela tient à l’inflammation des papules occasionnée le plus souvent par le grattement.

On distingue plusieurs variétés de lichen; la variété la plus grave est :

| 1) Le lichen agrius , dont les papules représentent de nombreux groupes enflammés, et souvent elles sont excoriées à leur sommet. Dans la forme chronique, la peau, couverte de papules, offre ordinairement une épaisseur plus ou moins prononcée. Cette variété occupe les différents points de la surface du corps, le dos des mains, la face, les poignets. C’est dans ce dernier endroit que le lichen a été pris le plus souvent pour Îa gale, et c’est à cette forme qu’on a donné le nom . de gale des épiciers.

Chez les sujets lymphatiques, le lichen agrius occupe souvent les membres inférieurs. Dans quelques cas, rares il est vrai, cette éruption est générale.

2) Le lichen simple constitue une autre variété, la plus bénigne; les papules y sont très peu ou point enflammées,.

PAPULES. 261

3) La troisième variété est constituée par Île sérophulus, dont Batteman en Angleterre, et M. Rayer en France, ont voulu faire un genre à part. Le lichen strophulus est particulier aux enfants, chez lesquels il se montre spécialement à la période de dentition. Les papules occupent le plus souvent la face où elles forment des groupes et sont plus ou moins enflammées. D'après les différentes nuances que présentent alors les papules, on a établi plusieurs espèces de strophulus.

4) Quelques médecins ont encore distingué une forme de lichen qu’ils ont appelé Zichen pilaris , lorsque par le centre des papules passe un poil. Avec de l'attention et en se rappelant toujours le caractère fondamental du lichen, il ne sera pas difficile d'éviter les erreurs du diagnostic, eton pourra dans la plupart des cas rapporter le lichen à sa véritable place.

Le prurigo , qui pourrait être plus facilement confondu avec le lichen, se distingue de ce dernier en ce que dans le prurigo, comme nous Favons dit, les papules ne sont pas groupées, mais isolées les unes des autres, plus plates et couvertes à leur sommet d’un petit caillot noir de sang qui provient des excoriations, résultat du grattement.

L’eczema pourrait être confondu avec le lichen

agrius enflammé , en donnant lieu à un suintement

Ad 262 MALADIES DE LA PEAU.

d'humeur par les sommets excoriés ; mais la peau recouverte par le lichen offrira alors un épaississement plus ou moins prononcé, tandis que celle

qui est recouverte par Peczema sera au contraire amincie.

$ VE Squames.

a) Zchthyose. — On appelle ainsi une affection dans laquelle la peau de différentes parties, et spécialement celle des membres, est couverte d’écailles épaisses, grisâtres, sèches, imbriquées les unes sur les autres en forme de squames de poissons. Cette affection est le plus souvent congéniale où héréditaire. Cependant les auteurs citent des exemples d’ichthyose accidentelle; il suffit de bien noter les caractères que nous avons assignés à cette affection pour la distinguer de toutes les autres qui s’accompagnent d’écailles.

La pellagre de Lombardie est aussi une variété d’ichthyose symptomatique d’une affection chronique des voies digestives.

b) Pityriasis. — Le pityriasis consiste en des taches de différentes couleurs, non proéminentes au-dessus de la peau, qui offrent pour tout caractère la desquamation furfuracée dans toute

leur étendue, ét qui ne sont le résultat d'aucune

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