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Â8 ANATOMIE DU COEUR

Les deux cavités de même nom ne communiquent pas entre elles des deux côtés, au moins chez l'adulte, mais les oreillettes communiquent avec les ventricules par des orifices elliptiques assez larges. Chaque ventricule offre, en outre, en haut et en dedans, tout près de la cloison interventriculaire, un orifice circulaire occupant, à peu prés, le même plan que les ouvertures précédentes, et par lequel le sang passe du ventricule dans l'aorte à gauche, et dans l’artére pulmonaire à droite.

Toutes ces ouvertures sont garnies, comme on le sait, de valvules qui s’abaissent toutes les fois que le sang doit passer par l’orifice auquel elles appartiennent, et qui se redressent, au contraire, prés de l’orifice par lequel le sang ne doit pas passer, pour empécher ce liquide de dévier de sa route normale.

Les fibres musculaires du cœur offrent des directions différentes : quelques unes forment des anneaux presque entiers, s’attachent à la base du cœur par leurs extrémités, et correspondent au sommet de cet organe par leur milieu. Certaines fibres charnues, en s’entre-croisant en différentes directions, donnent à la surface interne des ventricules l’aspect d’un réseau irrégulier. Les faisceaux charnus sont plus forts dans les ventricules que dans les oreillettes; ils sont plus forts également dans le ventricule gauche que dans le droit.

Quelques uns des piliers charnus ne tiennent aux parois que par leurs deux extrémités, et en sont détachés au milieu. Les autres n’y tiennent que par une seule extrémité, tandis que l’autre reste libre, et donne attache à un nombre plus ou moins considérable de tendons.

M. Bouillaud a, le premier, décrit, avec beaucoup d’exactitude, cette espèce de colonnes charnues qu’il considère comme de véritables muscles spéciaux, ayant pour fonction de relever les valvules, lorsqu'elles ont été abaissées pendant

M. Beau pense, d’après les faits qu’il a eru voir sur les animaux dans les vivisections, que l'oreillette doit être considérée comme l'agent central de la circulation, le cœur proprement dit; tandis que le ventricule ne serait que le commencement du tube artériel, qui, par sa force musculaire énergique, viendrait achever rapidement l'ouvrage de l'oreillette, ( Archives générales de médecine, XIe série,

‘tom. IX, an 1899.)

ANATOMIE DU COEUR. 749 Ja diastole ventriculaire, et de produire aiñsi l’occlusion des orifices. - DRE

« Deux colonnes charnues , saïllantes à l’intérieur de la cavité ventriculaire gauche, grosses quelquefois comme le petit doigt, naissent par de nombreux faisceaux de la paroi postérieure du ventricule , l’une en dehors, vers la jonction de la face antérieure de cette cavité avec sa face postérieure, pour former le bord gauche du cœur, l’autre en dedans, un peu en deçà du sinus, où la face postérieure du ventricule vient se continuer avec celle formée par la cloisoninter-ventriculaire. Aprés avoir pris, en quelque sorte, leur racine non loin de la pointe du cœur, les deux colonnes que nous décrivons se dirigent de bas en haut, et, parvenues vers la moitié de la hauteur de la cavité ventriculaire, elles se détachent complétement de la paroi, ou elles avaient pris naissance, pour se terminer par une extrémité molle, arrondie, dont aucun anatomiste n’a bien décrit la remarquable et presque constante disposition.

» Cette extrémité se partage en plusieurs fascicules, qui se réunissent ensuite de maniére à ne plus composer que deux ou trois faisceaux principaux : ceux-ci forment, en se contournant, un cercle incomplet, c’est-à-dire échancré du côté par lequel les deux colonnes se regardent réciproquement. Des deux faisceaux dont nous venons de parler, l’un est antérieur, ou supérieur, l’autre postérieur, ou inférieur; chaque faisceau postérieur est un peu plus court que le faisceau antérieur qui lui correspond, et est aussi un peu moins gros. Du faisceau antérieur de chaque colonne partent plusieurs tendons, qui vont s’insérer à la lame antérieure de la valvule bicuspide; ils s’y rendent en divergeant, et rayonnent pour ainsi dire à la maniére des plis d’un éventail. De chaque faisceau postérieur partent d’autres tendons qui vont également, en rayonnant, se fixer à la lame postérieure de la valvule bieuspide. Les angles de réunion des deux lames de cette valvule reçoivent aussi des tendons, de telle façon que tout le pourtour elliptique de la valvule indiquée est muni de filets tendineux, qui sont des subdivisions de ceux que nous avons dit naître de l'extrémité du double faisceau terminal de chaque colonne.

» À l'endroit où les deux colonnes se terminent en se parbageant en faisceaux, comme il vient d’être dit, elles laissent

entre elles, lorsque Ja cavité du ventricule est . un Aj ER

bo ANATOMIE DU COEUR.

intervalle de huit, dix ou douze lignes : d’où il suit que, dans ce point, les tendons de ces colonnes sont fort éloignés les uns des autres, tandis qu’en raison de leur convergence réciproque, vers le milieu du bord de chaque lame valvulaire, ils ne tardent pas à se rapprocher, et se touchent presque par. leurs côtés, au point de leur commune insertion. Il résulte de ce que nous venons de voir, que rien n’est plus régulier que la maniére suivant laquelle la valvule mitrale reçoit les filets tendineux dont elle est si abondamment pourvue. Constamment, en effet, les faisceaux antérieurs des deux colonnes charnues, que nous étudions, fournissent des filets tendineux | de la lame, ou valvé antérieure, tandis que ceux de la lame, ou valve postérieure, lui sont envoyés par les faisceaux des coz lonnes indiquées, et toujours aussi, chacune de ces colonnes s’insère à la moitié seulement de la double lame valvulaire qui lui correspond.

» La colonne droite, ainsi que les tendons qui en partent, | sont, en général, un peu plus volumineux que la colonne gauche et ses tendons. J’ai essayé de compter deux ou trois fois les filets tendineux dont est garnie la valvule mitrale, et j'ai trouvé que leur nombre était d'environ vingt-cinq.

» 11 naît aussi des côtés des colonnes qui nous occupent, €t de quelques autres colonnes beaucoup plus petites travetsant en sens divers la surface ventriculaire , un certain nombre de minces filets tendineux dont l'insertion a lieu, nonà | la valvule mitrale, mais aux parois ventriculaires elles-mêmes. |

» Dans l'intervalle qui sépare les deux muscles tenseurs où | releveurs de la valvule bicuspide , existent quelques faisceaux charnus dirigés transversalement de l’un à l’autre, et qui | semblent destinés à les rapprocher ou du moins à les fixer dans leur position.

» Lorsque les deux lames de la valvule bicuspide sont abaïs- | sées et écartées autant que possible l’une de l’autre, commeil | arrive quand le sang pénêtre de l'oreillette dans le ventricule , les colonnes charnues qui s’y fixent, de la manière in diquée plus haut, ont évidemment pour effet, en se contrat: | tant pendant la systole, de redresser les lames valvulaires abaissées, puisqu’eiles les tirent par tous les points, de la cirz | conférence au centre. C’est donc avec raison que j'ai Cru devoir désigner ces colonnes musculaires sous le nom de | . muscles tonsqurs, éleveurs, où adducteurs de la valvule mix |

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