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BATTEMENTS DU COEUR

du jeu des valvules, qui joue un si grand rôle dans la formation des bruits du cœur.

Physiologie du cœur.—Le jeu du cœur, comme celui de tout organe musculaire, consiste essentiellement en des mouvements. Ses mouvements, causes des bruits que nous étudierons, sont ceux d’une double pompe aspirante et foulante qui distribue dans tout le corps le fluide nourricier. 1e

Ils sont de deux sortes:

Les uns sont manifestes au toucher, à l'oreille et à l’inspection du cœur à nu. Ce sont les mouvements alternatifs de contraction et de dilatation des ventricules et des oreillettes, ou des réservoirs et des corps de la pompe.

C’est à ces mouvements qu'on a donné le nom de battements.

Beaucoup de médecins éprouvent une difficulté dans la distinction des battements du cœur des bruits de cet organe (4); et cependant les premiers sont, comme nous venons de le dire, manifestes au toucher, à l'oreille, et même à l’œil. Ils se composent de deux mouvements principaux, systole et diastole, dont le dernier est suivi d’un silence. L'intervalle qui sépare le commencement de deux battements successifs occupe un battement. Plus ces deux points sont rapprochés l’un de l’autre, plus les battements sont, dit-on, précipités.

C’est par le mot d’impulsion, auquel on ajoute l’attribut, forte ou faible, qu'on exprime généralement la force des battements du cœur.

Comme la eause principale des mouvements du cœur ne se trouve pas dans les fibres de cet organe, mais dans l’innervation, on voit trés facilement que Laënnec commettait une grande erreur lorsqu'il attribuait une impulsion grande à un cœur épais et robuste, et l'absence d'impulsion à un état contraire de cet organe. Des faits nombreux, bien observés justifient le reproche que nous faisons à ce grand observateur, reproche motivé d’abord par des idées théoriques ; car, comme le dit trés bien M. Piorry (Traité de Diagn.. p. 147), « la force d'un muscle est loin de répondre à son volume; rien n’égale l'énergie de la contraction des muscles gréles de la femme hystérique, et il en est ainsi des mouvements du cœur de beaucoup de sujets. »

(1) On peut remarquer cette faute dans de nombreuses observas tions publiées dans les différents ouvrages,

D'aprés M. Beau, l'impulsion du cœur est due à une cause -tout-à-fait différente. D'abord nous devons prévenir nos lecteurs que ce médecin dit avoir vu, à plusieurs reprises, sur des animaux de différentes espèces, 4° que le cœur ne s’ap- -prochait des parois thoraciques qu’au moment de la diastole des ventricules, et qu’il en était éloigné au moment de la systole; 2 que le gonflement des ventricules constituant leur diastole est le résultat de la contraction des oreillettes. De la il a conclu que plus la systole des oreillettes est forte, plus l’impulsion des ventricules est sensible. Il a observé dans un petit nombre de faits, ilest vrai, que dans tous les cas où l'on trouvait une impulsion forte pendant la vie, on voyait, à l’au topsie, une hypertrophie des oreillettes, et que toutes les fois que l'hypertrophie se bornait aux ventricules, l’impulsion était trés faible.

Les autres mouvementssont cachés,ils ne se passent que dans une partie des cavités du cœur, el ils ne se laissent reconnaître que par l'oreille: c’est le jeu des valvules, véritables soupapes organisées de cette belle machine vivante. Ils accompagnent les mouvements ventriculaires dont ils ne sont qu’une conséquence. M. Bouillaud les nomme mouvements valvulaires.

C’est pendant que ces divers mouvements s’exécutent, qu’on entend le double bruit du cœur, analogue au tic-tac d’une montre, ou au claquement des soupapes d’une pompe en action. Ces bruits sont appelés bruits valvulaires par le professeur déjà cité. ’

On donne le nom de systole au mouvement de contraction des ventricules et des oreillettes, et celui de diastole à leur mouvement de dilatation.

C’est par ces mouvements que les ventricules remplissent à Ja fois l'office de corps de pompe et de piston.

Les mouvements des oreillettes sont peu sensibles ,et ne se propagent pas aux autres parties du cœur, tandis que ceux des ventricules sont très énergiques et opérent une véritable locomotion de l'organe. Aussi n'est-ce qu'à ces derniers qu’on fait allusion, lorsqu'on dit que le cœur est en repos, ou en mouvement.

Mais le principal de ces mouvements est, sans contredit, la ‘systole des ventricules, et surtout du ventricule gauche. -Jl constitue l’état actif du cœur, et est accompagné d'un

phénomène que ne présentent pas les trois autres; C'esb

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