SYNCHRONISME DES MOUVEMENTS
Troisième temps, un quart de seconde. — Repos ou état de relâchement des ventricules , suivi, sur la fin, de la contraction des oreillettes. Passage du sang des oreillettes dans les ventricules; distension des ventricules ; occlusion des orifices artériels.
$ II. Auscultation du cœur à l’état normal.
Chaque battement complet du cœur présente donc à l’auscultation deux bruits successifs dont l’un correspond äâu mouvement de systole , l’autre au mouvement de diastole des ventricules.
Le terme de comparaison le plus approchant qu’on puisse donner de ces bruits, est le tic-tac d’une montre ou le double claquement d’une soupape.
Le premier bruit est ordinairement sourd, moins frappé, plus prolongé que l’autre. Il est facile de reconnaître qu'il est isochrone à l'impulsion de la pointe du cœur contre la paroï pectorale, à la pulsation artérielle, et par conséquent à la systole ventriculaire (4).
Le second bruit, plus court, plus clair que le premier, correspond à la diastole du ventricule; Laënnec l’a comparé au bruit d’un chien qui lappe et au bruit de soupape d’un soufflet. Sa ressemblance avec le claquement d’une soupape est en effet plus grande que celle du bruit précédent.
Letic-tac du cœur s'entend beaucoup mieux chez les sujets maigres et nerveux que chez les sujets gras et pléthoriques ; mais il est impossible d'indiquer toutes les nuances qu'il peut présenter selon les âges, le sexe, les individus, l’état de calme ou d'agitation des sujets; il est telles de ces nuances qui se refusent à une description précise, et que l'expérimentation peut seule apprécier. |
Lorsque le pouls est fréquent, ces deux bruits se succèdent avec tant de rapidité qu'ils semblent retentir plutôt simuitanément que successivement, néanmoins ils ne se confondent pas , et l'oreille peut toajours les distinguer tous les deux. Si le pouls est lent , elle peut même saisir un léger intervalle de silence qui les sépare. )
(x) S'il existe quelque intervalle entre le pouls des artères très éloignées du cœur et le bruit dont il s’agit, cet intervalle est à peine appréciable. Toutefois, ainsi que nous le verrons, M. Pigeaux a soutenu que le premier bruit, qu’il appelle bruit inférieur, est 150chrone à la dilatation ventriculaire.
A ce double bruit succède un silence plus long que le premier, correspondant au repos des ventricules. Comme le premier silence, celui-ei est d'autant plus long que les battements sont moins fréquents. hors
Il est rare que le retentissement des bruits du cœur soit borné à la région précordiale chez les sujets maigres, chez ceux dont la poitrine est étroite, et même chez les enfants, on entend ces bruits dans toutes les régions de la poitrine, même dans la région postérieure droite. On les entend même trés bien sur les parties latérales du cou.
Cette transmission se fait à travers les parois pectorales et les organes qu’ils contiennent; si ces différentes parties étaient douées d’une égale conductibilité chez tous les sujets, On pourrait mesurer l'intensité des bruits du cœur par l'étendue dans laquelle ils s’entendraient à la surface de la poitrine; mais il est une foule de circonstances indépendantes du cœur, telles que la maigreur, l'embonpoint, les lésions des organes, qui changent la conductibilité des parois, et empéchent de tirer parti de ce point de vue théorique.
Les bruits du cœur s'élévent quelquefois à un tel degré d'intensité dans quelques palpitations passagéres, qu'on peut les entendre à quelque distance des parois de la poitrine.
n général, les bruits des battements du cœur diminuent graduellement à mesure qu’on s'éloigne de la région précordiale. Le premier bruit a son maximum d'intensité immédiatement en dessous et un peu en dehors du sein dans le point
Correspondant aux orifices et aux valvules auriculo-ventricu-
laires ; l'autre, au contraire, s’entend mieux au-dessus et en dedans du sein dans le point correspondant aux valvules sygmoïdes.
Mais les différences de densité, d’élasticité et de compacité de la poitrine en différents points, rendant inégale la conductibilité de ses diverses parties, déplacent SOUVERL le siége qu'occupe le maximum d'intensité,
L’ébranlement que l'impulsion de la pointe du cœur imprime aux parois de la poitrine est sensible à l'oreille comme tout mouvement qui peut se percevoir au toucher.
Diverses théories ont été proposées pour l'explication des bruits normaux dont nous venors de parler; nous allons les exposer rapidement dans l’ordre de leur ancienneté.
Première théorie. — La plus ancienne , celle qui se trouve
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consacrée dans les ouvrages de Galien, de Harvey, dans Senac, Haller, Bichat, et surtout dans Corvisart, attribue les bruits ‘du cœur au raccourcissement successif de ses fibres musculaires.
Laënnec embrassa oo reçue qui lui parut sanctionnée par les expériences de Wollaston et du docteur Erman sur le bruit que rendent les fibres musculaires pendant leur contraction.
L'auteur de l’auscultation pensait que le premier bruit du cœur dépend de la contraction des fibres des ventrieules, et le deuxième bruit de la contraction des fibres des oreillettes. Plus tard, les expériences du docteur Barry , ayant démontré que les oreilletiés sont presque immobiles, et qu’elles restent dans une dilatation, ou dans une plénitude permanentes, Laënnec eut recours à la contraction des appendices des oreillettes pour rendre raison du deuxième bruit du cœur.
D'aprés Laënnec , la systole ventriculaire, cause du premier bruit, est le premier mouvement.
Le die mouvement est la diastole ventriculaire qui coïncide avec la systole de l'oreillete, cause du deuxiéme bruit.
Puis vient le repos, ou létat dinacion des ventricules,
Il serait trop long de vouloir s'attacher à faire ressortir tous les vices d’une théorie qui ne repose que sur des données purement hypothétiques.
Les inductions de l’analogie sont trop trompeuses , surtout lorsqu'elles ne se rattachent pas à d’autres preuves.
Et si ce n’est pas abuser de l’analogie que d’induire des bruits de certains muscles pendant leur contraction, aux bruits d’autres muscles qui se refusent aux expériences directes, c’est méconnaître la portée de ce genre de preuves que d’en admettre les indications sans autre contrôle.
En second lieu, les muscles qui rendent des bruits pendant leur contraction, n’ont jamais produit, de l’aveu de Laënnec , un phénoméne analogue au tic-tac du cœur; c’est un-bruit rotatoire , analogue à celui d’une voiture qui roule dans le lointain , comme on peut s’en assurer en appliquant l'oreille sur le poignet, et en serrant fortement le poing; ou un bruit de soufflet analogue à celui que présentent le cœur et les artères dans certaines affections, et qu'on peut observer en appuyant l'oreille sur un oreiller, et ex
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contractant et relâchant alternativement les muscles masséters. à
Deuxième théorie. — Plus tard, M. le docteur Pigeaux avança une autre opinion ; d’après ce médecin, les bruits du cœur dépendent du choc du sang contre les parois de cet organe et des gros vaisseaux, ef la contraction, soit des & ventricules, soit des oreillettes , n’est qu'une simple coïnci dence, et ne concourt que médiatement à la formation de ces bruits. |
Voici, d'aprés M. Pigeaux, l’ordre des mouvements du cœur. |
Le sang, arrivé dans les oreillettes , les dilate sans bruit; puis celles-ci se contractent aussi silencieusement et lancent le sang contre le fond des ventricules dilatées, dont les parois # vibrent et rendent le premier bruit, nommé par M.Pigeaux, bruit inférieur.
Au premier bruit succède un silence trés court, ayant pour mesure l'instant de contraction des ventricules. Le sang, chassé des ventricules par cette contraction subite, vient frapper la base de l'artère pulmonaire el de l’aorte, et cette percussion donne lieu au second bruit ou bruit supérieure
Au second bruit succède le repos signalé par Laënnec, suivi de la contraction aphone des oreillettes avec laquelle } recommencent les mêmes mouvements.Cet intervalle aphone | qui sépare les bruits des deux battements, a été désigné pie exactement par M. Pigeaux sous le nom de silence. |
L'auteur combat avantageusement l’opinion ancienne; | Vanalogie lui suffit pour contester la formation des bruits du cœur par la contraction de ses fibres , lorsque la contraction du musele le plus volumineux, comme le grand fessier, ne} donne jamais lieu à un son aussi élevé dans la gamme que les} bruits du centre circulatoire. |
D'un autre côté, ajoute-t-il, lorsque les ventricules sel contractent, le cœur est rempli de sang , et ce n’est pas non! plus cette réaction ou ce choc concentrique des parois dul cœur contre le liquide intérieur qui est capable de produire! un son élevé. Il appuie cette conclusion par l'expérience! suivante. Si l’on plonge la main dans un vase sonore rempli de liquides , la contraction brusque et énergique de la main] ne donne lieu à auçun bruit, tandis que le liquide que peu