THÉORIE DE M. HOPE
contenir la main, projeté par saccades contre les parois du vase, en fait sortir des sons.
C’est donc à la réaction excentrique du liquide intérieur contre les parois du cœur , qu’il faudrait attribuer le premier bruit
Pour prouver que le premier bruit se forme bien dans le fond des ventricules, et le deuxième contre les bases des gros vaisseaux, M. Pigeaux soutient que les points où les bruits du cœur offrent leur maximum d'intensité, sont : toujours à une distance de deux à trois pouces l’un de l'autre (1).
Cette circonstance est loin de se présenter constamment, comme l’a fait remarquer M. Bouillaud. On sait d’ailleurs que ces points peuvent se déplacer, s'approcher, s'éloigner, selon les accidents de conductibilité qui peuvent survenir dans les diverses parties de la poitrine.
Nous pourrions objecter à M. Pigeaux que si les bruits normaux du cœur étaient bien dus à la cause qu’il leur assigne , ils resteraient les mêmes, ou à peu de chose prés, ou ils ne disparaîtraient pas, du moins entièrement, dans les grandes lésions des vaivules.
Or il n’en est pas ainsi, dit M. Bouillaud, et tout au contraire les lésions dont il s’agit, particulièrement les indurations de diverses espéces de valvules, font cesser complétement ou presque complétement les bruits normaux du cœur, et donnent naissance à ces bruits accidentels que l’on connait sous le nom de bruit de soufflet , de râpe, de scie, de lime, etc. |
Nous ne voulons pas réfuter davantage, par des raisonnements, une théorie qui se trouve en contradiction avec des faits positifs , car il est positif et facile à vérifier que le premier bruit du cœar est isochrone à la systole ventrieulaire.
Troisième théorie. — M. Hope, médecin anglais, pour éclairer les recherches auxquelles il s’est livré sur le mécapisme des bruits du cœur , a fait plusieurs expériences sur différents animaux, et principalement sur les ânes.
I} commençait d’abord à priver ces animaux de sensibilité
(1) Voir les deux lettres de M. Pigeaux , annotées par M. Bouillaud. Journal hebdomadaire , an 1834, tom. [, n°* 10 et 17,