‹ Précis pratique et raisonné du diagnosticChapitre 177 sur 240 · AUSCULTATION DES ARTÈRES · texte numérisé non relu

AUSCULTATION DES ARTÈRES

En auscultant les artères dans l’état normal, on v’entend

d'autre bruit que celui qui provient du choc de la colonne | sanguine contre les parois des artères. Ce bruit trés sourd |

varie d'intensité selon le volume de lartére, selon la force et

la rapidité du pouls, l’âge du sujet, son sexe , sa constitution, etc.

Il ressemble assez hien, comme le dit M. Bouillaud, au son ! qu'on obtient en frottant légèrement, mais brusquement, |

deux doigts l'un contre l’autre.

C’est le seul bruit qu'on entende dans les artéres à l’état normal; il correspond à chaque systole ventriculaire, ou à chaque diastole de l'artère.

Il faut bien se garder de prendre pour normal le léger bruit de souffle qui accompagne chaque pulsation artérielle toutes les fois qu'on comprime l’artére avec le stéthoscope. Ce bruit n’est que l’exagération du bruit normal dû à l’'augmentation de frottement de la colonne sanguine contre la paroi de l’artère comprimée. Il est simple, isochrone à la systole du cœur, comme le bruit normal.

Ce bruit de soufflet intermittent peut se présenter dans |

lesnombreuses affections où une des grosses artéres setrouve

comprimée. M. Bouillaud l’a observé une fois dans la région | iliaque gauche, chez une femme qui portait une tumeur de l'ovaire gauche, laquelle pouvait exercer une compression

plus où moins considérable sur les artères iliaques,

BRUIT DE SOUFFLE INTERMITTENT “gt

“Les autres cas où le bruit de soufflet intermittent a été constaté sont :

4° La présence d’une tumeur anévrismale, la grossesse ; 2° L'existence de plaques osseuses, ou cartilagineuses avee ou sans rétrécissement des artères;

3° Le passage du sang artériel dans une veine (anévyrisme variqueux); ve

4° Une grande agitation du système artériel principalement chez les personnes maigres, anémiques et chlorotiques.

M. Ficher, médecin américain, a lu dans ces derniers temps un Mémoire à la société pour l'avancement de la médecine de Boston, dans lequel il cite plusieurs cas où il dit avoir

- observé un bruit de soufflet, en appliquant l'oreille sur la tête

d'individus atteints de l’inflammation de la membrane sé-

reuse du cerveau. ,

* Il a donné à ce phénomène le nom de bruit de soufflet en céphalique.

Nous n’avons encore pu vérifier ce fait, et c’est un motif de plus pour que nous le signalions à l'attention des observateurs.

Sa formation dépend-elle de la compression des vaisseaux par le cerveau congestionné, comme le pense M. Ficher? Nous ne croyons pas qu’on puisse lui assigner une autre cause. Ce bruit s’affaiblit beaucoup, ou même cesse complétement, lorsqu'on produit quelque obstacle à la circulation dans les carotides; nous le regarderions comme un cas de soufflet intermittent (4).

Bruit de soufflet continu, ou à double courant et bruit, ou ronflement de diable. ;

M. Bouillaud a nommé bruit de soufflet continu, un bruit qu'on entend quelquefois dans les artéres, et qui ressemble assez bien au bruit d’un soufflet de forge. Il accompagne la systole comme la diastole des artères; mais quoique continu,

iloffre des renforcements successifs qui ressemblent à des

saccades. Le renforcement de ce bruit correspond à la con-, traction ventriculaire.

Le bruit de diable, ainsi nommé à cause de sa ressem-

(1) The Medical Magazin, n° 15. — Journal hebdomadaire des Progrès des Sciences et Institutions médicales, tom. I, n° 4»

en 1834.

Page 1