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BRUIT DE DIABLE

blance avéé celui d’un jouet connu sous le nom de diable, n'est qu’une variété de bruit de souffle continu, il n’en dif. fère que par une plus grande intensité.

Quelquefois le ronflement des artéres ressemble plutôt au roucoulement d’une tourterelle, ou au sifflement de l'air | par le trou d’une serrure, qu’au bruit de soufflet à double courant. . |

Le bruit de diable se présente le plus souvent dans les artéres carotides et les sous-clavières: rarement dans les artères crurales, et jamais au même degré que dans les artéres | précédentes.

Quelquefois on l’entend des deux côtés. Dans ce cas, il est

ordinairement plus faible d’un côté que de l’autre ; mais le plus souvent on ne l'entend que d’un seul côté. * Le bruit de diable disparaît aussitôt qu’on comprime l’artère au-dessous de la partie où il s’entendait. 11 disparaît également si l’on appuie fortement le stéthoscope sur l’artére, méme sans effacer complétement son calibre,

Mals ce qu’il y a de plus remarquable, c’est que le bruit de diable disparaît et reparaît souvent d’un moment à l’autre sans qu'on puisse concevoir la cause de ces alternatives.

Quelquefois un seul changement de position du malade suffit pour le faire disparaître et revenir alternativement (4).

Sifflement modulé. ou chant des artères.— Quelquefois on entend dans les artéres un vrai chant, dont Laënnec a eu l'idée de noter les airs. Cette espèce de sifflement ressemble quelquefois au bourdonnement de certains insectes, tels que la mouche, la guimbarde, etc. Dans un cas où nous avons entendu ce bruit, on aurait dit qu’il était produit par une abeille voltigeant isolée dans un endroit silencieux.

Tous ces bruits, à l'exception du bruit de soufflet intermittent, s’observent principalement chez les personnes chlorotiques, ou anémiques.

La fréquente coïncidence de ces bruits avec la chlorose porterait à croire que leur production dépend de la mauvaise composition du sang, particulière à cette maladie. L’expé-

| ( 1) C’est à M. Bouillaud qu’appartient cette subdivision, Laënnec donnait à tous les bruits anormaux , observés dans les artères le nom générique de bruit de soufflet,

ÿ SUSCULTATION DE LA GROSSESSE. 799 | rience vient à l'appui de cette Opinior. Nous avons vu assez | souvent ce bruit être produit artificiellement, aprés des

CmISSIONS sanguines trés copieuses, et disparaître de nouveau lorsqu’après un régime tonique le sang avait repris ses qualités.

D'après les faits observés jusqu’à présent, M. Bouillaud serait porté à croire que le bruit de diable se rencontre plus Souvent chez les chlorotiques qui ont assez d’embonpoint, tandis que le chant, ou le sifflement modulé, s’observe plutôt | Chez les personnes maigres et d’un tempérament nerveux.

Quelle est la cause de tous ces bruits anormaux dont nous | venons de parler ?

L'exposition seule des cas où l’on observe le bruit de souf- flet intermittent saffit pour faire comprendre son méca-

nisme. Son élément essentiel est le frottement de même que pour les bruits de soufflet du cœur.

Il n’est pas si facile d'expliquer le mécanisme du bruit ae soufflet continu. Cependant si l’on observe bien l’état des artères sur les individus qui offrent les différentes nuances de ce bruit, il est impossible de méconnaître les modifica-

tions survenues dans la lension , le volume des artères, dans l'épaisseur de leurs parois, ainsi que dans les qualités du sang

qui parcourt leur cavité. Or, d’après les lois physiques, nous Savons bien que toutes ces modifications doivent influencer les bruits qui accompagnent le passage du sang dans les artères.

Peul-être qu'outre ces conditions générales, il en est encore d'autres particulières qui font que ces bruits s’entendent mieux dans telle artère que dans une autre. La présence

u larynx et de la trachée-artère n’entre-t-elle pas, en grande

arlie, parmi les causes qui font que le bruit de diable et ses modifications s'entendent mieux dans l’artére carotide qu’ailleurs ? On est très porté à le croire lorsqu'on réfléchit qu’on peut suspendre comme par enchantement ce phénomène en faisant faire un effort aux malades qui le présentent.

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