AUSCULTATION BE LA GROSSESSE
du fœtus. On en aura une idée assez exacte en écoutant Le tic-tac d'une montre placée sous un oreiller sur lequel on applique la tête, ou en auseultant la respiration des petits animaux. Le bruit est d'autant plus fort que la vie fœtale est plus avancée.
M. Bouillaud a observé que le nombre des battements est en raison inverse de l’âge ; il l’a vu s'élever jusqu’à 170.
M. Paul Dubois dit que le nombre des battements du fœtus tombe ordinairement entre 160 et 150, indépendamment de l’âge; mais, comme M. Dubois le déclare, il ra fait ces observations que sur des femmes enceintes de moins de six mois. Il est donc probable que la différence des époques de la grossesse où ces praticiens distingués ont observé le fœtus LA est la seule cause de leur divergence.
On peut entendre quelquefois le double bruit du fœtus sur
plusieurs points des parois abdominales; quelquefois, comme | le dit M. Paul Dubois, les pulsations du cœur, lorsqu'elles
sont bien distinctes, font entendre un bruit de souffle analogue à celui qu’on entend dans certaines affections du cœur chez les adultes. Cet illustre accoucheur prétend qu’il est dû au mélange des deux colonnes de sang de l'artére pulmo=
naire et de l'aorte. Cette explication, quoique rien moins |
qu'hypothétique, est fort ingénieuse.
D'aprés ce que nous avons dit du bruit de soufflet placen-
taire, on voit qu'on ne doit pas lui attacher une grande!
importance comme signe tokologique.
Il n'en est pas de même pour le double bruit des batte-
ments du cœur du fœtus. Toutes les fois qu'on entend ce!
bruit on peut être certain que la grossesse est réelle et que !
l'enfant est vivant, circonstance d'une haute importance !
dans la tokologie.
M. Rouillaud fut appelé auprés d'une femme parvenue à! peine au septième mois de sa grossesse, et atteinte d'une! pneumonie trés intense. Son enfant était vivant. L’auscul-! tation fit entendre les bruits du cœur du fœtus qui battait} 470 fois par minute. Mais les signes d'avortement firent! des progrés, el bientôt M. Bouillaud retira un fœtus quil ne donnait aucun signe de vie. «La malade ayant cessé,| dit ce célèbre médecin, de sentir remuer son enfant depuis! plusieurs jours, on aurait pu cro ‘qu'il était réellement mort avant sa naissance, et négliger toute espêce de movyens|