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CONFLEMENT DE LA RATE

par la percussion, saisir la sensation que doit produire feur glissement réciproque.

€. Gonflement et hypertrophie de la rate.— Le gonflement de la rate s'observe bien plus souvent que sa véritable hypertrophie : le gonfiement de la rate accompagne si souvent Îles fiévres intermittentes , que, dans ces derniers temps, on à regardé cet organe comme leur point de départ.

Nous avons déjà émis ailleurs notre opinion sur ce sujet. Ce qui est certain, c’est que le gonflement de la rate paraît et disparaît le plus souvent avec la fièvre, el que chaque fois qu'il persiste aprés la cessation des accès, on doit craindre leur retour, et continuer le traitement qui les a suspendus.

On voit par là que l'appréciation du volume de la rate est d’une assez haute importance, et c’est principalement au moyen de la percussion médiate qu'on peut le déterminer avec exactitude. :

Si le paiper peut reconnaître quelques cas d'hypertrophie où la rate déborde considérablement les fausses côtes, il ne peut plus étre appliqué aux cas d’hypertrophie, qui, sans être fréquents, ne sont pourtant pas trés rares, où la rate se prolonge en haut au lieu de s'étendre en bas.

C’est à la percussion médiate qu’il appartiendra de déterminer la nature du mal, lorsque celte lésion donne lieu à la dyspnée , et fait craindre une affection des organes respiratoires.

D. Dilatation de l’estomac.— Nous avons averti, dans la percussion du thorax, que la mobilité de l'estomac ne permei pas de lui assigner de limites précises. Cependant, avec un peu d'habitude, on ne peut pas confondre l'état ordinaire avec une distension anormale de cel organe.

Dans ce dernier cas, si l'estomac est rempli de gaz, il rendra le son tympanique dans une éténdue plus considérable qu’à l'état normal.

On a vu des cas de dilatation poussée très loin, où l'estomac descendait presque jusqu'aux régions iliaques. Dans d’autres cas de dilatation, l'estomac, au lieu de descendre, refoule le diaphragme en haut, et donne lieu à la dyspnée. Plus d'une fois la percussion a découvert cet état dans des affections qu’on présumait appartenir aux voies respiratoires.

E. Météorisme.—Il est facile de reconnaître le météorisme par la résonnance extrémement claire dans toute l'étendue

802 MÉTÉORISMR,

du véntre jointe au développement de cette partie. Le météorisme n’est pas également fréquent dans toutes les maladies où il se présente. Les fiêvres graves, et surtout l’entéro-mésentérite typhoïde, sont l'affection où il s’observe le plus souvent. Sur quarante-six malades qui sont morts de ceite affection, M. Louis a noté le météorisme trente-quatre fois, et quarante fois sur cinquante-sept qui en ont guéri: tandis que sur le nombre de quatre-vingls malades qui ont succombé à la suite des autres maladies, six seulement ont présenté à ce médecin du méléorisme, encore fut-il peu considérable. Quatre péripneumoniques, sur cinquante-six qui ont guéri, avaient un peu de méléorisme pendant trois ou quatre jours. It en fut de même chez deux des quarante-six sujets atteints de maladies éruptives.

Le siége principal du météorisme paraît être le gros intesiin. M. Louis a vu le colon distendu par les gaz vingt-deux fois sur trente-neuf malades atteints de se tvphoïde , et sur ces vingt-deux fois il y avait seize cas où le méléorisme avait été trés prononcé. L’intestin grêle n’offrait au contraire rien de remarquable dans son volume, M. Louis ne l’a trouvé un peu augmenté que sur quatorze de trente-neuf sujets, et il ne fut considérable que chez deux sujets.

On ne saurait attribuer le météorisme à une lésion appréciable de la membrane muqueuse du colon, dit M. Louis, car aucune n’est constante. Il est impossible de l’attribuer, d’après ce médecin, aux ulcérations, vu qu’elles sont très nombreuses dans l'intestin grêle où le météorisme est à peine sensible, tandis qu'il fut trés prononcé dans le gros intestin où la lésion n’est jamais aussi forte. Qn ne peut pas dire non plus quele météorisme a existé dans l'intestin gréle, seulement qu'il a disparu avant la mort, car l’autopsie en aurait au moins découvert quelques traces sous l’épaississement des parois intestinales, ce qui ne se voyant pas, nous sommes obligés de conclure : «que pendant la vie, comme aprés la mort, le siége principal, et souvent unique du météorisme, est le gros intestin. »

M, Louis ne veut pas non plus attribuer le méléorisme à une lésion du sang, celle-ci étant commune dans le cours d'un grand nombre de maladies où l’on n’observe pas de météorisme, ni même à la putridilé. Le météorisme ayant di-

cminué chez plusieurs sujets dans les derniers jours de la

CONCRÉTIONS STARCORALES. 803 vie, et les effets de la putridilé devant plutôt augmenter que diminuer dans les cas où l'affection est plus ou moins promptement funeste.

Dansla plupart des cas, excepté ceux où le météorisme tient aux différents obstacles , au cours des matiéres fécales , sa fréquence et son degré paraissent être proportionnés au mouvement fébrile: plus celui-ci est prononcé, plus le météorisme est développé.

E. Concrétions stercorales. — Les intestins donnent en général le son tympanique, mais moins clair que celui de l'estomac. Cette clarté du son est due à la présence d’une plus ou moins grande quantité de gaz. Elle disparait par l'accumulation des matières stercorales dans le gros intestin, accumulation qui donne naissance à divers troubles de l'économie.

Une fois ces matiéres ne produisent qu'ün simple engouément, qui ne peut être constaté que par la percussion médiate et principalement plessimétrique. Celle-ci trouvera le son mat dans la région qui correspond à l’accumulation des féces , et la situation fixe de cette matité fera facilement distinguer cet état d’un épanchement abdominal.

Une autre fois, l'intestin, rempli à la fois des matières liquides et gazeuses, rendra le son hydropneumatique. Mais comme le même bruit peut aussi se rencontrer, d'après M. Piorry, dans les épanchements peu considérables, compliqués de météorisme, il sera d’une grande importance de distinguer ces deux cas. On y parviendra en changeant la position du malade comme précédemment.

Les matières fécales peuvent aussi se ressembler en concrétions globuleuses, et produire des saillics au dehors. plus d’une fois ces concrétions ont été confondues avec des

tumeurs d'une nature tout-à-fait différente, soit avec des

Abcéès, dont on avait déjà décidé l'ouverture, soit avec des agglomérations d’intestins, à la suite de péritonite. Une autre fois, les matières fécales, sans faire saillie au dehors , compriment les nerfs et les vaisseaux voisins, et donnent lieu soit à la sciatique, soit à l'œdéme du membre pelvien, soit aux symptômes d’une népbrite caleuleuse par la compression de J'uretère. | Tous ces cas ont déja été observés. Nous les avons rassem-

804 CONCRETIONS STERCORALES.

blés dans un Mémoire présenté à la Facullé de médecine de Paris.

C’est principalement au moyen du plessimétre qu’on a pu reconnaître la cause unique quise cachait sous des symplômes si variés.

Lorsque les féces forment des saïilies au dehors, la percussion découvre par le son et la résistance de la tumeur , ainsi que des organes voisins, celui de ces organes qui en est le séige. Si c’est Pintestin, la nature de la tumeur se déclarera par la marche et les autres symptômes de la maladie.

Dans les cas où les matières stercorales compriment les or-, ganes voisins sans se manifester au dehors, le piessimètre, déprimant les parois abdominales, découvre la présence des féces par leur matité et leur résistance, et indique d’une maniére certaine le traitementefficace d’une maladie qui éludait depuis long-temps tous les autres remédes.

Nous avons vu, il y a deux ans, à l’hôpital de la Charité, une femme âgée de trente-huit ans, atteinte d’une péritonite causée par une concrétion stercorale. Cette malade, habituellement bien portante, présentait, à son arrivée, uneteinte ictérique trés prononcée , et se plaignait de constipation depuis plusieurs jours. Le ventre était douloureux au moindre attouchement. Ce signe, joint au vomissement, à un pouls . petit, à une figure tirée, ne laissait aucun doute sur là présence d’une péritonite. Mais quel était son point de départ? était-ce le froid auquel la malade était souvent exposée par son état de blanchisseuse? Nous étions porté à le croire, lorsque nous aperçûmes une tumeur dont la percussion nous . indiqua le siége dans le trajet du colon transverse. Cette tumeur était libre d’adhérences, dure et bosselée : la malade nous assura qu’elle s’en apercevait pour la premiére fois.

Cette circonstance, jointe au défaut de selles depuis quelques jours, nous suggéra l’idée d’une concrétion stercorale, qui, en distendant les tuniques intestinales, pouvait donner lieu à la péritonite. Mais il était urgent de diriger un traitement direct contre cette dernière affection. Dans ce but furent prescrites , à deux reprises, des émissions sanguines locales. k

La douleur disparut ainsi que les autres symptômes de la

.péritonite, mais la tumeur per sistait.

Ce résultat ne fit que confirmer nos premières présomp-

TUMEURS FORMÉES PAR LES REINS. 805 tions. Aussi, les purgatifs administrés dans le but de les vérifier, firent rendre à la malade des matiéres fécales copieuses, et disparaître la tumeur.

Cette observation nous a paru trop intéressante pour qu’elle soit perdue pour la science.

Notre excellent confrère et ami M, le docteur Bressand de Cuiseau, a publié une observation de ce genre dans le n° 66,

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