ÉLÉPHANTIASIS
sion fait encore ressortir davantage les ecchymoses de purpura.
$ XI. Kéloïde-Eléphantiasis des Arabes.
a) Eléphantiasis des Arabes, maladie de jambes des Barbades. — Cette affection’, assez commune daus les pays chauds, en Amérique et en Afrique, dans l'ile des Barbades, se rencontre quelquefois en Europe. La maladie parait com mencer par une inflammation des vaisseaux lymphatiques dont le trajet est indiqué par des stries rouges qui se dessinent sur la peau. Plus tard les ganglions lymphatiques s’engorgent, la peau s’épaissit, se durcit , l'enflure se propage de la jambe à la cuisse , et bientôt le membre entier ressemble à un tronc d'arbre ou à une jambe d’éléphant. La peau est rude; brunâtre, sillonnée plus ou moins profondément, Quelquefois même elle se couvre d’ulcérations.
D’après les caractères que nous venons de donner, il est impossible de confondre cette espèce d'éléphantiasis avec l’éléphantiasis des Grecs.
L’éléphantiasis des Arabes peut occuper d’autres parties que Îles membres inférieurs, Cependant il les affecte de préférence. Nous l'avons vu une
fois occuper la verge d’un jeune homme que nous
avons adressé , il y a deux ans, au service de M. Velpeau.
b) Xéloïde ou Chéloïde. — On appelle ainsi une tumeur formée dans lPépaisseur de la peau, d’une forme cylindracée, ovalaire ou quadrangulaire, de la couleur du reste de la peau, ou légèrement rosée, offrant des prolongements latéraux, en forme de pattes de crabes (d'où lui est venu son nom}, qui paraissent s’enfoncer profondément
daus la peau. C'est une affection très rare,
$ XII. Syphilides.,
Syphilides. — C'est le nom générique par lequel on désigne toutes les affections syphilitiques de la peau. La syphilis peut revêtir toutes les formes élémentaires dont nous avons parlé dans les huit premiers ordres. Parmi les exanthèmes il y a surtout une forme qu'aflecte spécialement la syphilis : c’est la roséole. La roséole syphilitique se présente quelquefois avec des phénomènes primitifs, tels que la blennorrhagie, plus rarement les chancres; mais elle constitue aussi quelquefois un des caractères de la syphilis constitutionnelle.
La forme vésiculaire s’observe très rarement dans les éruptions syphilitiques. Cette éruption se présente, d’après M. Gibert, sous deux aspects:
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une fois en forme de petites vésicules d’eczema, une autre fois en forme de vésieules plus grosses, ressemblant à celles de la varicelle. Les deux formes ont été observées sur diverses régions des membres ou du tronc, et nullement sur les parties génitales. Parmi les éruptions bulleuses, la forme la plus affectée par la syphilis est celle de Rupia. Elle ne survient ordinairement que dans les véroles invétérées.
La forme pustuleuse de syphilides peut présenter un double aspect; tantôt elle ressemble’ aux pustules phlyzaciées comme celles de l’ecéhyma, ou de la petite vérole; tantôt elle ressemble aux pustules psydraciées comme par exemple Pacné. Les premières se caractérisent par leur développement ordinairement plus prononcé que celui de l'ecthyma vulgaire; elles siègent au visage et au tronc, mürissent incomplétement, et se couvrent de croûtes brunâtres, épaisses, au-dessous desquelles se forment des ulcérations qui laissent après elles des cicatrices rondes , blanches et déprimées.
La deuxième variété consiste, comme nous l’avons dit, dans des pustules psydraciées qui peuvent se manifester sur tout le corps, excepté le visage et le front. Elles ne se couvrent pas de
croûtes sensibles, et elles laissent après elles des
maculations livides , et quelquefois de petites cicatrices , rondes , superficielles et blanchätres.
L'éruption papuleuse, et surtout le lichen, se présentent aussi quelquefois dans les affections syphilitiques.
Alors, outre les caractères propres aux affections syphilitiques , le lichen a cela de particulier qu'il n’est pas circonscrit comme Île lichen ordipaire, mais il est au contraire disséminé, et occupe les épaules, le dos, les membres supérieurs, ete.
Dans les points qui séparent les élevures papuleuses , il est rare de voir là couleur ordinaire de la peau; celle-ci est le plus souvent remplacée par une teinte cuivrée plus ou moins uniformément répartie.
Les squames syphilitiques ont, en général, leur teinte plus terne que les squames ordinaires, et leurs écailles n’ont pas le brillant de ces dernières.
M. Biett range encore parmi les syphilides squameuses une éruption particulière de la paume des mains, se présentant surtout sur les deux éminences latérales, et quelquefois même au centre de la paume de la main , sous la forme de saillies plus ou moins étendues dont le centre est dur et analogue aux endurcissements de l’épiderme qui s’observent dans les cors aux pieds, et surtout à
lVendurcissement de Pépiderme du talon.
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Nous avons eu l’occasion de voir une fois cette variété de syphilides chez un monsieur qui avait eu jadis des chancres qui n’avaient pas été bien guéris. La forme tuberculeuse est très souvent revêtue par Ja syphilis; mais les tubercules ne se présentent pas toujours sous le même aspect. Dans certains cas, ils sont aplatis, lenticulaires, s’ulcèrent à leur surface, et se montrent souvent comme symptôme primitif aux parties génitales et à l'anus, où on les connaît vulgairement sous le nom de pustules plates ou humides, où sous le nom de cristalline; quelquefois aussi ils constituent un des symptômes de la syphilis constitutionnelle.
D’autres tubercules sont plus volumineux, ronds, et se montrent surtout au front, au cou et au visage,
La troisième variété se présente sous l'aspect grenu et fendillé; ce sont des tubereules qui ont leur siége spécial à la commissure des lèvres, et que lon pourrait appeler zubercules granulés.
La quatrième forme est connue sous le nom de syphilide pustuleuse serpigineuse. KMe se montre de préférence sur le tronc, que ces tubercules sillonnent souvent d’ulcérations croûteuses formant des anneaux irréguliers. Dans quelques cas, on aperçoit de petits anneaux formés par de petits tubercules aplatis et rapprochés qui s'ulcèrent et se recouvrent de petites croûtes très adhérentes,
Cette forme se remarque surtout au front et au cuir chevelu, etoffre une légère analogie avec lherpès cireinnatus. |
Enfin dans certains cas, comme le dit M. G:ibert, les tubercules ont une forme irrégulière , et occupent quelquefois presque toute la surface du corps, restent à l’état d’induration, se couvrent de croûtes, ou suppurent imparfaiiement. L’affection syphilitique se présente souvent sous la forme de taches cuivrées d’une étendue plus ou moins considérable; mais on ne sait pas encore précisé ment sices taches constituent par elles-mêmes une des formes élémentaires de la syphilis, ou si elles ne sont que des débris des autres formes élémentaires dont nous venons de parler.
M. Biett embrasse cette dernière opinion.
M. Gibert dit avoir vu deux fois des taches primitives qui lui paraissaient être de nature syphilitique. Quoi qu'ilen soit, ces taches offrent ordinairement une forme arrondie; elles ne sont accompagnées d'aucun prurit et elles offrent à peine une légère desquamation. On les rencontre surtout au visage, et principalement au front et dans les sourcils.
Enfin, à toutes ces formes des affections syphilitiques de la peau il faut ajouter la forme wlcé=t
reuse qui survient dans beaucoup de cas à la suite: