PROPRIÉTÉS CHIMIQUES DU SANC
ces: «Ainsi, n'étant procuré, dit-il, du sérum d’un sang couenneux, provenant d’un homme atteint d’un rhumatisme articulaire , j'en ai pris une quantité déterminée (5 gros), je me suis procuré une même quantité de sérum d’un sang non couenneux, provenant d'une jeune fille atteinte d’une entérite typhoïde à la fin de la premiére période : ces deux portions, aprés avoir été mélangées à la même quantité d'eau | distillée , et mises dans des vases différents, ont été portées jusqu'à l’ébullition, et, dés qu’il ne s’est plus formé de flocons albumineux je les ai filtrées. L’albumine étant restée sur les filtres, ceux-ci, qui étaient parfaitement semblables, furent pesés ; celui qui contenait l’albumine provenant du sérum du sang couennneux pesa # gros 412, l’autre ne pesa que 4 gross | le poids du filtre défalqué, il resta d’une part 3 gros et 112, | de l’autre 3 gros (4). »
Ce résultat, quoiqu'il n’exprime pas tout-à-fait les proportions admises par M. Denis, s'approche au moins beaucoup de lui, tandis qu'il est très éloigné des proportions établies par M. Gendrin.
Nous pensons qu'il faut tenir compte dans ces évaluations |
de la plasticité ou de la force de la contractilité du caillot, qui, comme nous avons déjà dit ailleurs, en parlant des altérations physiques du sang, est augmentée dans le sang des inflammations. Dans les inflammations, en effet, comme dans le rhumatisme, cette propriété étant trés prononcée, les molécules s'attirent avec beaucoup de force, et expriment une plus grande quantité de sérum et d’albumine , de maniére que le sérum peut alors présenter plus d’albumine que la même quantité de ce liquide prise dans le sang d’un malade atteint de fièvre typhoïde. Il est trés probable que l'on doit attribuer à cette circonstance la petite différence par laquelle Je résultat de l'expérience de M. Robin s'éloignait de celui obtenu par les expériences de M. Denis.
C’est par là aussi qu'on peut expliquer l'augmentation de viscosité quis’observe presque toujours dans le sérum du sang tiré dans les inflammations franches.
Ce que nous avons dit de l'albumine s'applique encore à la fibrine. On croit généralement que la quantité de celle-ci est augmentée dans les inflammalions, tandis queles expériences
‘ (1) Travail cité plus haut,
PROPRIÉTÉS CHIMIQUES DU éawe; 865 fombreuses de M. Denis l'ont convaincu que sa quantité relative reste à peu prés Constamment la même. La quantité absolue la plus forte qu'il ait trouvée a été de 0,40, et la plus faible de 0,20 , la proportion moyenne 0,27.
Les mêmes recherches ont conduit M. Denis à un résultat tout-à-fait différent Par rapport à la matière Colorante.Comme eau, la matière Colorante est sujette à beaucoup de variations relatives. Ainsi, elle peut former des 6 centiémes aux 22 centièmes du sang; et l’eau, des 70 centièmes aux 86 centiémes. Plus la quantité de cette derniére est grande, moins celle de matiére colorante sera forte » CL vice versä.
Lorsque la masse du sang es{ double , la quantité de matière
Colorante devient quadruple. En outre, M. Denis a observé
qu'aux proportions de matière Colorante correspondent assez exactement les proportions d’oxide de fer, de maniére que
lorsque la matiére colorante s’accroît notablement » l'oxide de fer est à son maximum 0,20 , et lorsqu'elle diminue beau-
Coup, il est à son minimum, savoir 0,09. Plus un individu offrira une constitution forte et les caractères du tempérament sanguin, plus son Sang contiendra de matiére Colorante.
D’après ce qui précède nous Pouvons Conciure que 1 infl :m=
mation n’augmente pas la proportion de fibrine ni d’albumine dans le sang. Plus la masse du sang Sera Considérable,
plus la quantité de ces deux éléments sera prononcée *etle sang sera, comme on le dit vulgairement, plus riche, et disposera davantage aux inflammations. C’est ce qui constitue la pléthore, ou la polyhémie. L'état actuel consistant dans la prédominance du sérum constitue l’anémie.
Le sang qui contient beaucoup de matière Colorante dispose également davantage aux inflammations que celui qui en contient moins.
Si le sang offre généralement dans les inflammations un caillot plus volumineux que dans d’autres circonstances, cela ne tient pas à l'augmentation de la quantité relative de la fibrine, mais à l'augmentation de sa quantité absolue qui dispose aux inflammations.Pour que, d'aprés le volume du caillot, on puisse juger de la quantité de fibrine, il faut que le caillot soit en même temps dense, que la force contractile, ou la plasticité des molécules soient prononcées; sans ces qualités le volume du caïllot pourrait dépendre de la présence-d’une certaine somme de sérum entre les molécules de fibrine,