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NÉVRALGIES

cette derniére est continue, s’exaspére par les mouvements, ou la pression, et que le plus souvent on observe en même temps sur les nerfs les signes de l’inflammation. Dans les néyralgies, au contraire, la douleur est intermittente, mais jamais continne.

Le plus souvent les névralgies s’observent sur les cordons nerveux, et on en distingue plusieurs espèces : 40 Névralgie frontale, ou sus-orbitaire occupant toutes les ramifications du nerf orbito-frontal. Lorsqu'elle est bornée à une seule moitié du crâne , on l’appelle demi-crânie. Les mêmes symptômes sont encore connus assez généralement sous le nom de migraine. Cependant M. Piorry distingue sous ce nom une névralgie particuliére prenant son point de départ dans les filets nerveux de l'iris, et remontant plus tard aux troncs perveux du front, de la face, etc. Cette névralgie est décrite sous le nom d’iralgie ou monophthalmalgie. Elle débute ‘ordinairement par des éblouissements que suivent des douleurs de tête, souvent des vomissements ei des fourmillements dans les membres. On éprouve d’abord dans l’œil la sensation de distension, et il semble souvent qu'un nuage se manifeste au centre de chaque image. « Peu à peu le point terne qu'on observait s’étend; bientôt, et après une ou deux minutes, se dessine à l’entour de l’espace obscurci un arc de cercle lumineux, coloré chez quelques individus, mais pâle chez d’autres, disposé en zig-zag, agité par une sorte d’oscillation continuelle (4).»

D’après ce que nous venons de dire, il est facile de voir que dans ce qu’on appelle la migraine (2), le siége de l'affection n’est pas toujours primitivement le même.

2, Névralgie sous-orbitaire occupant les ramifications appartenant au nerf de ce nom.

3 Névralgie maxillaire occupant la branche maxillaire inférieure du nerftrifacial, et se propageant aux dents, el quelquefois par les anastomoses à la joue, à la langue, aux | lévres et au menton.

(1) Voyez Mémoire de M. Piorry sur la migraine. Ce mémoire se trouve placé à la fin de l'ouvrage intitulé : Du Procédé opératoire, etc.

(2) Voyez un travail remarquable excellent confrère et ami M, le docteur Jules Pelletan.

sur la migraine, de notre

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4° Névralgie de la corde du tympan.M.ïtard a décrit cette affection qui a tous les caractères des névralgies , et qui est caractérisée par une douleur suivant les divisions de la corde du tympan.

5° Névralgie cervicale. Cette névralgie est rare, Bosquillon

en a observé deux cas aprés les piqûres des branches anté-

rieures des nerfs cervicaux pendant la saignée. M. Jolly l'a observée une fois à la suite de l'application de sangsues.

6° Névralgie thoracique, ou intercostale. Cette variété décrite en premier lieu par Siébold, et ensuite par Corvisart, occupe le nerf intercostal, séparant la huitième de la neuviéme côte, depuis son origine au rachis jusqu’au sternum. Cette névralgie est plus fréquente à gauche et chez les femmes.

7° Névralgie cervico-brachiale. C’est la variété qu'a fait connaître en premier lieu le professeur Fulci (de Catane); le malade qui fut le sujet de son observation éprouvait à un pouce environ de la derniére vertébre cervicale et de la premiére dorsale la sensation d’un clou que l’on chasserait avec force le long de la veine basilique, sur toute la longueur du muscle triceps, et s'étendant même quelquefois dans toutes les divisions des nerfs brachiaux cutanés interne et externe.

8° Névralgie lombaire, décrite sous le nom de névralgie iléo-scrotale ; elle occupe ordinairement une ou plusieurs branches lombaires , et en suivant leur trajet , elle s’étend le long des flancs, de la crête de l'os des îles, du grand trochanter, ou sur l’aine, le cordon spermatique, le scrotum , etc.

9° Névralgie scapulaire, ou deltoidienne. Elle occupe le

trajet dunerf sus-scapulaire, ets’étend souvent depuis l'angle

inférieur de l’omoplate à la face postérieure de cet os, et même jusqu’au pouce et l'indicateur.

40° Névralgie cubito-digitale. Elle est une des plus fréquentes ; elle s'étend du niveau de l’olécrâne , longe le bord cubital de Pavant-bras, et le bord cubital et radial du petit doigt et cubital de l’annulaire.

% 41° Névralgie crurale antérieure, ou fémoro-prétibiale, schias antica.— Elle s’étend depuis l’arcade crurale jusqu’au genou, ou même quelquefois jusqu’à la face dorsale du pied, en suivant les divisions du nerf tibio-cutané. | r 420 Névralgie-fémoro poplitée, ou sciatique, schias pos- ‘ $ca.—Dans celle-ci la douleur part de l’échancrureischiatique,

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quelquefois de l’origine des nerfs de ce nom, et suit son trajet jusqu’au pied.

13° Névralgie plantaire. — Dans cette espèce, la douleur se borne à la portion du nerf poplité qui se distribue à la plante du pied, sous le nom de nerf plantaire.

Dans toutes ces névralgies, on observe quelques caractères communs, tels que la douleur, suivant si exactement et si exclusivement les ramifications d’un nerf, que souvent il ar rive de voir des malades décrire le trajet d’un nerf aussi bien qu’un anatomiste. En outre, toutes ces espèces reviennent par accés, plus ou moins réguliers, et ont la marche intermittente, ou rémittente; cette derniére est plus fréquente que la première dans la sciatique.

Pendant les accés, les parties affectées sont le centre de - fluxion, peuvent rougir, se tuméfier, et donner lieu à quelque sécrétion, si les parties sont convenablement disposées. C’est ainsi que dans la migraine et dans la névralgie sous-orbitaire, on voit souvent les malades verser d’abondantes larmes. Dans toutes ces espéces de névralgies, la douleur la plus forte n’excite pas ordinairement de fièvre, et lorsque cette complication s’observe quelquefois, elle disparaît aussitôt que l’accès est terminé, et fait place à la température normale. D’autres névralgies occupent les centres nerveux. Ainsi, la céphalalgie purement nerveuse et intermittente , ayant, en un mot, tous les caractères des névralgies, peut être regardée comme la cérébralgie. M. Jolly décrit sous le nom de myétalgie (4), une affection caractérisée non seulement par une douleur plus ou moins vive dans une portion plus ou moins étendue du cordon rachidien, mais s’accompagnant aussi des actes insolites de la sensibilité et de la loco- motion dans les parties qui reçoivent les nerfs de la portion affectée de la moelle.

On distingue encore des névralgies des filets nerveux, ou | des extrémités nerveuses. Elles ont été décrites par M. Jolly, M. Piorry a insisté aussi de son côté sur ce genre d’affections. Tous les filets nerveux peuvent étre affectés et présenter la douleur revenant plus ou moins périodiquement, comme dans les névralgies des troncs nerveux. On en distin- gue plusieurs espèces. Les douleurs vagues occupant les dif-

(1) Dictionnaire de médecine et de-chirurgie pratiques, tome XIT,

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