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NÉVRALGIES DES ORGANES PARENCHYMATEUX

ties en se dirigeant vers les reins avec tant de violence, que le malade se tortillait continuellement dans le lit, et ne pouvait pas même s’empécher de pousser des cris. Malgré l’absence du froid , nous avons reconnu le caractère de la maladie; nous avons diagnostiqué une fièvre intermittente compliquée de névralgie des organes génito-urinaires. Après avoir apaisé momentanément les souffrances, je prescrivis du quinquina, 8 grains en lavements à deux reprises; ni la fièvre, ni les douleurs n’ont pas reparu depuis.

C’est parmi les névralgies qu’il faut, je crois, compter le resserrement de l’œsophage qui s’observe chez les hystériques.

La peau présente aussi quelquefois la douleur sur les différents points de la circonférence, et dans une étendue plus ou moins circonscrite. Quelquefois leur cause, quoique non en rapport avec l'effet, est pourtant sensible; telle est, par exemple, l’érysipéle, le zona, l'application d’un vésicatoire, etc. Une autre fois, la douleur se déclare sans aucune cause préalable sensible.

Les organes parenchymateux qui reçoivent les nerfs de la moelle épinière sont quelquefois atteints de douleurs plus ou moins vives qu’on ne peut rapporter à d’autres causes qu'à des irritations nerveuses. C’est ainsi qu'il y a des hépatal-

ges, ou des coliques caractérisées par une douleur trés vive

dans le foie, s'accompagnant quelquefois de l’ictère sans

que l’autopsie, lorsque les malades succombent par suite

d'une autre affection survenue en même temps, ou peu de temps aprés, indique la moindre lésion organique capable

d'expliquer la coloration ictérique. (Andral). Dans ces cas, on

admet comme cause le trouble de l’innervation qui influence Je foie commeil influence les glandes lacrymales , en provoquant la sécrétion des larmes, etc.

Les coliques néphrétiques , néphralgies, sont provoquées souvent par la gravelle, mais d’autres fois elles peuvent être excitées spontanément, surtout chez les individus d’un tempérament nerveux, irascible, et portant quelque affection des voies urinaires: elles appartiennent encore à la classe des névralgies , de même que certaines douleurs de Futérus devenant périodiques , existant sans aucune lésion apparente, auxquelles on donne ie nom d’hystéralgie.

| Une autre fois les symptômes des névralgies se déclarent

898 CASTRALGIE.

dans le tube digestif, dans l'estomac et les intestins, et constituent ce qu’on appelle, dans le premier cas, la gastralgie, et dans l’autre l’entéralgie.

Gastralgie. — Cette affection, comme toutes les autres névralgies, s’observe surtout chez des personnes d'un tempérament nerveux, menant une vie sédentaire, se nourrissant d’une maniére insuffisante, faisant abus d’aliments végétaux, et surtout acides, relâchants, etc. Les hémorrhagies abondantes, les écoulements par les parties génitales provoquent aussi assez souvent la gastralgie.

Il suffirait déjà de jeter un coup d’æil sur ce tableau étiologique , pour sentir une différence entre l’affection dont nous parlons, et la gastrite qui réconraît des causes tout-à-

fait opposées; mais la comparaison des symptômes fait encore |

mieux sentir leur différence.

Dans la gastralgie la douleur est vive, aiguë, déchirante, souvent diminuant par la pression, moins vive après le repas; langue nette, large ; appétit souvent exagéré, ou dépravé; appétence d'aliments acides, épicés; des boissons alcooliques, saveur métallique, bâillements fréquents, vomisse-

ments muqueux, soif ordinaire, constipation fréquente; quel- | quefois battements exagérés à l’épigastre non isochrones à

ceux du pouls; chaleur de la peau naturelle, physionomie peualtérée, amaigrissement peu sensible, caractère irascible, craintif, etc.

Dans la gastrite, au contraire, la douleur est sourde, obtuse, continuelle, augmentant par la pression ; langue presque toujours rouge, étroite, saburrale; appétit souvent nul, jamais dépravé; aversion pour les boissons alcooliques, soif augmentée, chaleur de la peau, etc.

Nous avons dit que les douleurs sont généralement vives

dans la gastralgie ; c'est ce qui arrive le plus souvent; elles

ont des caractéres divers, et consistent dans des sensations de tiraillement, de déchirement, de torsion, de chaleur , etc.

Souvent, au lieu de diminuer, elles s’exaspérent par la pres: P!

sion. D’aprés M. Jolly, l'appareil digestif reçoit son principe d'action et de vie de plusieurs ordres de nerfs qui président aux différents actes physiologiques et pathologiques qui lui

sont propres; c’est ainsi que, outre l'influence cérébrale et | «ganglionnaire, il reçoit influence d’un ordre intermédiaire | entre ces deux, savoir ; des nerfs pneumo-gastriques et dias |

ENTÉRALCGIÉ. __ 89ÿ phragmatiques. Par cette triple combinaison d'éléments ner-. veux, on peut, d’après M. Jolly, expliquer le triple caractére que peuvent affecter les symptômes de la gastralgie : 4o avec ou sans douleur; 2 avec ou sans spasme ; 30 avec ou sans

perversion de la sensibilité, et que représentent, tantôt les douleurs vives et déchirantes de l’estomac, tantôt des crampes et des vomissements, tantôt les nombreuses anomalies de la sensibilité gastrique, désignées par les auteurs sous les noms d’anorexie, d’antipathie, de boulimie, de pica, de malacie, de pyrosis, etc. .

| Entéralgies. Tout ce que nous avons dit de la gastralgie, mise en parallèle avec la gastrite, s’applique à l’entéralgie comparée à l’entérite.

L’entéralgie offre également différentes formes; tantôt elle consiste dans l'augmentation de sensibilité, et se manifeste par les douleurs vives qui font éprouver aux malades la sensation des élancements, des tortillements, des arrachements, de brülements, etc.; tantôt elle consiste tout simplement dans l'augmentation de contractilité des intestins par suite de laquelle les ‘organes sont agités continuellement par un mouvement vermiculaire très prononcé, donnant lieu au déplacement de gaz et au bruit de grou-grou, ou aux borborygmes ; en même temps on observe le plus souvent la constipation.

| L'intensité des douleurs intestinales peut étre si forte, qu’elles deviennent quelquefois insupportables; les malades se tortillent, se couchent sur le ventre, et poussent des cris. Cette exaltation de sensibilité s’observe quelquefois dans la colique saturnine. La force des douleurs peut même provoquer les vomissements, ce qui constitue, d'aprés l'expression des anciens, Fileus. Mais il est prouvé par les nombreuses et attentives observations des modernes, qu'il est rare de voir un ileus purement nerveux; le plus souvent il y à une cause organique ou mécanique qui lui donne lieu en apportant | obstacle au cours des fêces. tte î

Au lieu d'occuper les filets gastriques de la huitiéme paire, la névralgie peut occuper ses filets pulmonaires, et donner [lieu à une constriction des bronches, et à la dyspnée ; c’est | cet état qui constitue prohablement les accés de lasthme nerveux sans aucune lésion organique du poumon, du cœur ni de gros vaisseaux.

00 CÉPHALALGIÉ:

Enfin {a douieur névralgique peut être bornée aux parties qui reçoivent les filets nerveux du nerf diaphragmatique. C’est ainsi que la névralgie diaphragmatique de M. Jolly se caractérise par des douleurs plus ou moins vives, avec constriction à lépigastre et au dos, accompagnée souvent de hoquet, | d’éructation et de vomissements. |

Au lieu d’être le résultat d’un trouble primitif et essentiel de la sensibilité, la douleur peut dépendre de l'irritation de la substance nerveuse à la suite de l'inflammation du tissu qui V'avoisine, ou dans lequel elle se répand au moyen des filets nerveux. Il est facile de voir, par ce que nous venons de dire, que l'inflammation des organes contenant des nerfs doit être accompagnée de douleurs, et qu’elle doit être insensible lorsqu'elle occupe les parties privées de nerfs,

Céphalalgie. La céphalalgie de la méningite est ordinairement très vive, parce que la substance nerveuse du cerveau en est vivement impressionnée; elle est plus vive dans l'inflammation de l’arachnoïde et de la pie-mêre que dans celle de la dure-mére, parce que les deux premiéres membranes sont dans un rapport plus immédiat avec le cerveau.

La douleur de tête qui persiste depuis vingt-quatre heures, ou quarante-huit heures, et qui est accompagnée d’un mouvement fébrile et de la constipation, doit surtout, si le malade est un enfant, faire croire à un commencement de méningite.

D'après l'intensité de la céphalalgie, on ne peut pas diagnostiquer l’inflammation des méninges; car la céphalalgie névralgique et essentiellement nerveuse, comme celle qui s'observe souvent dans la chlorose, est fréquemment plus intense que celle de la méningite. Il faut dire pourtant que, de toutes les affections aiguës, fébriles, accompagnées de céphalalgie, la méningite donne lieu à la douleur la plus insense, et que les malades portent souvent la main sur l’endroit douloureux, et jettent des cris hydrencéphaliques.

Le siége occupé par la douleur ne peut non plus rien faire présumer sur la nature de la maladie. Dans la plupart des affections, telles différentes quelles soient, la céphalalgie se présente indifféremment au front sans que le siége de l'in flammation des méninges modifie en rien cette localisation.

+ La douleur peut occuper aussi un point quelconque du rachis, et être consécutive à l’inflammation des enveloppes

RHUMATISME ET GOUTTE: GOf

de la moelle, ou de la moelle elle-même. Dans la méningite rachidienne ; elle est toujours plus forte et plus superficiell:; elle est exaspérée par la pression, souvent même il est impossible aux malades d’endurer le décubitus dorsal.

Quelquefois on a vu l'invasion des hémorrhagies de la moelle épiniére coïncider avec des douleurs plus ou moins vives.

Rhumatisme et goutte. Outre les névralgies des troncs nerveux, les membres peuvent encore être le siége de douleurs dans d’autres circonstances.C'estainsi que dansle rhumatisme articulaire aigu, la douleur est ordinairement vive et occupele plus souvent plusieurs articulations à la fois, ou elleest accompagnée de gonflement et de rougeur plus ou moins sensibles, et d’un mouvement fébrile prononcé. A l’état sub-aigu ou chroni-

que, le rhumatisme articulaire se borne presque à l’exaltation de la sensibilité. Dans la goutte, ce sont spécialement les petites articulations et surtout celle du gros orteil qui en sont atteintes et sont accompagnées également de la rougeur et du gonflement. La douleur est ici bien plus prononcée que dans le rhumatisme ; elle est plus vive : le premier paroxysme a lieu ordinairement la nuit et ne se termine que dans la journée du lendemain pour être suivi la nuit suivante, par un deuxiéme paroxysme déjà moins fort, et ainsi de suite pendant trois ou quatre jours; cet intervalle de temps composé de trois ou quatre paroxysmes est connu sous le nom d'accès. Un accés étant terminé , l’autre recommence par un paroxysme de Ja même intensité que le premier. Deux ou trois accès qui se suivent ainsi de près constituent une attaque de la goutte. Les attaques reviennent à différentes époques; une fois dans quelques années, une fois par an; plus tard si l'affection dure déjà depuis long-temps, les attaques se rapprochent, mais elles ne sont plus aussi douloureuses ; néanmoins elles condamnent les malheureuses victimes à l'impossibilité de se. servir aisément de leurs membres. Quelquefois, mais bien plus rarement, la goutte affecte primitivement les grosses articulations: quelquefois aussi elle atteint celles des bras, au lieu des articulations des membres inférieurs. Lorsque la goutte dure depuis long-temps, chaque paroxysme se termine par une exsudation d’une matiére visqueuse dans le Lissu | cellulaire sous-cutané et dans l'articulation. Celte matière

qui est composée en grande partie d’urate de chaux se trans- | 76 bé

-ÿ02 DOULEURS ARTICULAIRES HYSTÉRIQUES.

forme en concrétions tophacées qui rendent les articulations difformes , et donnent lieu quelquefois à des ulcérations consécutives. À ces caractères distinctifs de la goutte et du rhumatisme , nous pouvons ajouter pour la premiére l’hérédité, un vice interne du sang, savoir, la suranimalisation de ce liquide, sa rareté dans le jeune âge, sa fréquence plus grande chez les hommes et le peu d'influence du froid humide sur sa production. Outre le rhumatisme les membres deviennent : quelquefois douloureux, et surtout au niveau des articulations, dans les paralysies de différentes sortes, el particuliérement peut-être dans les paralysies saturnines.

Il n'est pas rare non plus de voir des douleurs purement nerveuses autour des articulations chez les femmes hystériques. Ces douleurs ont plus d'une fois imposé même à des praticiens assez habiles qui les ont prises pour celles de rhumatismes. Ces douleurs sebornent pourtantéle plus souvent à la peau et au tissu cellulaire , et ne sont pas exaspérées par la pression des extrémités articulaires.

Tous les points de la peau enflammés deviennent le siége d’une douleur plus ou moins vive, ordinairement proportionnée à l'intensité de l'inflammation. C'est ainsi que la douleur est peu marquée dans les fièvres éruptives exanthémateuses ; elle est plus vive dans la variole , etencore plus dans l'érysipèle, surtout dans l'érysipéle phlegmoneux.

La douleur est vive sur le trajet des veines, dans les cas de phlébite, et elle est alors tracée par une corde assez résistante au doigt, suivant le trajet de la veine, el accompagnée souvent de rougeur et de la tension des parties environnantes. ‘ |

Les membres sont douloureux dans l'engorgement inflammatoire connu sous le nom de paelmasia alba dolens, se distinguant par l'uniformité du gonflement, l'œdème joint à l'augmentation de chaleur et la fièvre.

Passons actuellement au tube digestif.

Les dents deviennent souvent douloureuses par suite de l'inflammation de leur membrane interne qui se développe quelquefois malgré l'intégrité des dents , el qui succède plus souvent à leur carie. Le moindre contact avec l'air ou avec un liquide froid exaspère considérablement la douleur de l'odontalgie. En percutant les dents, le choc devient le plus douloureux sur la dent malade ; il arrive cependant qu'on 5e

DOULEURS DES INTESTINS, 96% trompé par cette exploration à cause de la grande sympathie que toutes les dents ont entre elles ,et qui s'explique par de nombreusesanastomosesnerveuses.Les gencives,la langue,les joues deviennent souvent douloureuses; cela indique presqué toujours leur inflammation: la douleur est-elle âcre el S'EXAS« pére-t-elle beaucoup par de légersirritants, de l'eau-de-vie, du vinaigre, etc., elle indique presque infailliblement la présence des ulcérations. Les mêmes réflexions s'appliquent encore aux douleurs que l’on sent encore quelquefois dans V'arriére-gorge. Dans l’inflammation des amygdales, le gonflement de ces organes constituant les limites de l’isthme du gosier contribue beaucoup à rendre la déglutition pénible et d'autant plus douloureuse que le corps qui passe par le gosier est d'un plus petit volume, La douleur que l'on éprouve sur un des points intermédiaires entre la gorge et l'estomac, pendant la déglutition, appartient à l’œsophage. Est-eile fixe ; se réveille-t-elle constamment au même niveau , surtout pendant le passage des aliments, elle indique l'œsophagite. Quelquefois ces douleurs ont leur siége tout-à-fait à la partie inférieure de l'æœsophage, au cardia. Les malades les sentent toutes les fois qu’ils introduisent les aliments dans l'estomac; elles sont quelquefois accompagnées des vomissements qui suivent de prés l’ingestion des aliments : elles indiquent alors , d’après Pinel, le cancer du cardia.

. La douleur correspondant au larynx prouve dans beaucoup de cas une laryngite ; mais il est rare que la voix ne subisse en méme temps quelque modification. Souvent cette douleur pe s’éveille que pendant la déglutition, el est rapportée par es malades à la gorge: cependant la palpation du larynx fait découvrir sa source légitime.

Quant aux douleurs que la gastrite occasionne à l’épigastre, pous en avons déjà suffisamment parlé en mettant cette affeclion en paralléle avec la gastralgie. Il en est à peu près de méme des douleurs des intestins : nous aurons que quelques mots à ajouter pour ces derniéres. Les douleurs intestipales présentent des degrés différents : à un faible degré, celles précèdent ordinairement l'évacuation des matières fécales, surtout celle qui est provoquée par une légère inflammalion des intestins. On donne ordinairement à cette sensation le nom de cotiques. Souvent Îles coliques peuvent tré provoquées par l'accumulation considérable de gaz dans

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