PERTE DÉ £AÂ PAROLE
saisit les différents caractéres appartenant à lèur voit, 6ù apprend que les malades sont muets. |
La perte de la parole peut survenir à la suite des hémor: rhagies cérébrales, à la suite de ramollissement et d’autres affections du cerveau. Cette perte peut étre compléte ou incomplète. Nous avons vu une fille âgée de vingt-deux à vingtcinq ans, qui fut tout d’ün coup paralysée d'un seul côté du Corps, el en même temps elle perdit la faculté de parler; elle
ne pouvait répondre à toutes lès questions les plus variées |
qu'on lui adressait que par le mot oui; et pourtant il était
facile de voir qu’elle comprenait les questions, mais tous les efforts furent inutiles pour prononcer un autre mot. D’autres malades ne peuvent prononcer qu’un petit nombre de mots. Xl y à un an, nous avons observé dans le service toujours si intéressant de M. Bouillaud, un malade qui avait de temps en temps des accés épileptiformes, et chez qui la locomotion ni l'intelligence n’avaient été atteintes, perdre la parole dés son premier accés , et ne pouvoir prononcer que quelques mots. Lorsqu'on lui demandait la couleur d’un objet quelconque,
il la disait assez facilement, ét il ne pouvait dire lenom de :
l'objet : il le savait pourtant bien: il se grattait la tête pour se le rappeler, et il ne pouvait en venir à bout ; lorsqu'on le lui disait, il marquaïit sa satisfaction; il disait oui, et répétait ce nom.
Quant à la facilité plus grande qu'ont beaucoup de malades semblables à prononcer les adjectifs que les substantifs ,on ne peut encore savoir d'une manière positive de quoi elle dépend. Quelques uns pensent que c’est parce que la faculté des adjectifs est séparée de celle des substantifs dans le cerveau; cela ne pourrait-il pas tenir à ce que les adjectifs n’étant qu’en trés petit nombre doivent étre aussi plus faciles à retenir ? Ce qui est certain, c'est que quelquefois là perte de là parole coïncide avec la liberté des mouvements de la langue, et paraît dépendre de la lésion de la faculté qui gouverne dans le cerveau cette fonction. D’autres fois Ja perte de la parole paraît tenir uniquement à la paralysie de la langue.
Tout le monde sait que Gall a placé la faculté de la parole dans les lobes antérieurs du cerveau. M. Bouillaud, de son côté, à vu beaucoup de cas où la perte de cette faculté coïntidail avec la lésion des lobes antérieurs, Ce résultat clinique
APHONTE, | 631 éurait complétement confirmé les opinions de l'auteur de la phrénologie, si d’autres médecins n'avaient apporté des observations qui lui sont défavorables. Ainsi, M. Andral a fait le relevé de trente-sept cas relatifs à des hémorrhagies ou à d’autres lésions, dans lesquelles l’altération résidait dans un des lobulés antérieurs ou dans tous les deux ; la parole n'a été abolie, sur ce nombre, que vingt-et-une fois, et conservée seize fois. Par conséquent, nous croyons que c'est un point sür lequel l'expérience à encore à se prononcer.
Aphonie. La voix subit différentes modifications ; elle peut devenir moins claire qu'à l'état normal, et enrouée : cela s'observe dans la laryngite méme très légère. Gette affection estelle prononcée, l’enrouement devient plus considérable, au point que la voix peut s’éteindre presque complétement, et il survient alors l’aphonie : c'est ce qui s’observe dans l'æœdème de la glotte. L'’aphonie peut survenir, quoique très rarement ; tout d'un coup, à la suite des hémorrhagies cérébraies.
Quelquefois aussi on l’a vue survenir {probablement par le méme mécanisme, savoir : par la paralysie des muscles ins trinséques du larynx}, sous l'influence des émanations du plomb. (Trousseau, Tanquerel des Planches.)
Dans quelques cas l'aphonie se déclare dans le cours d'une affection aiguë ; cela ne s'observe guère que dans l'entéromésentérite typhoïde, et elle tient à l'inflammation consécu- . tive du larynx.
L'aphonie, survenant dans le cours d'une bronchite chronique, indique presque toujours la présence des tubercules dans le larynx et dans les poumons.
Enfin , l'aphonie a été observée chez les malades affectés de l’anévrisme de l'aorte, ce qui peut s'expliquer jusqu à un certain point par la compression des perfs récurrents de la huitième paire.
La voix offre encore des caractères particuliers chez les malades atteints du croup; elle n'est pas simplement enrouée , mais le malade est presque complétement aphone ; le — timbre de sa voix a quelque chose de métallique qui s’observe aussi dans la respiration : chaque mot est accompagné, comme le dit M. Guersent, d'un petit sifflement, et il semble que les malades parlent pendant l'inspiration comme les ventriloques,
Voilà quels sont les principaux symptômes que l'on saisit