‹ Précis pratique et raisonné du diagnosticChapitre 36 sur 240 · HÉMIPLÉGIE · texte numérisé non relu

HÉMIPLÉGIE

façilement les membres ; mais ler squ'on Le abanen. masse comme des 0 cer Ps inertes, Le catalepsie est la seule exception à cet égard. Dans cette affection, ioutes les parties du corps ont la faculté de garder la position qu’on leur donne, füt-elle même insupportable à l'état sain.

Au lieu d’être générale, la paralysie peut occuper la moitié du corps ou être partielle.

b) Hémiplégie. — La forme la plus fréquente de paralysie est l’hémiplégie, dans laquelle toute une moitié du corps, de la tête aux pieds, se trouve paralysée.

Cette forme peut aussi être subite ou lente dans son invasion, distinction importante dans la pratique.

1° Hémorrhagie cérébrale. — V'hémiplégie est-elle subite, elle reconnaît presque toujours pour cause une hémorrhagie avec déchirure de la suhstance cérébrale.

Dans tous les cas où l’hémiplégie est occasionnée par l’hémorrhagie cérébrale, la paralysie occupe le côté opposé à la lésion du cerveau, sans qu’on puisse se rendre exactement compte de ce phénomène, L’entrecroisement des colonnes antérieures | de la moelle ne l’explique pas, parce que les muscles de la face, tout en recevant les nerfs des

parties de la moelle qui ne se croisent pas, sont également paralysés du côté opposé à la lésion. Nous verrons la même chose dans les hémorrhagies du cervelet.

Voici quel est l’état des muscles dans l’hémiplégie subite, ou, si l’on veut, dansl’hémorrhagie moyenne d’un hémisphère du cerveau. Les muscles des membres comme les muscles de la face ne peuvent pas exécuter de mouvements volontaires du côté paralysé ; les membres soulevés tombent en masse comme des corps inertes, dès qu’on les livre à euxmêmes.

La paralysie est généralement plus complète dans les membres supérieurs que dans les inférieurs; souvent les malades peuvent encore EXÉ— | cuter quelques légers mouvements avec leurs pieds lorsque les membres supérieurs restent complétement immobiles.

Les muscles de la face étant également paralysés d’un côté, ilenrésulte une perte desymétrie entre les deux moitiés de la face. L’angle des lèvres est tiré du côté opposé à la paralysie par les muscles non paralysés; la bouche a, par conséquent, la direction plus ou moins oblique. Les contractions des muscles des lèvres, nécessaires pour l'acte de siffler , de souffler , et pour prononcer des lettres labiales

ne pourront plus être bien exécutées pendant tous

HÉMIPLÉGIE, 369 ces actes; la bouche sera entrainée du côté non paralysé, la moitié paralysée de la bouche paraitra un peu plus large, vu que les muscles s’y trouvent dans le relâchement, et la joue du même côté sera gonflée pendant chaque expiration. Les paupières ne peuvent plus, dans beaucoup de cas, fermer exactement l'œil, à cause de la paralysie des muscles orbiculaires.

La langue participe quelquefois à la paralysie, au moins dans la moitié qui correspond à l’hémiplégie. Il est impossible alors au malade d'exécuter quelques mouvements dans le sens de la paralysie; mais, chose remarquable, malgré cette impossibilité, la pointe de la langue se tourne assez souvent du côté paralysé, lorsque le malade la tire en avant, On a donné différentes explications de cette particularité ; quelques uns ont cru que cette déviation avait lieu par suite de la contraction du styloglosse du côté non paralysé, qui attire à lui la base de la langue, et qui renverse par conséquent sa pointe du côté opposé. M. Lallemand attribue à la partie postérieure des génioglosses la faculté de tirer la langue au dehors; et puisque ces muscles ont une direction oblique d’arrière en avant et de dehors en dedans, il a paru assez naturel à ce médecin ingénieux d'expliquer par ce mode de contraction la déviation de la pointe de la langue du côté paralysé,

Nous pensons qu’on peut assez bien se rendre compte de ce phénomène en lattribuant tout simplement au défaut de résistance d’un côté de la langue au moment de sa projection en avant. Il est évident que la langue doit , dans ce cas, se dévier du côté où la résistance manque, c'est-à-dire du côté paralysé. he

2° Hémorrhagie cérébelleuse. — À la vue de tous ces symptômes survenus tout d’un coup, on peut diagnostiquer l’hémorrhagie du centre cérébral. Mais peut-on préciser son siége? peuton reconnaître s’il existe dans le cerveau ou dans le cervelet? Malgré tout ce que les différents auteurs ont dit sur ce sujet nous ne pouvons donner une réponse affirmative, Les nombreux faits de ce genre qui ont été observés jusqu ici prouvent qu’ ‘il ny a de différence ni dans la forme, ni dans le siége, ni dans l'étendue de la paralysie succédant à des hémorrhagies cérébrales et à des hémorrhagies cérébelleuses. Chose remarquable, quoiqu'il n'y ait pas d’entrecroisement entre les fibres postérieures de Ja moelle dont le prolongement en haut constitue le cervelet, les hémorrhagies moyennes des hémisphères du cervelet donnent lieu également à l’hémiplégie du côté opposé à l’hémorrhagie, et les hémorrhagies étendues d’un hémisphère accasiopnent une paralysie générale

comme si elles avaient lieu dans les hémisphères du

HÉMIPLÉGIE, 37 î cerveau. ïl est également difficile de reconnaitre d’ après la forme de la paralÿsie si l'hémorrhagie a son siége dans le lobe médian du cervelet, En effet, les symptômes de cette lésion sont communs à ceux de l’hémofrhagie cérébrale, ou ils ne sont pas constants, Ainsi, sur neuf caë de cette lésion analysés par M. Añdral, dans son excellent ouvrage (Clinique nn dans un cas, il n’y avait point de paralysie ; dans un autreil y avait une hérniplégie, et dans le troisième, il y avait une paralysie géhérale. Cependant, il y a un phénomène qui arrive assez fréquemment dans ce genre d’ hémorrhagie, pour que, joint aux troubles de la locomotion, il puisse éclairer le diagnostic, j Je veux parler de l'érection du pénis chez l'homme et de la turgescence sanguine de l’utérus chez la femme. Sur les neuf cas dont nous venons de parler, on a observé ce phénomène sept fois. M. Serres l’a observé cinq fois chez l’homme et une fois chez la femme); M. Güiot l’a observé une fois chez l'homme (a

30 Hémorraghie de la protubérance cérébrale.

— Îl sera encore plus difficile de diagnostiquer pendant la vie l’hémorraghie de la protuberance cérébrale vu que les troubles de la locomotion auxquels elle donné lieu ne sont nullement con-

(1) Serres, Anatomie 4 cerveau, tom, II,

(1) Guiot, Clinique des hôpitaux, vom. I. N° 704

372 / APPAREIL MUSCULAÏRE.

stants. M. Rochoux attribue à cette lésion des convulsions tétaniques générales suivies de près de la mort. M. Ollivier croit aussi à la présence des convulsions générales alternant avec le collapsus. M. Serres attribue à l’hémorrhagie de la protubérance une paralysie générale ; M. Cruveilhier cite de son côté un cas d’hémiplégie consécutive à l'hémorrhagie bornée à une moitié seulement de la protubérance, et dans ce cas la paralysie avait lieu du côté opposé à la lésion. D'un autre côté, ce médecin cite des faits qui prouvent la possibilité de guérison de cette hémorrhagie (1).

4) Nous avons dit plus haut que l’'hémiplégie survenue subitement reconnaît presque toujours pour cause l’hémorrhagie d’un hémisphère du cerveau avec la déchirure de la substance cérébrale. Les exceptions de cette règle sont très rares; cependant, pour notre compte, nous avons vu un malade affecté d’hémiplégie succomber à la suite d'une phlébite du bras et n’offrir dans le cerveau qu’une congestion générale , un peu plus forte du côté opposé à la paralysie. :

Nous pourrions ajouter aux cas de ce genre quelques autres dans lesquels également lhémi-

plégie survenait subitement après une cause tout-

(1) Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques à tom. IT, pag. 240.

PARAPLÉGIE. 373 a-fait différente de l’hémorrhagie cérébrale. C’est ainsi qu’on a vu quelquefois se développer dans Je cerveau des tumeurs de différente nature, le cancer , les tubercules, des tumeurs osseuses, etc., sans se manifester par aucun symptôme qui püt les faire soupconner, puis tout d’un coup donner lieu à une hémiplégie; on dirait alors que le cerveau s’est habitué à la compression lente et pro gressive, et qu'il ne s’est trouvé troublé dans ses fonctions que lorsque la compression a dépassé les limites de la compressibilité. Heureusement les exemples de ce genre sont rares; le plus souvent on observe alors, outre l’hémiplégie, d’autres troubles, tels que les convulsions résultant de l’irritation cérébrale et qu’on n’observe pas dans une hémorrhagie simple.

5) Dans certains cas, l’hémiplégie survient lentement, et alors elle est le plus souvent précédée d'un ordre plus ou moins particulier de symptomes qui indiquent déjà quelque lésion du côté da cerveau. C’est ainsi que dans l’encéphalite l’hémiplésie succède ordinairement aux convulsions, et elle indique alors une destruction plus ou moins étendue de la substance cérébrale.

c) Paraplégie. — Au lieu d’être générale ou se présenter sous la forme d’hémiplégie, la paralysie peut être quelquefois partielle, n’occuper

qu'un membre de chaque côté, un seul membre,

plusieurs muscles d’un membre, un seul muscle. Üne des formes fréquentes de la paralysie par-

tielle est la paraplégie ou la paralysie des deux

membres inférieurs; elle peut survenir instanta-

nément ou ne se développer que progressivement ;

dans le premier cas, elle indique le plus souvent

une hémorrhagie de la région lombaire de la

moelle épinière. Nous ne pouvons pas dire éoujours, car ce diagnostic est entouré de beaucoup de

difficultés. Souvent, en effet, on a vu des tumeurs

de différente nature se développer graduellement

dans le canal rachidien et habituer la moelle à

une compression lente et progressive; mais une fois,

le degré de compressibilité dépassé, la paraplégie

se manifeste instantanément. D'un autre côté, la paraplégie due à l’hémorrhagie de la moelle débute souvent par une sensation de douleurs vives

dans le dos, que l'on pourrait confondre avec les

douleurs d’une méningite, et prendre la paraplégie,

pour l'effet consécutif de cette affection ; cepeus

dant les douleurs de la méningite rachidienne s’exaspèrent même au moindre contact, tandis que

celles de l’'hémorrhagie, toutes intenses qu’elles

soient, sont indépendantes du contact et ne tardent.

pas à disparaître.

Il n’est pas encore suffisamment démontré si une

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