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ÉCLAMPSIE

dinairement de cinq à dix minutes, quelquefois un peu plus ou un peu moins; mais après les convulsions vient un affaissement général ; on dirait que le système nerveux, fatigué par tant de dépenses d’innervation au moment des convulsions, ne peut plus en fournir, et qu’il a besoin de se remettre par un sommeil de quelques quarts d’heure qui suit ordinairement les convulsions de l’épilepsie.

d) Éclampsie. — On appelle ainsi une forme de convulsions qui ne diffère de l’épilepsie que par sa marche aiguë, ne consistant ordinairement que dans un seul ou dans un petit nombre d’accès.

Cette forme attaque spécialement les enfants nouveau-nés et en bas âge, et les femmes enceintes. Chez les nouveaux nés, l’éclampsiese montre ordinairement dans les quatre premiers jours après la naissance et elle est due à la compression de la tête dans le passage, à la fracture des os du crâne ; elle est alors ce qu'on nomme zdiopathique. Chez les enfants plus âgés elle est ordinairement sympathique de différentes affections ; elle coïncide assez souvent avec la présence de vers intestinaux.

Chez les femmes enceintes, l’éclampsie survient ordinairement vers le septième mois de la grossesse, rarement avant cette époque. Elle arrive encore un ou deux jours, rarement plus tard, après

l'accouchement ; l’accès étant terminé, souvent les

malades reprennent connaissance et se portent assez bien ; une autre fois, et c'est en particulier chez les nouveaux nés, les convulsions sont suivies d’un collapsus, d’un état comateux, présage d’une terminaison fatale qui le suit ordinairement de près.

e) Chorée. — La chorée est une affection ca ractérisée par les contractions involontaires des muscles de différentes parties du corps, en même temps que les facultés intellectuelles et les sensations restent intactes.

La chorée peut occuper un grand nombre de muscles, une moitié du corps, ou ‘un muscle

seulement.

Dans le premier cas, tous les muscles des mem-

bres, du tronc, comme ceux de la figure, sont,

agités successivement de contractions involontaires, d’abord peu marquées, et pouvant être attribuées à une habitude vicieuse, mais devenant ensuite de plus en plus prononcées. Souvent, à cette époque , la figure est parcourue de temps en temps par dés éclairs de convulsions; les membres exécutent des mouvements en différents sens, de sorte qu’ils contrarient les mouvements volontaires, et le bras affecté de la chorée n’atteint l’objet vers

lequel il se dirige qu'après des alternatives plus

ou moins nombreuses d'extension et de rétraction.,

L’affection occupe-t-elle en même temps les mem-

CHORÉE. | 387 bres inférieurs, ces membres se jettent à droite et à gauche pendant la marche, et rendent eelle-ci quelquefois tout-à-fait impossible.

Au lieu d’être générale, la chorée peut n’exister que sur une moilié du corps et constituer une espèce d’hémiplégie , ou affecter un petit nombre de muscles, comme ceux de la face, de la. langue, etc. Dans cette dernière circonstance, les contractions involontaires rendent souvent la parole entièrement inintelligible. Chez une jeune fille, placée il y a un an dans les salles de M. Bouillaud, nous avons vu alterner avec la chorée Vimmobilité de la langue et la perte de la parole. Chose remarquable, pendant tout le temps que les muscles des membres étaient agités de convulsions, cette malade parlait avec beaucoup de facilité; mais aussitôt après une vive impression, quelquefois même sans cause évidente, les convulsions des membres disparaissaient, tout le trouble de l’innervation semblait se porter sur la langue, qui devenait alors immobile, appliquée contre la paroi inférieure de la cavité bnceale, et restait dans cet état dix à quinze minutes.

Enfin, la chorée peut occuper les muscles internes, et entre autres ceux du larynx et le diaphragme. Lorsqu'elle occupe le diaphragme, les contractions peuvent devenir sensibles à l'œil; elles

imitent le mouvement d’une expiration rapide, et sont suivies quelquefois de cris ressemblant à Paboiement du chien. M. Blache cite deux exemples de ce genre dans le Dictionnaire de médecine en 2) volumes. Nous en avons vu un autre, ilya. quatre ans, dans le service du célèbre Dupuytren.

Les contractions musculaires de la chorée ne laissent pas entre elles des intervalles égaux. La durée de cette affection est en général assez longue. Quelquefois, lorsqu'elle persiste longtemps dans les membres, elle est suivie de leur atrophie.

f) ÆHystérie, de darépoy utérus. — Cette affection ne nous intéresse actuellement qu’autant qu’elle entraine des modifications dans les contractions musculaires. Nous devons pourtant ajouter que ces contractions, qui forment la deuxième série des phénomènes qui se présentent pendant chaque accès d’hystérie, sont précédées ordinairement par des sensations externes ou internes de différente sorte. Les malades, comme l’observe Georget, éprouvent dans les membres, une demi-heure, quelquefois une heure, un ou plusieurs jours d'avance, des frissons, des engourdissements, souvent un besoin de les exercer,

de courir, de sauter, etc. En même temps, les

malades éprouvent à l’intérieur une douleur plus

HYSTÉRIE. : 389 ou moins vive dans l’hypogastre et la sensation d’une boule qui parait partir du côté de l'utérus pour remonter vers le cou, où elle produit une sensation d’étranglement. Ce n’est ordinairement qu'après la manifestation de ces phénomènes que surviennent des désordres dans les contractions des muscles extérieurs. Les mouvements convulsifs de l'hystérie ne sont pas toujours de la même intensité et dela même nature. On peut les distinguer en deux degrés. (Fred. Dubois. )

Dans le premier degré, la douleur hypogastrique est modérée et les convulsions sont peu intenses. Elles sont commandées , comme le dit Georget, par les douleurs, et déterminées par la volonté. « Les malades, ajoute cet auteur, comparent elles-mêmes ce qui arrive dans cette circonstance à l’espèce de roidissement général que l’on oppose machinalement à toute sensation douloureuse, vive et instantanée. » Dans ces attaques, ce sont ordinairement les muscles destinés aux grands efforts, tels que les muscles des membres et du tronc, qui sont agités de convulsions , tandis que les petits muscles de la face restent ordinairement en repos.

Les convulsions consistent, dans ce degré, en grands mouvements d’extension et de flexion, qui,

gomme le dit très bien Georget, dénotent une Sur

activité musculaire plutôt qu'un état morbide véritable. La contraction musculaire acquiert une énergie souvent prodigieuse, Îl est des malades que plusieurs personnes peuvent à peine retenir. Elles se frappent la poitrine, la tête, s’arrachent les cheveux, déchirent les habits, s’accrochent aux personnes qui les entourent et les maltraitent souvent. Les muscles de la face ne participent pas ordinairement aux convulsions des membres; ils aident seulement à exprimer la souffrance; la tête est renversée en arrière; la figure est rouge, animée, plus rarement pâle; les yeux, le plus souvent, sont fermés; les paupières agitées d’un frémissement continu. Les malades portent ordinairement | la main sur la région antérieure du cou, comme pour écarter un obstacle. |

Le deuxième degré d’hystérie est caractérisé par des douleurs très intenses dans la région hypogastrique, par une perte complète de connaissance et des mouvements convulsifs plus prononcés, se rapprochant des convulsions de l’épilepsie. Cependant, avec un peu d'attention, il ne sera pas encore impossible de distinguer ces deux affections, car, dans l'épilepsie, comme nous avons dit plus baut, on observe presque constamment de l’écume à la bouche; la figure est livide, la mâchoireinférieure rapprochée convulsivement de la supérieure; les

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