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NATURE DES FIÉVRES INTERMITTENTES. AIT

pendant ce n’est pas procéder logiquement que d'établir la nature et le siége de Paffection d’après un seul incident de la maladie. D’abord, qui dit à l’auteur de cette opinionque le gonflement de Ja rate n’est pas consécutif aux courants nerveux qui ont lieu vers le ganglion semi-lunaire, placé derrière l'organe où il a voulu localiser la fièvre ? Cétte opinion a cependant pour elle au moins un grand degré de probabilité, vu que dans les névralgies externes on voit également les organes affectés être le siége de la fluxion. Qui dit à M. Piorry que les coups portés sur la région de la rate n’ont pas agi en même temps sur le ganglion nerveux situé derrière elle? D’un autre côté, ne voyons-nous pas de gonflement de la rate dans des affections qui diffèrent de la fièvre intermittente ? Nele voyons-nous pas pour ainsi dire constamment dans une mäladie qui constitue le modèle des fièvres continues (fièvre typhoïde), et qui ainsi | présente un opposé des fievres intermittentes.

En dernier résumé , nous regardons la fièvre intermittente comme le résultat d’un trouble nerveux

qui est, comme dans l'hystérie, d’abord borné au

système ganglionnaire, et ne se complique que consécutivement des désordres de la locomotion. Ce

trouble, comme célui qui constitue toutes les autres

névroses, peut être excité, soit par l’action directe des miasmes sur le système nerveux, soit par les différentes lésions des organes qui sont en rapport avec ce système, C’est ainsi qu'il y a des fièvres intermittentes, comme des épilepsies, des chorées, des hystéries essentielles, sans aucune lésion appréciable, et il en est aussi dans lesquelles le trouble nerveux est excité par une lésion du tube digestif, du foie, de la rate, de la vessie, de même que nous avons vu l'épilepsie ou la chorée être excitées quelquefois par les tubereules, les cancers, les hydatides du cerveau, et les accès d’hystérie par des lésions de l’utérus.

On a appelé fièvres pernicieuses Îles fièvres intermittentes accompagnées de symptômes graves, capables de compromettre quelquefois soudainement l'existence des malades, et on leur à donné des noms différents selon l'espèce de symptôme dominant ; c’est ainsi que l'on distingue les fièvres pernicieuses cardialgique , pleuréuique , céphalalgique, etc., dans lesquelles les accès sont accompa” gnés d’une vive douleur de l'estomac, de la tête ou de côté ; 2° les fièvres pernicieuses dysentérique où cholérique dans lesquelles ils sont accompagnés de douleurs vives et d’évacuations très abondantes; 30 Les fièvres pernicieuses hépatique, atrabilaire,

diaphorétique, dans lesquelles il y a une abondante

NATURE DES FIÈVRES INTERMITTENTES. 13 évacuation de bile ou une transpiration copieuse sans douleur, etc. ; 4° les fièvres pernicieuses s0poreuses avec Coma épileptique, cataleptique, tétanique, convulsif, paralytique, hydrophobique, etc., accompagnées de convulsions dont l'espèce donne le nom à chaque fièvre.

Toutes ces variétés se développent sous l’influence des mêmes causes que celles des fièvres intermittentes ordinaires ; elles cèdent également au même traitement que ces dernières, et les préparations du quinquina sont le spécifique de toutes les deux. Quelle est maintenant la nature et le siége des fièvres pernicieuses ? Beaucoup de médecins regardent leurs symptômes graves comme de véritables complications qui se sur ajoutent aux symptômes de la fièvre intermittente simple.

Cependant il faut, avant tout, S ‘entendre sur la valeur de ces complications. Si, dans une fièvre pernicieuse dysentérique ; on voyait une complication de la fièvre intermittente simple avec la dysenterie, on aurait tort; et la preuve, € "est qu ‘aussitôt que Ja fièvre est guérie, la dysenterie l'est aussi; tandis qu'on aurait beau employer les antiphlogistiques contre la dysenterie, onn ’empêcherait pas la réapparition des accès de fièvre pernicieuse de la même nature.

Nous pensons que la nature des fièvres perni- : 52.

cieuses est au fond la même oue celle des fièvres intermittentes simples; que la même atteinte de l’innervation qui donne lieu à celles-ci, peut donner lieu à celles-là , si elle est plus étendue et plus pro-= fonde. Alors le trouble nerveux ne se borne pas seulement aux ramifications nerveuses qui entourent l'arbre circulatoire, comme cela nous parait avoir lieu dans la fièvre intermittente simple, mais il irradie sur les ramifications nerveuses des viscères, et même sur le centre cérébro-spinal, et y provoque des congestions dont la violence touche presque à inflammation, et quelquefois même peut les changer en une véritable phlegmasie,

On a donné le nom de fièvres larvees ou mas-

quées,aux affections caractérisées par un symptôme

plus ou moins grave, se reproduisant à des intervalles aussi déterminés que ceux de la fièvre inter-

mittente. Par conséquent, on a dit qu’une fièvre

larvée estla même chose qu’une fièvreintermittente,

si ce n’est qu’elle n’est pas accompagnée, comme celle-ci , de stades de froid , de chaleur et de sueurs. Cette idée est certes juste au fond, mais nous eroyons que l'application du mot fièvre larvée aux symptômes que l’on désigne par ce nom n’est pas convenable.

En effet, tous les phénomènes qui ont recu ce

nom , tout en portant quelquefois les caractères de

linflammation, sont périodiqnes , se déclarent souvent sous l'influence des mêmes causes que les fièvres intermittentes, et cèdent aux préparations de quinquina comme ces dernières, Tout cela prouve que le fond de cette affection doit consister dans une lésion susceptible de mobilité, et l’analogie nous fait croire que ce n’est autre chose qu’une névralgie dont les accès se répètent plus régulièrement que dans les circonstances ordinaires.

Nous voyons, d’après ce que nous venons de dire, qu’on a eu raison d’assimiler cette espèce d’affection aux fièvres intermiltentes, puisque celles-ci sont évidemment des névralgies, Néanmoins le nom de fièvres intermittentes larvées ne leur convientnullement, Si la névralgie qui constitue la fièvre intermittente est accompagnée de mouvement fébrile, de troubles dans la cireulation générale, elle doit ce caractère à la spécialité de son

| siége, car nous l’avons placé dans les ramifications

nerveuses, entourant l'arbre circulatoire, et il est

tout naturel que la névralgie, occupant un autre ordre de nerfs, ne présente pas les stades de la fièvre intermittente , à moins de complications avec elle, comme on lobserve dans les fièvres pernicieuses.

Nature des symptômes de la méningite cé-

| rébrale. — Au lieu de suivre une marche chro-

h16 APPAREIL MUSCULAIRE e

nique et le plus souvent intermittente, les convulsions peuvent avoir une marche aiguë, plus ou moins continue, se terminer au bout d’un certain nombre de jours par la paralysie des membres et ‘état comateux, ou faire place à l’état normal. Les convulsions que l’on observe dans la méningite appartiennent à cet ordre de troubles de la motilité; en étudiant attentivement toute la marche de cette maladie, nous y trouvons deux séries de symptômes qui se succèdent immédiatement. La première consiste dans des mouvements convulsifs ou des spasmes toniques, la deuxième est caractérisée par la résolution générale de tous les muscles et par la paralysie plus ou moins complète de la sensibilité et de l'intelligence.

Lorsqu'on essaie de remonter à la source de

tous ces symptômes, on ne tarde pas à s’apercevoir.

qu'ils partent tous du centre cérébral. Cette sorte de localisation nous rend en mème temps compte de la différence des symptômes des deux périodes de la méningite.

D'abord Île cerveau se trouve évidemment excité, car toutes ses fonctions offrent alors un certain degré d’exaltation. La sensibilité générale est, dans beaucoup de cas, exagérée; les malades sont agités , ils changent continuellement de place,

crient souvent au moindre attouchement, Leurs

oreilles perçoivent les plus faibles bruits et en sont incommodées ; la rétine devenue très sensible est doulourensement impressionnée par les rayons lumineux et provoque la contraction des pupilles pour diminuer le champ de la vision. La céphalalgie est forte, souvent les malades portent la main vers l'endroit douloureux et poussent des cris hydrencéphaliques. La même exaltation se remarque dans l'intelligence et dans la locomotion; c'est dans

la première période de la méningite que l'on observe

le délire, les soubresauts des tendons, les spasmes

etles convulsions. Tout, en un mot, indique dans

cette période un surcroit d'activité dans toutes les

fonctions cérébrales.

En envisageant aussi rationnellement ces symp— tômes de la méningite, il n’est pas difficile de sentir qu’ils ne peuvent être d’une longue durée; en effet, la source qui fournissait jusqu'ici linnervation aux désordres de toutes les fonctions cérébrales, n’est pas inépuisable. Le cerveau se Jasse enfin, après avoir fourni à de si grandes dépenses d’innervation, et alors arrive la deuxième période de l'affection, période d’affaissement , de résolution, ou ce qu’on appelle l’état comateux. La sensibilité devient plus ou moins obtuse; souvent, ni les pincements, ni les cris ne réveillent

les malades ; la rétine supporte impunément le con-

tact de nombreux rayons lumineux, les pupilles restent dilatées, vu que leurs muscles constric-

teurs , dont l'existence a été encore dernièrement

mise hors de doute dans le travail de M. Giraldes, |

participent à la paralysie de tous les autres muscles du corps. À la suite du délire, il survient un affaissement de l'intelligence, le coma.

Voici comment on peut faire le diagnostic des conditions physiologiques du cerveau dans les deux périodes de la méningite. Ce diagnostic nous paraît avoir d'autant plus de probabilité qu’il est

fondé sur les phénomènes de l’innervation, à l'état

sain, et qu'il trouve de l’analogie avec d’autres. états pathologiques. Partout nous voyons l’affais-!

4 S J2 f sement succéder à une dépense prolongée de l'innervation ; toutes les circonstances capables d’émousser considérablement les impressions, ou d’af-

faiblir l'énergie du centre nerveux commun,

produisent, comme le remarque Cabanis, un som meil profond plus ou moins subit. Un épileptique dont les membres ont été agités par de violentes secousses convulsives, ne reprend ses dispositions normales qu'après avoir restauré ses forces par

un sommeil plus ou moins long, Une femme hys-

(4) Études anatomiques de l’œil considéré chez l’homme et chez quelques animaux. Paris, 1837.

NATURE DES SYMPTOMES DE LA MÉNINGITE. 419 térique que plusieurs personnes avaient peine à contenir pendant les accès, tombe évanouie à la fin de ces accès et reste dans cet état pendant une ou plusieurs heures. Un voyageur s'endort profondément, fatigué d’une longue course; il est sourd aux différents bruits qui se font autour de lui!, et il est insensible aux intempéries.

Si, après avoir fait le diagnostic physiologique des troubles aigus de linnervation qui constituent l'affection nommée méningite, nous saisissons le scalpel pour découvrir ce que présentent , dans cet état, les organes, nous verrons les méninges et surtout la pie-mère et l’arachnoïde enflammées, présenter les différents caractères que l’on trouve en général dans les inflammations des tissus sérovasculaires. Quelques auteurs ont voulu assigner des lésions particulières à chacune des périodes de là méningite, et ont attribué l'état comateux à la compression du cerveau par l’épanchement. Mais Ls travaux ultérieurs et surtout les recherches de

M. Andral (1) ont prouvé le peu de solidité de

cette opinion; chez beaucoup de sujets dont la

mort avait succédé au coma, ce médecin distingué

a trouvé les mèmes lésions par lesquelles d’autres

médecins expliquent ordinairement la première pé-

(41) Clinique médicale, 5 vol.

420 APPAREIL MUSGULAIRE.

riode de la méningite. De nombreux cas rapportés par M. Piet dans sa thèse pleine d'intérêt , parlent encore en faveur de cette opinion (1).

Maintenant une grande question à examiner est de savoir si les troubles aigus de la locomotion et des autres fonctions cérébrales qui caractérisent la méningite, ne peuvent pas quelquefois exister isolément, comme nous avons vu se présenter des

troubles intermittents des mêmes fonctions.

L'expérience parait encore, dans cette cir-.

constance, donner une réponse affirmative.

Les différents désordres de la motilité que nous voyons survenir dans une méningite « peuvent éga-

» lement se manifester, dit M. Andral, dans ces

» maladies connues sous le nom de fièvres graves,

» dont, par les symptômes, on est si souvent porté » à placer le siége dans le cerveau, tandis que » l'anatomie montre ce siége ailleurs. Dans les » fièvres, comme dans la méningite aiguë, nous » avons observé des soubresauts des tendons , des » mouvements convulsifs souvent partiels, trés » rarement généraux, le trismus, des secousses » tétaniques du tronc ou des membres , la contrac-

» ture de ces mêmes membres , leur rigidité, leur

(x) Dissertation sur la méningo-céphalite, Paris, 1856, these, 0, 279

SES RS RS ET ES I eg TS PE NS Em IS TN Te POP NE re ARS PR ST A an ue

» paralysie, ainsi que celle des paupières et des » lèvres, le tremblement de certains muscles , le » grincement des dents. Mais, dans la très grande » majorité des cas, ces phénomènes sont moins » fréquents, moins intenses, moins multipliés , » moins durables. Toutefois leur existence n’en » prouve pas moins que cette modification que

LA

crée dans le cerveau l'irritation des méninges » peut aussi se produire en lui, sous l’influence » d’autres causes, et sans qu'après la mort on » trouve, ni dans sa substance, ni dans les mé- » ninges qui l’enveloppent, aucune altération

appréciable (1). »

Les fièvres graves ne sont pas les seules qui donnent lieu à un nombre plus ou moins considérable des symptômes de la méningite, En effet à il n'est pas rare de les remarquer dans le cours de la variole , et surtout pendant la fièvre de suppuration, dans le cours des pneumonies intenses, dans les phlébites, après la résorption des matières purides , sans que , dans beaucoup de ças au moins, les méninges offrent les caractères anatomiques de Pinflammation.

M. Piet cite trois exemples de ce genre; dans lun, on trouve, pour l'explication des symptômes de la méningite, une violente gastro-duodénite et

{4) Loco citato,

un gonflement marqué des follicules isolés , et des plaques de l'intestin grêle; dans l’autre, emprunté à M. Charpentier , on trouve quelques ulcères dans l'iléon, avec de larges et nombreuses plaques des follicules rouges, boursouflés, surtout vers la valvule; dans le troisième enfin, on ne trouve pour toute lésion, qu'un vaste foyer purulent, derrière là glande thyroïde, avec un décollement considérable des tissus.

Si à tous ces cas nous en ajoutons encore d’autres

dans lesquels nous voyons se développer un grand.

nombre de symptômes appartenant aux deux pé-

riodes de la méningite, sous l’influence de certains |

“oisons., des émanations de lomb, et sans que 9 P ,

l’autopsie démontre les moindres traces de l’inflam-

mation des méninges, nous serons forcés de conclure que le trouble qui constitue les désordres de la locomotion ét des autres fonctions cérébrales, dans la méningite, peut exister à lui seul, comme nous avons vu exister des troubles chroniques OCcasionnant des névroses. Cette conclusion nous conduit tout naturellement à d’autres que nous pouvons résumer par les propositions suivantes : 1° L’inflammation des méninges n’est qu'une des causes capables d’exciter le trouble aigu de l’innervation auquel on pourrait donner un nom particulier, comme on en a donné aux désordres

chroniques qui constituent l’épilepsie, la chorée, Phystérie, etc., et qui peuvent aussi être provoqués par les différentes lésions agissant plus ou moins directement sur le centre cérébro-spinal.

2° Dans tous les cas de désordres nerveux, ayant pour cause une méningite, 1l faut distinguer linflammation des méninges du désordre nerveux lui-même, En effet, ce sont deux éléments dépendant l’un de l’autre dans le cas dont il s’agit, mais ayant chacun une valeur particulière. Comme le désordre nerveux qui accompagne Ja méningite peut exister isolément, de même l’inflammation des méninges peut exister seule sans lui donner lieu. IL suffit, pour cela, que la méninge enflammée

soit éloignée de la substance cérébrale, ou que le

cerveau soit difficilement impressionnable, circonstance qui parait se rencontrer dans les cas

rapportés dans la thèse de M. Piet, empruntés

aux travaux de MM. Charpentier , Parent et Martinet (1).

: (1) ILest très facile de se convaincre que tous les symptômes de la méningite proviennent directement du trouble de linnervation cérébrale, et que l’inflammation des méninges ne joue dans ce phénomène que le rôle de provocateur. —En effet, on n'a qu’à comparer les symptômes de l’inflamma- | tion de la membrane éloignée du cerveau avec ceux de | Parachnitis ou de pütis.

| Toutesles fois que l'affection se borne à la dure-mère, il

3e Les désordres nerveux dépendant de Îa méningite ne peuvent pas avoir toujours le même aspect, vu que limpressionnabilité du cerveau à l'inflammation des méninges n’est pas la même chez tous les individus. De là vient que tantôt ces lésions ne donneront lieu à aucun trouble de la locomotion; tantôt elles produiront des convulsions cloniques,

générales ou partielles; une autre fois des spasmes

est impossible dé la diagnostiquer ; elle reste pour ainsi dire isolée du reste de l'économie, et elle ne se traduit par au-

cune douleur ni aucun autre trouble capable de nous la

faire présumer. Un homme se présente à la Charité, ilya

quatre ans ; il avait fait une chute sur l’occipital. D'abord, aucun accident ne lui survint; plus tard, il ressentit une douleur sourde, Ce ne fut que bien long-temps après qu'il fut affecté de secousses convulsives, et. dans leur intervalle, d'engourdissements du membre thoracique droit. Les

accès de convulsions se rapprochèrent de plus en plus , et

arriva la paralysie du bras, suivie bientôt de celle de la

jambe. — Enfin, le malade fut pris d’étourdissements; il

mourut en présentant tous les signes d’une fofte apoplexie.

— À la place de la partie gauche de la tente du cervelet,

existait une volumineunse tumeur de nature fibreuse, tenant

à la dure-mère, repoussant d'une part le lobe postérieur de

5 A entr, A f $ l'hémisphère cérébral de ce côté, et d'autre part pressant

sur le cervelet, — C'est le cervelet qui avait subi la plus grande altération. Tout son lobe gauche avait considérablement diminué de volume, et sa substance avait acquis

plus ou moins étendus, enfin la paralysie générale, lhémiplégie ou la paralysie d’un seul membre. (Andral. Clinique médicale, 5° vol., obs. xv.) Il arrive même, quoique rarement, que l’impressionnabilité d’un hémisphère est plus grande que celle d’un autre; et la lésion des méninges, tout en étant uniformément répandue sur les deux hémispheres

du cerveau, ne donne lieu, dans quelques circon-

une dureté insolite, (Andral, Clinique médicale, 5 vol. p. 5 et suivantes.) .

Il est presque certain que la premiere lésion qui avait donné lieu consécutivement à toutes les autres, fut, dans ce cas, l'inflammation de la dure-mère; c'est à elle que nous attribuons la formation de la tumeur. Si nous examinons maintenant quels furent les symptômes de cette inflammation, nous verrons qu'il n’y en avait presque aucun. Tout se bornait à une céphalalgie occipitale que l’on aurait pu appeler rhumatismale, — Celle-ci tenait probablement à la propagation de l'irritation aux quelques filets nerveux de l’épicränium, car sans la participation du système nerveux, il est impossible de concevoir la donleur, — Tant que la tumeur n'avait pas acquis le volume suffisant pour toucher la surface cérébrale, nous n’avons vu aucun symptôme de la méningite; mais dès que ce moment fut arrivé nous avons remarqué, d’abord des mouvements convulsifs, résultat de l'excitation du cerveau ; plustard, la compression empéchant de plus en plus la circulation nerveuse, avait donné lieu à là paralysie, Ce qui survient dans l’inflammation de la

stances , qu’à l’hémiplégie. ( Andral, loco citato, obs. XXII.)

n° Comme dans les névroses chroniques, malgré la diversité de leurs symptômes, nous avons vu chaque forme conserver ordinairement quelques caractères pathognomoniques, tenant à la différence du siége et du point de départ de l'affection; de même la méningite, malgré la diversité des troubles

auxquels elle donne souvent lieu, imprime aux

dure-mère arriverait certainement pour toutes les autres |

membranes du cerveau si elles n'étaient pas en contact avec la surface de cet organe. Par suite de cette disposition anatomique il est impossible que le cerveau reste étranger à l’état anormal de ses enveloppes ;ilen est impressionné ; de même que nous avons supposé les nerfs de l’épicränium étre irrités à la suite de linflammation de fa dure-mère , et que nous supposons l'irritation des nerfs dars chaque inflammation accompagnée de douleur. Toute la différence entre les symptômes nerveux d'une inflammation ordinaire de toutes les parties sensibles et ceux de la méningite tient à la différence des fonctions attachées aux organes consécutive: ment affectés. Dans le premier cas, nous ne vVOÿOons SuTvenir que la douleur, car les nerfs de la perception n’ont d’autres fonctions que la sensibilité; au contraire, le cerveau étant le centre de toutes les perceptions, le principal agent de tous les mouvements et l'organe spécial de l'intelligence, on comprendra facilement pourquoi il est capable d'offrir des troubles dans ces trois fonctions, chaque fois qu ‘il est

irrité par l'inflammation des méningés,

désordres nerveux un cachet particulier qui les fait distinguer de ceux analogues produits par des causes d’une autre nature, Ce cachet se reconnaît aux caractères suivants : céphalalgie, ordinairement forte au début de la maladie, arrachant souvent des cris ydrencéphaliques, accompagnée presque constamment de vomissements qui ne peuvent être expliqués par aucune lésion du tube digestif; délire se manifestant presque toujours des le début, une sorte d'ivresse avec des mots sans suite, mal articulés, entremêlés d’un marmottement sourd et de mâchonnement. Ce genre de délire est pour ainsi dire pathognomonique de la méningite; MM. Parent et Martinet, Rufz, Piet, insistent sur ce signe,\vu que dans les cas où les troubles nerveux analogues à ceux de la méningite sont le résultat sympathique des affections des

autres organes, le délire est ordinairement furieux ,

accompagné de vociférations. Enfin, le délire de la ‘méningite n’est jamais continu : il alterne, dès le

commencement, avec le coma. « On peut aisément,

» dit M. Piet, sauf les derniers jours ou les der-

» nières heures , tirer le malade de son état; Qu’on

» le questionne, il répond juste , mais d’un ton tou-

»jours bref, non trainant comme celui des ty-

» phoïdes, d’un air maussade et renfrogné, en

|» fronçant la racine du nez. »

L’'assoupissement de la méningite ressemble, d’après la comparaison d’Odier , à cette sorte d’engourdissement qu’on éprouve le matin lorsqu'on a bien dormi , qu’on voudrait dormir encore, mais qu’on en est empêché par quelque cause extérieure trop légère pour réveiller complétement , suffisante peur réveiller à demi. Les malades semblent alors rêver plutôt que délirer.

A ces caractères il faut ajouter la constipation souvent opiniâtre, des alternatives derougeur et de pâleur de la face, décubitus en supination, lenteur du pouls au début de la maladie.

Si un ensemble pareil des symptômes s’unit aux désordres de la locomotion, n'importe quelle soit alors leur forme, on peut les attribuer à une méningite.

Contracture des membres, eéclampsie, tetanos. — Ce que nous avons dit des troubles nerveux accompagnant la méningite cérébrale s’applique , en grande partie , aux troubles dont nous allons parler. D’après M. Lallemand, de Montpellier, la contracture des membres indique toujours le ramollissement de la substance cérébrale, Toutes les fois que cet état existe, les membres deviennent, selon ce professeur , le siége de contractures dans le cours de la maladie, excepté les casde ramollissement des parties blanches médianes,

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