CONTRACTURES DES MEMBRES
Cependant, tout en professant une haute estime et une considération particulière pour les opinions de ce savant, nous ne pouvons pas manquer de signaler une vive inexactitude dans celle qui se rapporte à notre sujet. Le ramollissement cérébral est sans doute la lésion anatomique qui donne lieu le plus fréquemment aux contractures, mais elle n’est pas la seule et elle n'est pas toujours capable de les produire. M. Andral cite des exemples assez nombreux de contractures sans ramollissement de la substance cérébrale, et d’un autre côté, il rapporte des cas où cette lésion n'avait été signalée par aucun symptôme pendant la vie. M. Piet rapporte plusieurs faits analogues. De tous ces exemples, nous pouvons conclure que les contractures des membres constituent une névrose , capable d’exister, dans certains cas, sans aucune lésion organique sensible, provoquée
quelquefois par la méningite, et le plus souvent
succédant au ramollissement de la substance céré-
brale. Ce dernier sera très probable lorsque les
contractures n’occupent qu'un seul côté, qui est le
plus souvent opposé a celui de la lésion du cerveau.
Les exemples exceptionnels dans lesquels on a vu les contractures du côté correspondant au ramollissement sont rares, mais ils sont incon-
testables.
430 APPARFIT MUSCULAIRE.
L'éclampsie et le tétanos viennent confirmer tout ce que nous venons de dire sur la nature des troubles nerveux aigus, par lanalogie qui doit exister entre les lois et les phénomènes du système dont nous étudions les affections.
S'il est prouvé que l’éclampsie survient très souvent chez les nouveaux-nés à la suite des lésions directes du cerveau, il est également incontestable que, souvent aussi, elle est provoquée par les irritations du tube digestif, et que quelquefois même il est impossible de l’attribuer à une autre cause qu’à une modification particulière de linnervation s’opérant surtout à l’époque de lune des
nombreuses révolutions qui signalent la période
comprise entre la naissance et la fin de l’enfance. Les convulsions tétaniques peuvent, comme nous
avons dit, survenir dans le cours de la méningite cé- …
rébrale; souvent on les a vues succéder à une méningite rachidienne. Mais trop de distance sépare encore ces faits de ceux dans lesquels les mêmes troubles surviennent instantanément au moment d’une blessure ou de la piqüre la plus légère, pour ne pas nous permettre de regarder toujours ces convulsions comme symptomatiques.
Nous terminons ici nos considérations sur le siége et la nature des troubles de la motilité. Si
nous avons donné une étendue un peu grande à