‹ Précis pratique et raisonné du diagnosticChapitre 65 sur 240 · CRACHATS STRIÉS · texte numérisé non relu

CRACHATS STRIÉS

bien plus souvent, dans de petites ramifications bionchiques, dont la sécrétion peut différer decelie qui a lieu dans les plus gros canaux. »

fl résulte de tout ce que nous avons dit qu'il est impossible de distinguer, d’après la forme seule, les crachats de tubercuies des crachats d’une simple bronchite; la même remarque s'applique encore à leur nature apparente. Ainsi, lexpectoration purulente qui paraïtrait indiquer la présence imdubitable de tubercules, peut se rencontrer, comme nous avons dit, dans d’autres circonstances; elle peut même se rencontrer quelquefois dans une bronchite simple. Une chose remarquable qui peut servir à appuyer ce que nous venons de dire, c’est que les crachats d'une bronchite accompagnant la rougeole ressemblent parfaitement aux crachats purulents de tuberculeux.

Couleur des crachats. Après tout ce que nous avons dit, nous avons à peine besoin d'ajouter quel ques mots sur la coloration des crachats. Nous les avons vus présenter différentes nuances sans que nous pussions toujours nous en rendre compte. | La plupart de ces nuances tient aux différentes | qualités que le mucus acquiert selon le degré de Pinflammation, à la différence de proportions dans lesquelles se mêlent aux mucosités, le pus, le sang, ou la matière tuberculeuse, etc,

Enfin, nous devons signaler à l'attention des médecins les crachats noirs ou foncés, qu’il nous arrive assez souvent d’expectorer, surtout le matin, lorsque nous sommes restés, la veille, exposés pendant long-temps à la fumée de lampes ou de cheminée, et que quelques personnes crachent habituellement.

Dans le premier cas, il est probable que les matières qui composent les craohats proviennent , le plus souvent, du nez; la dernière formes’observe surtout chez les personnes travaillant dans la poussière de charbon, dans la fumée de la houille, etc. , et les crachats proviennent directement du poumon. En effet , il est prouvé aujourd’hui que la matière

noire pulmonaire est souvent le résultat d’une dé-

position mécanique de poussière de charbon. Ce

© En 9 e NU V2 que Laënnec n’a fait que soupçonner à cet égard (1),

se trouve démontré depuis les travaux de Pearson,

de MM. Gregory, Christison et Graham, médecins anglais, qui ont constaté fréquemment la colora-

tion noire du poumon sur les cadavres des char-

bonniers. Depuis on a fixé, en France, l'attention.

sur ce sujet; et la quatrième édition de l’ouvrage

de Laënnec contient une observation intéressante de ce genre, communiquée par M. Behier, un de

‘ (x) Traité de l’'auscultation médiate, etc., 4° édition, t. If,

Pe 326.

CRACGHATS NOIRS, 495

nternes les plus distingués des hôpitaux , et une planche représentant une portion de poumon mélanosé par la poussière de charbon (x).

On voit par cequiprécède quetoutes les fois que les crachats offrent, pendant long-temps, une coloration noire, on peut soupçonner la présence de molécules charbonnées dans le poumon. Les crachats noirs ne doivent guère se trouver par con-, séquent que chez des personnes exposées à inspirer une quantité plus ou moins considérable de ces molécules. Il n’y a que la mélanose à qui nous puissions encore les attribuer à priort, mais le développement de cette dernière affection dans, le poumon, même à un haut degré, ne donne pas lieu à l’expectoration noire, comme le remarque Laënnec, si ce n’est au moment où la matière des mélanoses, ramollie, s’évacue dans les bronches (2). Nous pouvons ajouter que, dans cette restriction même, Laënnec se fonde uniquement sur Vopinion de Bayle, et nous dirons volontiers, avec M. Mériadec Laënnec, que lexpectoration noire , indiquée comme phénomène caractéristique

du ramollissement de mélanose du poumon et de

(1) Traité de l'auscultation médiate, etc., 4° édition, t III, p. 237.

(2) Idem, te II, Pe 565.

leur évacuation dans les bronches, n’a été vue, à - notre connaissance, par aucun observateur.

Toutefois, si les crachats noirs contenaient des : parcelles de mélanose, ce qui n’est pas rigoureuse-

ment impossible, on pourrait encore les distinguer

de ceux dont la couleur tient à la présence de.

poussière de charbon, en suivant le procédé du -docteur Christison, auquel le docteur Gregory avait fait remettre le liquide noir contenu dans les poumons des malades qui le rendaient pendant la vie avec les crachats, et l’eau dans laquelle le tissu pulmonaire avait été lavé et qui avait pris une couleur très foncée.

1° Ce fluide, traité par l’acide nitrique concentré et en ébullition, n’a éprouvé aucune alté-

ration ;

20 L’immersion dans une forte dissolution de

chlorure, n’a également produit aucun effet; 3° Une forte dissolution de potasse caustique

en a séparé un peu de matière animale, et a filtré

très lentement. La première partie qui passa était |

opaque et noire, mais le reste d’un brun jaune pâle et transparent; en sorte qu'aucune portion de la matière noire n’avait été dissoute. Cette dernière, restée sur le filtre, bien lavée et séchée, brüla

comme de la poudre de charbon, sans se bour-

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