CRACHATS FLOCONNEUX
forment une boule se vidant en masse lorsqu'on penche le crachoir. Dans un plus haut degré de viscosité, comme dans le deuxième degré de la pneumonie , ils représentent des masses séparées, s’attachant au fond du vase; et si à la viscosité s’ajoute la difficulté de l’expectoration, ils ne sont pas rejetés en abondance, mais en petite quantité, et forment des bandes adhérentes aux parois du crachoir.
Dans une bronchite sub-aiguë ou chronique, seule ou accompagnée de tubercules, ils sont formés, le plus souvent, par une certaine quantité de sérosité opaque dans laquelle nagent des flocons de mucosités verdâtres; c’est ce qu’on nomme cragchats floconneux. Une autre fois, les mucosités concrètes qui nagent au milieu de la sérosité, re-
présentent des masses épaisses , régulières, arron-
dies, ressemblant à de la monnaie. Toutes les ron-
delles ont le même diamètre, et sont disposées de manière à laisser entre elles des intervalles presque égaux; on les nomme crachats numimulaires , à cause de leur ressemblance avec une petite pièce de monnaie. Dans quelques cas où nous avons eu l’occasion d'observer cette forme des crachats, nous
leur avons trouvé une grande analogie avec l’infu-
sion non passée de camomille, versée sur un vase,
plat.En regardant de près les masses qui constituent
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cette forme de l’expectoration, on voit que chacune d'elles se compose de plusieurs points plus compacte, d’un blanc mat, réunis par un mucus tantôt grisâtre et demi-transparent, tantôt jaune ou verdâtre, et complétement opaque , de sorte que le crachat entier parait être nuancé de différentes couleurs.
Quelquefois on aperçoit, surtout au débnt des tubercules, des petits grumeaux blanchätres ou jaunâtres nager au milieu d’une certaine quantité de sérosité, c'est ce qu’on peut appeler crachats grumeleux. Ces grumeaux, que Bayle a comparés assez exactement à du riz bien cuit, ont été regardés par beaucoup de médecins, et parmi les anciens par Hippocrate et Baglivi, comme indiquant la phthisie. Cependant il serait facile deles confondre avec de petites concrétions muqueuses -provenant des follicules muqueux du larynx ou de la gorge. Quoiqu’on ait prétendu distinguer ces dernières en opposant leur viscosité et leur ténacité .à l'aspect comme caséeux des premières, il faut avouer pourtant que le mucus simple peut être quelquefois tellement altéré, qu’il ne sera pas sou- | vent possible de le distinguer des grumeaux des tu- | bercules.
| Une autre forme que prennent assez souvent les crachats, surtout au début de la phthisie, est la sui<
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vante : à la surface d'un liquide incolore, fiant , transparent ou trouble, qui forme les crachats (pituite diffluente), on voit des stries d’un blanc mat que beaucoup de médecins regardent comine des parcelles de matière tuberculeuse.
« Chez des malades qui avaient présenté une sem blableexpectoration, dit M. Andral (1), nous avons ordinairement trouvé les poumons remplis de petits tubercules, la plupart durs , et dont quelques uns commencaient déjà à se ramollir à leur centre. Quelquefois il nous a été possible, par une dissection attentive, de découvrir des tuyaux bronchiques très petits , presque capillaires , qui s'ouvraient dans la petite cavité où était contenue la matière tuberculeuse..…. Mais, de même que les grumeaux dont il a été précédemment question, les stries où filaments qui sillonnent souvent les crachats des individus réputés phthisiques, sont loin d’avoir toujours leur source dans les tubercules, nous les avons effectivement observés dans des cas où l’ouverture du cadavre nous prouva qu'aucun tubercule n’existait dans les poumons, et nous croyons que ces stries blanchäâtres , vermicelliformes , regardées par
plusieurs personnes comme un produit de tuber-
gules qui commencent à se ramollir, se forment ;
{a) Clinique médicale, 3° édition, Tome 3, p 32%